On a tous, à un moment ou à un autre de notre vie, rêvé d'être à la place de quelqu'un d'autre. Et vous, si vous preniez de l'altacéphalée, qui voudriez-vous devenir ?
L'altacéphalée. La nouvelle drogue à la mode. Blanche en prend depuis plusieurs mois pour s'échapper de son quotidien. Grâce à cette drogue, elle peut prendre l'apparence d'autres personnes de son choix, sous formes d'illusions. Elle voit ainsi le monde de leurs yeux et enfile leur personnalité.
Mais après un bad-trip assez marquant, ses pilules disparaissent. Elle se rend donc chez son fournisseur habituel, qui lui propose une nouvelle pilule : une pilule rouge, plus forte que les bleues qu'elle prend habituellement, et qui la transformera complètement en une autre personne. La jeune fille accepte et se retrouve bloquée dans des boucles perpétuelles où elle change d'identité tous les jours. Pour s'en sortir, elle devra trouver le sérum qui lui permettra de guérir et de redevenir elle-même...
Né le 5 juillet 1967, Taï-Marc Le Thanh a étudié les arts graphiques, en premier lieu à l’Atelier de Sèvres à Paris, puis aux Beaux arts de Rueil-Malmaison et enfin à l’EMSAT. Il intègre alors un groupe de presse informatique où il devient graphiste. C’est ensuite aux éditions Eyrolles qu’il écrit un premier ouvrage sur… le logiciel Photoshop ! On est encore loin de l’écriture de fiction, mais très vite, il entame sa carrière d’auteur d’albums, aux côtés d’illustrateurs de renom tels que Rébecca Dautremer (Babayaga, Cyrano, Le Grand Courant d’air, Elvis…), mais aussi Aurélia Fronty, Élodie Nouhen, Jacques de Loustal, Merlin, Benjamin Chaud, Barroux, Gérald Guerlais… Depuis début 2010, il se consacre entièrement à l’écriture de la série Jonah, ainsi qu’au scénario d’un film d’animation, toujours avec Rébecca Dautremer
Ce que j'apprécie le plus dans l'imaginaire, c'est la liberté de création. Liberté sur le thème choisi, celui de la fiction par la science et l'altération d'identité par la prise d'une drogue. Liberté de graphisme, celle de la 4e couverture qui copie la notice et les contres indications d'utilisation d'un médicament. Liberté sur l'utilisation du genre du personnage principal, notre héroïne alterne les identités et apprends à s'aimer peu importe son sexe et son genre. Et enfin, la liberté sur l'histoire, le voyage dans le temps, l'espace et l'illusion de frontière. Le thème d'Altacéphalée n'a rien de nouveau. On peut le retrouver exploité et détourné à de trop nombreuses reprises à mon avis au cinéma et dans la littérature. Je vous conseille pour vous faire un avis, les films Equilibrium et Matrix et le diptyque "Métaquine" de François Rouiller publié chez l'Atalante. Dans ce récit, l'auteur a décidé de se concentrer sur les effets de la drogue, sa dépendance sur l'adolescent en quête de son identité et des réponses à son mal être. L'idée de départ est très intéressante et aurait mérité d'être plus fouillée. L'ennui s'installe très rapidement à peine arrivé à la moitié du récit. Le lecteur découvre tout juste le concept de cette pilule bleue ainsi que ses effets sur le personnage de Blanche que l'élément perturbateur matérialisé par la pilule rouge noie le concept. L'enchaînement successif des personnalités épuise le lecteur, le frustre mais écrase l'attachement que l'on pourrait avoir pour l'adolescente et ses compagnons de route. À vouloir trop naviguer à travers les époques et les styles tout en tentant d'inclure personnes et genres, on perd l'engagement de son lecteur et l'appréciation de la plume de l'auteur. Il est dommage également de penser qu'un récit pour adolescent doit être court avec un niveau de langue plus léger, un corps de texte plus gros pour ne pas effrayer son lectorat. Si c'était l'intention de l'auteur, je lui dirais qu'il a toutes les qualités requises pour approfondir son récit et qu'Altacephalée mériterait d'être plus long, moins survolé par moment et plus exigeant dans son vocabulaire. C'est une très bonne idée de roman, chaque personnage est intéressant mais un peu trop cliché et redondant. J'ai le sentiment que tous les caractères féminins ont forcément souffert d'un père ou d'une figure masculine abusive. En conclusion, c'est un roman prometteur qui mériterait d'être plus travaillé et approfondi. Le niveau de langue pourrait être plus exigeant surtout pour des adolescents. L'auteur devrait affirmer sa pensée et ses valeurs à travers ses personnages car il s'adresse à un public en pleine recherche d'identité. À trop vouloir inclure, on exclut par maladresse et généralité. Les thèmes de la dépendance humaine et chimique ainsi que l'insécurité de l'humain sont intéressants. Il est donc frustrant que le sujet soit survolé au profit d'une accumulation d'obstacles pour résoudre l'enquête. On perd l'attachement à Blanche et l'ennui s'installe. Le dénouement n'en est que plus plat voire incompréhensible. Pourquoi choisir une fin ouverte aussi ambiguë. Je confirme n'avoir pas saisi la place que Blanche avait dans le commerce de la drogue. C'est dommage ! Encore bravo pour le travail de fond et de forme fourni par la maison et l'auteur sur cet ouvrage qui n'en reste pas moins prometteur. Merci beaucoup pour leur confiance et leur bienveillance à la lecture de cet avis. Merci d'avoir pris le temps de m'envoyer cet ouvrage et j'espère que ces remarques permettront à l'auteur de s'affirmer, prendre confiance en ses convictions et dans son écriture à destination des jeunes et moins jeunes !
Taï-Marc Le Thanh n’est pas la voix française la plus connue en littérature jeunesse, et pourtant c’est un véritable virtuose. Artiste, il propose toujours des scénarios touffus, des personnages aux multiples facettes et, surtout, des univers à grand déploiement.
« Si ça se trouve, dans la vraie vie, tu as réellement balancé un mec par la fenêtre. »
Ici, on est tout à fait dans un récit cinématographique, à la fois dans les images proposées, la structure éclatée, le rythme.
Une lecture dès plus atypique. Je n'avais encore jamais lu un tel livre. J'ai souvent été perdue, souvent au début, mais je n'en ai pas moins aimé cette sensation. On plonge dans les méandres de l'esprit humain avec ses défauts, ses qualités et ses angoisses les plus profondes. Tout est bien écrit. Réalité ? Illusion ? Difficile à discerner.