Ah Zineb, Zineb, Zineb...Comme je le dis souvent, ce n'est pas parce qu'on PEUT écrire un livre (parce qu'on sait lire et écrire) qu'on DOIT écrire un livre.
Il y a tellement de choses mauvaises dans ce roman que je ne sais même pas par où commencer. Peut-être par le style extrêmement pauvre de l'autrice, qui a bien bien retenu la leçon "sujet, verbe, complément" (Bravo !!) mais malheureusement il en faut en peu plus pour être romancière.
Au-delà du style, les personnages sont d'une vacuité déconcertante, parce que l'autrice se contente d´en faire des stéréotypes, des caricatures. Pire, elle les essentialise, à différents degrés.
Ce qui m'a beaucoup dérangée dans ce livre, c'est la vision portée sur la pauvreté et les personnes pauvres au Maroc. Ce qu'on en comprend, c'est que les pauvres sont sauvés par les riches (Kenza emmène Fatiha à la clinique pour avorter!!, elle lui apprend le français!! Elle lui organise une soirée d'anniversaire !! Kenza accepte que Fatiha soit sa confidente et ne mange pas ses restes!! Wow!! Quelle bonne samaritaine!!), et ils en sont reconnaissants.
Par contre, ce qu'on normalise totalement, c'est le fait que cette exploitation soit presque naturelle. Et malgré tout ce qu'elle pourrait affirmer, l'autrice ne dénonce rien dans ce bouquin, plus qu'elle ne met en avant que sa fascination pour un style de vie complètement basé sur l'exploitation des personnes.
Rien qu'en y réfléchissant, ça m'énerve encore. Je pense que ma review peut s'arrêter là et je vais juste mettre des extraits qui, selon moi, font de ce livre le livre le plus nul que j'aie lu cette année. Une mentalité pourrie et complètement dépassée qui ne mérite pas les "Prix" décernés.
"Abbas Chérif Falani évite les pièces communes. Il n'a rien à lui dire et ne comprend pas pourquoi Rayan prend ses repas avec eux. Il ne manquerait plus que Milouda nous rejoigne. Et Ali aussi, tant qu'on y est. N'importe quoi." (Milouda est la femme de ménage, Ali le chauffeur)
"Cette femme, ses yeux et la forme de son visage lui rappellent une fillette tangéroise du temps où il était gamin, la fille d'une mendiante devant laquelle il passait chaque matin, sur le chemin de l'école. La petite avait l'âge de Mar-cos, et il la trouvait belle. La peau caramel, elle se tenait droite, fière, et on pouvait se perdre dans son regard. Marcos, toujours, baissait les yeux avant de croiser les siens. Il avait honte de ses vêtements propres et de ses chaussures vernies.
Elle, qu'il vente ou qu'il pleuve, portait une robe rose déchirée à l'ar-rière, et était pieds nus. Qu'est-elle devenue ?" (Réflexions qu'il se fait face à une femme inanimée qui a essayé d'avorter illégalement)
"Son français est parfait ce qui, après avoir rencontré Milouda, étonne Marcos. Il regarde ses yeux et, pour la première fois, il remarque qu'ils sont bleus. Il ne peut s'empêcher de repenser à cette petite mendiante de Tanger. Elle aussi avait les yeux bleus et fiers, malgré son extrême pauvreté. Grandir au Maroc, c'est être forcément témoin de ce contraste cruel." (Romantiser la pauvreté c'est NUL Zineb!!)
"Tu parles. Tout est en arabe classique, personne ne respecte la queue et, quand enfin ton tour arrive, on te parle comme à un chien. Et être un chien, au Maroc, c'est pas la belle vie. La prochaine fois, elle laissera Bassidi Abbas appeler le général Alami et prendre rendez-vous directement avec le pré-fet.
Sur le trajet allant de la préfecture à la clinique, Kenza demande à Ali de monter le volume de la radio.
Depuis son retour, elle écoute les chaînes marocaines où les présentateurs s'expriment en arabe dialectal, Elle découvre les histoires de ses compatriotes et éprouve un sentiment nouveau, celui de se sentir proche des Marocains" (Ouin ouin, je m'appelle Kenza et j'aime pas être exploitée en France par contre au Maroc j'adore piétiner les gens)
"Un drap noir apparaît. La femme en niqab avance derrière un homme de trente ans habillé en kamis beige par-dessus sa tenue de sport. Aux pieds, il porte des chaussettes grises et des sandales marron. Rien ne va chez les zmags, se dit-elle." (Jvais rien dire)
"Elle manque d'air en se
souvenant des mots de Pierre-Yves.
« Eux » et « nous ». En essayant de construire un mot qui proviendrait de ces deux termes, elle se retrouve avec « neux ». Des nœuds. Ce sont des nœuds au cerveau. Mais où est le « je » dans tout ça ? Où sont nos « je » à toutes ? Chacune avec sa complexité, ses déconstructions, ses reconstructions, son apprentissage" (j’ai explosé de rire en lisant ce passage.....le manque de style est vraiment affligeant).
PS- le Rayane des banlieues qui parle comme un wesh wesh et exclusivement en verlan c'est pour me tuer. Éteins ta télé et sors de chez toi Zineb !!!!!