U Alžiru se pojavio zagonetni objekt UMO koji stvara orijaške oluje i „označava“ neku djecu. A mafijaša Ismaëla Tayeba proganja gotovo mistična intuicija: da svijet može spasiti samo posljednji robot iz serije Atlasa koji su nekoć bili krik francuske građevinske tehnologije. Iako sukob s UMO-m završava u korist Atlasa, pobjeda je nekako prelaka… A dok Ismaëlov šef, zloglasni „Bog Otac“, koristi svjetsku pomutnju izazvanu nezemaljskom pojavom kako bi stekao što veću moć, odgovor na pitanje što je UMO možda leži u Adélie, „označenoj“ kćeri novinarke Françoise Halfort za kojom traga cijela francuska policija.
Fabien Vehlmann est comme son héros : pétillant, engagé et plein d'humour.
Après avoir patiemment suivi les cours d'une école de commerce nantaise, Fabien Vehlmann réalise que sa voie est ailleurs. Bien décidé à se lancer dans la bande dessinée, il se consacre à l'écriture de manière intensive durant une année entière. Il empile les projets et inonde scrupuleusement la rédaction du journal Spirou. Sa ténacité est récompensée : il y fait ses débuts dans le courant de l'année 1998. Dans les pages du beau journal, il apprend son métier en scénarisant des animations, puis ses premières séries dont le fameux "Green Manor" avec Denis Bodart.
Curieux et enthousiaste, Vehlmann touche à tous les genres : humour, science-fiction, aventure, conte,... Il multiplie les collaborations avec des dessinateurs aux styles aussi divers que Matthieu Bonhomme ("Le Marquis d'Anaon"), Frantz Duchazeau ("Les Cinq conteurs de Bagdad") ou Bruno Gazzotti ("Seuls"). En 2006, il réalise une première aventure de Spirou et Fantasio avec Yoann : "Les Géants Pétrifiés". Quatre ans plus tard, les deux compères reprennent en main la destinée du plus célèbre héros des Editions Dupuis...
Les albums de Spirou qu'il emmènerait sur une île déserte : Le Nid des Marsupilamis, Le Voyageur du Mésozoïque et Virus.
Par le hasard des choses, j'ai lu cette série en février 2025, dans un contexte politique fasciste où les tensions entre la France et l'Algérie sont très tendues, en grande partie du fait de déclarations incendiaires de notre ministre fasciste de l'intérieur Bruno Retailleau (que l'on peut voir dans les premières cases de cette BD), et ce contexte a sans aucun doute son importance dans mon appréciation de l'œuvre.
Je ne savais pas trop quoi penser à la fin de ma lecture. Je ne me suis pas vraiment attaché aux personnages : les intentions d'Ismaël ne sont pas claires, et ce jusqu'à la dernière case ; Françoise, qu'on nous a présentée comme une super journaliste, passe en réalité les 2 derniers tomes à fuir et perd à peu près toute agentivité ; les membres d'équipage du Sand sont nombreux et n'ont pas tous le développement qu'ils mériteraient.
L'histoire ? J'avoue avoir été déçu par le dénouement. Le coup du gardien extraterrestre qui s'active au moment d'une explosion nucléaire pour empêcher l'humanité de tout détruire, c'est un vieux cliché de SF, et ce n'est pas la manière la plus intéressante de parler de toutes les problématiques politiques abordées dans cette série. Au final, sur 3 tomes et 700 planches, on ne traite jamais de la question de la vie extraterrestre, puisque le mystère perdure jusqu'aux dernières planche du tome 3. L'évènement central qui est au cœur de l'intrigue, qui met en mouvement les personnages, est un non-sujet.
Non, ce que je retiens de ma lecture, c'est le concept. Le lore. J'adore l'idée de faire une uchronie basée sur la guerre d'Algérie avec des mécha. J'adore toute l'histoire que raconte cette BD entre les lignes. J'aurais adoré lire une BD qui assume encore plus ce parti pris, qui situe son action véritablement pendant la guerre d'Algérie, qui laisse tomber cette idée un peu ridicule du visiteur extraterrestre pour embrasser pleinement son potentiel politique. J'aurais aimé lire une BD qui raconte la construction des méchas, leur rôle dans le développement de la France et pendant la guerre d'Algérie, et dont le dénouement final soit la catastrophe de Batna. C'est cet aspect de l'histoire que j'ai véritablement apprécié, ce concept si riche, au potentiel si grand, et au final assez peu exploité dans ce qu'on nous raconte véritablement dans Le Dernier Atlas.
La France fasciste que les auteurs nous dépeignent dans ces 3 tomes est assez peu différente de la vraie France de 2025. Et le terreau le plis fertile de notre fascisme français, c'est le racisme et l'islamophobie, qui se déploient d'autant plus que le passé colonial français est un énorme impensé dans le débat public. La guerre d'Algérie est un sujet tabou, son impact a été gigantesque (le FN a été fondé en réponse direct à l'indépendance de l'Algérie) et pourtant nous n'en parlons jamais, nous nous maintenons dans une ignorance qui est directement favorables aux nostalgiques de l'OAS. Nous manquons de discours politique, de réflexion collective sur ces évènements, et c'est là que les artistes ont un rôle à jouer. On manque d'œuvres de fiction qui prendraient ce contexte historique comme décor à leurs histoires. On est trop timide, on ne joue pas assez avec notre passé, parce qu'on n'ose pas, et au final on se prive d'un regard neuf et d'une véritable introspection sur tout le mal que l'on a fait, et que l'on continue de faire.
C'est ça que je retiens du Dernier Atlas. Une tentative courageuse mais encore trop timide à mon goût de parler de la guerre d'Algérie via une intrigue de genre. C'est une démarche que je trouve personnellement très inspirante, et j'espère que d'autres BD de ce style sortiront à l'avenir, et sauront aller encore plus loin.
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Une uchronie de 700 pages en trois tomes bluffant de maitrise narrative et de talent.
Le scénario constitué de nombreux personnages et arcs scénaristiques à la fois autonomes et imbriqués impressionnent et donnent ses lettres de noblesse au terme de roman graphique. Dommage que cette narration soit rythmée comme une série TV Netflix : on use et abuse (parfois d'une planche à l'autre !) des coupes permettant de passer d'une sous intrigue à une autre. Cela fait de cette BD un incontestable "page-turner" mais la rend inutilement saucissonnée. Vu la complexité de l'oeuvre pas certain qu'on avait besoin de cette "astuce" surexploitée. Le suspense est également bien tenu tout au long de l'histoire avec un dénouement osé (car pacifique !) à la hauteur des attentes. Même si il devient plus courant dans les productions actuelles il faut également saluer la prise de risques d'éliminer d'Atlas d'éliminer certains de ses personnages principaux.
Le final est assez surprenant politiquement, on voit pas bien comment notre héro ne peut être conscient des limites de sa "solution" qui consiste à équiper des milices privées de kalachnikov pour nettoyer le banditisme.
Le Dernier Atlas met principalement en lumière Nantes mais dans son objectif (conscient ou non) de viser un public aussi large que possible la BD convoque toutes les minorités possibles. Ce côté "citoyen du monde" forcé m'a un poil gavé mais rien de rédhibitoire. Même chose pour le dessin que je n'ai pas trouvé extraordinaire. Toutes ces critiques s'effacent néanmoins devant l'écriture : Le Dernier Atlas est trop bien construit, trop original et les personnages trop attachants pour ne pas se laisser emporter.
Third and final volume of the award-winning bande dessinée series, of which I very much enjoyed volume 1 and volume 2. We start a year on from previous events, with the reappearance of the mysterious Umo, an enigmatic huge extraterrestrial entity, after it was banished at the end of the last volume, and its incursion into mainland France, throwing the government of President Fillon into disarray and bringing about new and nasty alliances between the forces of state coercion and the underworld, while our protagonist Tayeb mobilises the George Sand, a giant killer robot, to try and save the day. To be honest, I was not convinced that Vehlmann and De Bonneval successfully kept all the plates spinning in their convoluted plot, though they ask a lot of interesting questions. But the art by Tanquerelle and Blanchard is very good, and the first volume of the trilogy set a very high bar which the other two did not quite reach.
Une grande finale très satisfaisante pour une série de plus de 700 pages. Un tome qui ne manque pas d’action, qui aborde le banditisme, la filiation, les problèmes sociaux et économiques, les injustices, les inégalités, les dangers climatiques, tout en restant divertissant et relativement fluide. Quelques rares dessins sont moins réussis, mais le tout se lit avec plaisir.
L'art est toujours aussi bon, précis où il y a besoin. Les couleurs m'ont parues étincelantes. Mais ça piétine un peu sur l'histoire, on veut ficeler plusieurs bouts différents, mais ça devient long, et ultimement, il est difficile d'y trouver satisfaction.