"Faire ses recherches" est un livre nécessaire à notre époque, surtout pour tous ceux se trouvant décontenancés par la montée des mouvements conspirationnistes québécois, souvent d'extrême-droite, ayant eu lieu au courant de la pandémie, mais dont les racines ont été semées bien avant, notamment dans les milieux identitaires xénophobes. Pour tous ceux qui auront suivi l'évolution de ce mouvement dans les dernières années, au travers des différentes pages de médias sociaux les dénonçant, ou bien au travers d'articles de journaux relatant les différents faits y étant associés, ce livre se voudra surtout une revue cohérente de sujets déjà familiers. Pour les autres, ce sera une excursion au travers d'un univers dément où la pseudoscience, l'extrême-droite, les mouvements religieux, la médecine alternative et les théories conspirationnistes de type QAnon s'entrecroisent et s'encouragent. On y voit le florilège des leaders/gourous québécois du mouvement se débattrent comme des diables dans l'eau bénite pour tenter d'amener à l'avant-plan leurs idées corrompues qu'ils se font de la vertue. Bien que le livre se nomme "cartographie de la pensée conspi", j'aurais tendance à croire que le terme "survol" aurait été plus approprié. Étant relativement court, ce livre ne plonge que de manière superficielle dans les raisons qui amènent les gens à épouser ce genre d'idéologie. D'une certaine manière, on y décrit plus les symptômes que les causes. Cela reste néanmoins une lecture fort intéressante nous laissant avec plusieurs interrogations sur les manières dont ce mouvement continuera à évoluer, mais également comment nous pouvons tenter de gérer cela comme société. Une perspective systémique sur les causes de la perte de confiance en nos institutions couplée d'autres défaillances sociétales auraient été bienvenues.