« En quelle langue parler au lecteur ? » Souvenirs de la Kolyma est un cycle de textes écrits par Varlam Chalamov dans les années soixante-dix, soit une vingtaine d’années après sa libération des camps et son retour. Ils sont complétés par des évocations de ses contemporains, écrivains ou poètes, comme Pasternak, ainsi que par une étrange liste de 1961 qui énumère avec une sécheresse poignante ce qu’il a « vu et compris dans les camps ». Ces souvenirs, comme les Récits de la Kolyma, transmettent la réalité par fragments et s’interrogent avant tout sur ce que peut la langue et ce qu’est la mémoire. « J’essaierai de restituer la suite de mes sensations – je ne vois que ce moyen de préserver l’authenticité de la narration. Tout le reste (pensées, paroles, descriptions de paysages, citations, raisonnements, scènes de la vie courante) ne sera pas suffisamment vrai. Et pourtant je voudrais que ce soit la vérité de ce jour-là, la vérité d’il y a vingt ans, et non la vérité de mon actuelle appréhension du monde. » Avec Souvenirs de la Kolyma, la collection « Slovo » poursuit le travail d’édition complète des œuvres en prose de Varlam Chalamov, auteur fondamental du vingtième siècle, désormais reconnu comme un des grands écrivains non seulement de l’histoire des camps, mais surtout de la littérature mondiale.
Chalamov distinguishes between "living" and "existing". The prologue is fascinating. Chalamov says the writer has to remain a stranger in the world he describes, he has to be like a spy... If he knows his topic too well, he will push the reader away. Secondly, Chalamov claims that in world literature, characters are too complex, too psychologically deep: "Il y a dans l'homme beaucoup plus d'animalité que nous le pensons. Il est beaucoup plus primitif que nous croyons" (page 9) He compares the "spiritual superiority" that intellectuals have accumulated to "cumbersome garment that hinder their movements". Souvenirs de la Kolyma is a raw account of what hell looks like, as seen from the inner circle. What remains on the inside of the human being, when all the rest is stripped away, is only rage and hunger.