À la fois récit personnel et réflexion sur la laidophobie ambiante, Laideronnie jette la lumière sur la culture laideronne
En Laideronnie, on évite la lumière des néons, comme tout le monde, mais aussi celle du soleil, des lampadaires et du plafonnier dans la chambre à coucher. On tolère à peine les chandelles. On est les ami·es des coins de murs, des recoins sombres, on craint les rassemblements, et on se sent en sécurité quand on est enfin seul·es. Mais n’entre pas en Laideronnie qui veut : on y est poussé par les autres, à force d’insultes, de regards répétés ou accusateurs, de rires étouffés.
À la fois récit personnel et réflexion sur la laidophobie ambiante, Laideronnie jette la lumière sur la culture laideronne. Kareen Martel, refusant la honte et la pudeur généralement de mise, souhaite braquer les projecteurs sur une des formes de discrimination les plus ignorées. À son avis, les laiderons se replient en Laideronnie, mais peuvent également s’y déployer, revendiquer leur territoire et leur identité. La lumière peut aussi s’y faire douce ; en terres moches, on est souvent en bonne compagnie.
J'ai beaucoup aimé. Des parcelles de vie en laideronnie, là où sont confinées les personnes laides. Ça fait réfléchir et ça fait mal de lire tout ce rejet, mais c'est tout de même empreint d'une pointe de lumière.
Quel livre touchant, révoltant, doux et dur à la fois.
À travers un certain éloge à la laideur, l’autrice nous ramène dans sa jeunesse, où les enfants cruels ont su la juger froidement sur son apparence physique.
Les enfants et les adolescents peuvent être tellement méchants. Autant on a envie de prendre cette petite fille dans nos bras ou apaiser les souffrances dues à son rejet, autant on a envie de saluer sa résilience, sa force de caractère et son intelligence.
J’ai vraiment été très touchée par ma lecture et je vous la recommande chaudement !
Avec des textes très courts qui rappellent un recueil de poésie par sa forme, cet essai parle de la discrimination et de la méchanceté que l'auteure a subies à propos de son apparence. C'est aussi une critique de notre système qui classe automatiquement les gens selon leur degré d'attractivité et qui a conditionné l'oeil et le cerveau humain à associer beauté avec gentillesse et respect et laideur avec méchanceté ou ne mérite pas le respect. How fuck up is that???
J'aurais aimé donner plus parce que c'est un sujet pertinent (et original parce que rarement abordé) et qui mérite d'être plus discuté, mais ce qui m'en empêche c'est la redondance dans les phrases. Je crois aussi que dans ce cas, j'aurais préféré des textes plus longs.
Laideronnie, c’est une petite plaquette qui ébranle. Les souvenirs de jeunesse que l’autrice partage sont marqués par la cruauté des mots et par la solitude. C’est touchant, douloureux. J’ai corné un grand nombre de pages durant ma lecture. La véracité des mots de l’autrice m’ont frappé droit au coeur et m’ont fait réfléchir.
C’est à lire sans hésiter.
« Être laide, c’est comme être vieille toute sa vie. J’ai peut-être moins peur de vieillir que d’autres, n’ayant jamais goûté à la beauté de la jeunesse. Je n’ai aucun effort à faire pour conserver de beaux restes. »
Une amie au secondaire m'avait déjà dit qu'avoir à choisir, elle préférerait être l'aide qu'ordinaire. Qu'il n'y avait rien de pire qu'être ordinaire, c'était être plate et invisible.
Je ne suis pas sûre que l'autrice serait d'accord. Et après avoir lu ce livre, je ne le suis vraiment pas non plus.
Recueil de souvenirs depuis la pas si tendre enfance, l'autrice réalise dès un très jeune âge qu'elle n'est pas comme les autres petites filles. Les enfants sont cruels, mais le silence des adultes semble pire. Son apparence atypique lui est toujours remémorer par la société.
Un livre qui exprime la douleur, une réflexion à faire sur la façon dont on s'exprime les autres.
J'ai trouvé ça triste. Ça m'a peiné de lire les récits d'intimidation gratuite qu'a subit l'autrice, et j'ai aussi trouvé triste plusieurs de ses réflexions envers elle-même et celles qu'elle qualifie de laideronnes. Kareen Martel est touchante dans sa vulnérabilité et dans ses réflexions, et la fin du livre apporte un peu de lumière!
Mention spéciale aux 3-4 citations issues de livres écrits par des hommes faisant référence à des femmes laides qui sont ma foi inconfortables et misogynes?!?!
Laideron et laideronne ne se réfèrent qu’au genre féminin d’ailleurs. On devrait être furieuses. (p.55)
Cet essai par fragments (préfacé par Safia Nolin), nous amène en Laideronnie, le pays que l’autrice désigne comme le lieu où sont cantonnées les personnes que la société juge laides. Entre les anecdotes et les réflexions, toutes les petites pointes de verre se logeant sous la peau de celles et ceux qui encaissent les remarques désobligeantes, les quolibets, les rejets ne peuvent que laisser des traces profondes dans leur passage à l’âge adulte.
La nuance entre laide et “laitte”, le premier contact avec la laidophobie qui se passe souvent à l’école primaire, et ce peu importe le statut socioéconomique, les avantages sociaux que confèrent la beauté, la différence entre la laideur des femmes et celle des hommes... L’autrice aborde ces sujets sans pathos, à petites touches. En fait, comme elle le mentionne, ce qui la met en colère, ce ne sont pas les personnes belles, c’est la discrimination et la violence verbale qui s’exercent à l’égard de ceux et celles qui ne le sont pas. Un essai qui fait réfléchir, sur un ton réfléchi.
J’avais outrepassé deux interdits sociaux basés sur le dégoût des femmes: être laide et exposer le sang de ses règles. Je ne faisais pas mon devoir de citoyenne: disparaître. (p.35)
Je suis un peu ambiguë quant à la lecture de ce livre. Je comprends ce que l’auteur.e a voulu dénoncer avec ce livre, l’intimidation,le rejet, les standards de beauté. En lisant ce livre j’y ai retrouvé des réflexions de l’auteur.e quant à sa vie de sa jeunesse à maintenant. Ce qui me semblait intéressant au début. Mais, au fil du livre je m’attendais à beaucoup plus quant à l’évolution, le changement de son regard face à iel … je ne sais pas ça me semble brièvement développé et je n’ai vu aucune évolution, sinon très minime.
Ma déception étant que j’aurais voulu un roman ou un essai avec ce sujet, qui aurait pu être exploitée d’une meilleure façon, des phrases de trois lignes dans une page, ça ne me plaît pas du tout, raccourcir ce livre aurait été idéal ou séparé les réflexions par des apostrophes ou je ne sais quoi. De plus je m’attendais que son regard face à sa propre personne évolue et non qu’iel s’identifie comme étant « une laide personne » ça me laisse penser que l’auteur.e reste dans sa « victimisation ».
Dommage, puisque le sujet semblait très intéressant à exploiter. Ses réflexions sont somme toute assez bien construite et écrite. Iel a une belle plume.
C’était bien, et c’est bien d’exposer ce genre de récit sur la laideur, mais ce n’était aucune nouvelle réflexion pour moi ! J’aurais pris plus de méta-analyse, plus de profondeur. Je trouvais aussi que c’était un peu redondant, même si je comprends que ça fait partie du message pour qu’on en comprenne la lourdeur. Par contre, je ne suis reconnue dans beaucoup beaucoup de fragments, ce que j’ai aimé lire ! Mais j’aurais poussé la Laideronnie jusqu’au bout, pour moi il y a une grande incohérence dans le récit : les vraies laides n’ont pas d’enfants.
This entire review has been hidden because of spoilers.
"Je suis là défaillance, celle qui ne prend pas la responsabilité de son apparence et n'a pas la décence de devenir invisible. Alors qu'en fait, la source du malaise se trouve plutot dans la laidophobie ambiante"
"(...) avec elle, j'apprenais à voir la beauté ailleurs que là où les yeux se posent paresseusement"
C'était bon mais pas autant que je m'y attendais. Je crois que j'étais influencée par l'engouement envers ce livre donc je m'attendais à QUELQUE CHOSE. Still, c'était bon juste pas WOW
Dans ce livre, la protagoniste met en lumière ses traumatismes de jeunesse concernant son apparence physique. Ceux-ci sont douloureux et réels.
Ces expériences négatives semblent avoir créé chez le narrateur-personnage un schéma psychologique particulier, où il en vient à interpréter chaque faits et gestes comme une attaque en lien avec son physique. C'est une réaction complexe, humaine, mais qui n'en constitue pas moins un irritant au fil des pages.
Pourtant, c'est ce rapport particulier à la psyché qui fait la beauté de ce roman autobiographique.
J'aurais cependant aimé voir une plus grande évolution de la protagoniste en fin d'ouvrage ; celle-ci m'a paru tourner en rond.