Février 1972. Simone vit dans un petit village de l’Isère et une épouse et une mère de famille heureuse. Mais alors qu’elle prépare des crêpes pour la Chandeleur, elle découvre à la télévision un visage qui ne lui semble pas inconnu : il s’agit de Klaus Barbie, l’homme en charge de la Gestapo de Lyon en 1944, qui vient d’être retrouvé en Bolivie et arrêté et il est demandé à quiconque qui aurait connu l’homme de venir témoigner. Simone se rappelle alors le début de la guerre, l’accueil dans sa famille d’une fillette devenue orpheline pendant l’exode vers la zone libre, les restrictions et la peur jusqu’à son arrestation à 13 ans et sa rencontre avec celui qu’on appellera le boucher de Lyon et qui la torturera …
Premier tome d’une trilogie qui s’adresse plutôt à un lectorat assez jeune (mais pas trop quand même !), j’ai été attirée par la couverture et par le dessin (et comme Simone l’a pensé aussi, le fait de voir un homme caresser un chat le rend moins effrayant sur le coup mais pas moins cruel au final !). Il faut dire que ce graphisme, au style simple et un peu enfantin, correspond bien au fait que Simone, dans ce tome, est à peine une adolescente et qu’elle reste naïve et innocente par rapport à la violence et à la cruauté du monde et de la guerre. En plus, les couleurs douces utilisées semblent presque essayer de contrebalancer la noirceur des faits. Mais l’ensemble est très expressif, très réussi. On découvre donc l’arrivée de la guerre à travers les yeux de Simone, une jeune fille juive mais peu pratiquante, qui n’a pas froid aux yeux et qui n’a pas peur de prendre position en distribuant des tracts et en devenant agent de liaison pour la Résistance. Je ne révèle rien car l’album raconte l’histoire de la résistante Simone Lagrange, qui est décédée en 2016 et qui a témoigné au procès de Klaus Barbie. Le récit alterne entre 1972, quand Barbie est arrêté en Bolivie, et les années de guerre, de septembre 1939 à juin 19444, s’arrêtant à l’arrestation de Simone à ce moment-là (la suite sera couverte dans les tomes suivants). Les auteurs ont aussi utilisé un procédé pour mettre en relief le fait qu’il est difficile d’oublier ce qui s’est passé à cette époque mais je ne vais pas en parler pour laisser la découverte lors de cette lecture ... elle sera de toute façon très rapide car on comprend vite dès les premières pages ! Mais je trouve que c’est une bonne idée qui donne beaucoup d’émotion à l’ensemble. Le récit est dans l’ensemble assez classique, mêlant faits historiques et petits moments de vie, pour mieux entrainer les lecteurs dans l’histoire et pour ceux plus jeunes, c’est aussi l’occasion de découvrir cette période en se mettant au niveau de l’humain, en jouant sur l’empathie pour mieux ancrer les choses et permettre d’essayer de mieux les comprendre en se mettant à la place de Simone. Nul doute que je lirai la suite avec beaucoup d’intérêt !