Dans une vallée alpine proche de l'Italie, un homme s'est installé dans une maison isolée. Il n'a presque aucun contact avec le voisinage; son unique compagnon est un chien. Un soir, alors qu'il rentre chez lui après être allé en ville pour son travail, il retrouve le chien égorgé, baignant dans une mare de sang. Il comprend aussitôt la signification de cet acte barbare. Il part à la recherche de Charles, le mari de Josepha, l'homme qui règne sur le village et la vallée, un homme auquel il ne fait pas bon s'opposer.
Le Vestibule des lâches raconte une tragédie en huis-clos, même si, paradoxalement, elle a pour cadre une Vallée des Alpes du Sud dont on ne connaîtra pas plus précisément le nom. Victor est récemment venu s’installer dans cette Vallée pour fuir un passé qui ressurgira progressivement au fil du roman et sa route a croisé celle de Josepha et de Charles, le chef officieux des lieux. La liaison que Victor entame avec Josepha est l’amorce de la tragédie susmentionnée : car le mari cocu a par ailleurs un passif de mari violent, qui tient Josepha sous sa coupe. Le roman débute par la découverte du chien égorgé de Victor, qui se met alors en quête de Charles, qu’il sait d’emblée être l’auteur du forfait. La narration de cette recherche, qui aboutira à la fin du roman, s’assortira de plongées dans le passé des personnages, qui réapparaîtra ainsi par bribes, et tentera de donner un sens à des existences à la dérive.
Mon avis :
Même si j’ai trouvé intéressante l’idée d’épurer l’intrigue au point de transformer les lieux et les personnages en quasi incarnation d’une essence, je dois avouer que je suis restée plutôt en dehors d’un roman qui, à mon sens, lorgne trop du côté du « nature writing » à la Gallmeister pour être convaincant. Un village isolé dont les habitants vivent entre eux comme si le monde extérieur n’existait pas, à mariner dans d’antiques querelles et à subir la loi d’un caïd local, aussi brutal qu’immoral, ça sent son copiage des patelins « à rednecks » du fin fond des États-Unis.
Et il n’y a pas que le cadre qui semble calqué sur ce genre de roman : les dialogues à la fois chiches et censés dire beaucoup en peu de mots ont quelque chose d’irritant. On a l’impression que, dans cette Vallée, personne ne peut parler simplement, mais que tout le monde s’exprime à coups de vérités existentielles d’autant plus profondes qu’elles sont chargées de sous-entendus et de menaces.
Enfin, le style n’aide pas à s’embarquer dans l’histoire, chargé de beaucoup trop de répétitions, d’affirmations sentencieuses et des descriptions dont le manque de souffle ne permet pas d’en faire accepter volontiers la fréquence. Bref, un rendez-vous manqué.
Une vallée perdue, comme un refuge pour Victor qui depuis une année mène une vie quasi monacale parmi les gens de la vallée sans s'intégrer même s'il y a passé une partie de son enfance en vacances avec son père. On ne sait pas grand chose de Victor, au retour d'une randonnée dans la montagne, il retrouve son chien égorgé dans sa cuisine. Il sait qui a fait le coup, c'est Charles le mari de Josepha, une brute épaisse qui la tient sous son emprise tout comme le reste du village. Mais Josepha c'est vers Victor qu'elle est attirée, la guerre est déclarée et nous allons suivre ce triangle amoureux tragique. Je ne m'attendais pas du tout au thème développé par l'auteur sur le passé de Victor. Un thème que je vous laisserai découvrir et qui entraîne Victor hors des sentiers battus vers une résilience de longue haleine et une rédemption impossible. Pour Josepha c'est aussi une histoire compliquée, malheureusement plus banale, douloureuse aussi. Ces deux là, ils étaient fait pour se rencontrer. Un premier roman qui nous parle de l'ambiance sombre de la vallée, des chasseurs, des habitants sous emprise et du passé qui les lient. C'est bien écrit avec des scènes graphiques et atmosphériques dans le courant natural writing. J'ai apprécié particulièrement tout ce qui concernait les visions cauchemardesques des loups avec une scène déterminante. Un scénario où passé et présent se conjuguent pour un avenir qu'on espère mais dont on sait déjà qu'il ne se présente pas sous les meilleurs hospices. Étape par étape on apprend à connaître Victor avec des flash-back incomplets qui font apparaître la complexité de ce personnage. Un récit dont le fil se déroule inéluctablement sans que rien ne puisse empêcher ce qui doit arriver. Une belle découverte d'un nouvel auteur talentueux. Bonne lecture.
Même si j'ai beaucoup aimé le cadre de cette histoire (un petit village montagnard), j'avoue que je n'ai pas réussi à m'attacher plus que ça aux personnages.
J'ai pourtant apprécié la découverte du passé de Victor car je ne pensais pas qu'on allait emprunter cette piste là.
Mais malgré les talents d'écriture de l'auteur, j'avoue que ce n'est pas un livre dont je vais gardé un grand souvenir.