Ce que j'apprécie le plus dans l'imaginaire, c'est la liberté de création. Liberté sur le thème choisi, celui de la fiction par la science et l'altération d'identité par la prise d'une drogue. Liberté de graphisme, celle de la 4e couverture qui copie la notice et les contres indications d'utilisation d'un médicament. Liberté sur l'utilisation du genre du personnage principal, notre héroïne alterne les identités et apprends à s'aimer peu importe son sexe et son genre. Et enfin, la liberté sur l'histoire, le voyage dans le temps, l'espace et l'illusion de frontière.
Le thème d'Altacéphalée n'a rien de nouveau. On peut le retrouver exploité et détourné à de trop nombreuses reprises à mon avis au cinéma et dans la littérature. Je vous conseille pour vous faire un avis, les films Equilibrium et Matrix et le diptyque "Métaquine" de François Rouiller publié chez l'Atalante.
Dans ce récit, l'auteur a décidé de se concentrer sur les effets de la drogue, sa dépendance sur l'adolescent en quête de son identité et des réponses à son mal être. L'idée de départ est très intéressante et aurait mérité d'être plus fouillée. L'ennui s'installe très rapidement à peine arrivé à la moitié du récit. Le lecteur découvre tout juste le concept de cette pilule bleue ainsi que ses effets sur le personnage de Blanche que l'élément perturbateur matérialisé par la pilule rouge noie le concept.
L'enchaînement successif des personnalités épuise le lecteur, le frustre mais écrase l'attachement que l'on pourrait avoir pour l'adolescente et ses compagnons de route. À vouloir trop naviguer à travers les époques et les styles tout en tentant d'inclure personnes et genres, on perd l'engagement de son lecteur et l'appréciation de la plume de l'auteur.
Il est dommage également de penser qu'un récit pour adolescent doit être court avec un niveau de langue plus léger, un corps de texte plus gros pour ne pas effrayer son lectorat. Si c'était l'intention de l'auteur, je lui dirais qu'il a toutes les qualités requises pour approfondir son récit et qu'Altacephalée mériterait d'être plus long, moins survolé par moment et plus exigeant dans son vocabulaire. C'est une très bonne idée de roman, chaque personnage est intéressant mais un peu trop cliché et redondant. J'ai le sentiment que tous les caractères féminins ont forcément souffert d'un père ou d'une figure masculine abusive.
En conclusion, c'est un roman prometteur qui mériterait d'être plus travaillé et approfondi. Le niveau de langue pourrait être plus exigeant surtout pour des adolescents. L'auteur devrait affirmer sa pensée et ses valeurs à travers ses personnages car il s'adresse à un public en pleine recherche d'identité. À trop vouloir inclure, on exclut par maladresse et généralité.
Les thèmes de la dépendance humaine et chimique ainsi que l'insécurité de l'humain sont intéressants. Il est donc frustrant que le sujet soit survolé au profit d'une accumulation d'obstacles pour résoudre l'enquête. On perd l'attachement à Blanche et l'ennui s'installe. Le dénouement n'en est que plus plat voire incompréhensible. Pourquoi choisir une fin ouverte aussi ambiguë. Je confirme n'avoir pas saisi la place que Blanche avait dans le commerce de la drogue. C'est dommage !
Encore bravo pour le travail de fond et de forme fourni par la maison et l'auteur sur cet ouvrage qui n'en reste pas moins prometteur.
Merci beaucoup pour leur confiance et leur bienveillance à la lecture de cet avis. Merci d'avoir pris le temps de m'envoyer cet ouvrage et j'espère que ces remarques permettront à l'auteur de s'affirmer, prendre confiance en ses convictions et dans son écriture à destination des jeunes et moins jeunes !