« À 7 ans, j’ai été condamné à mort pour un crime que j’ignorais. Ce n’était pas une fantaisie d’enfant qui joue à imaginer le monde, c’était une bien réelle condamnation. » B. C.
Boris Cyrulnik a échappé à la mort que lui promettait une idéologie meurtrière. Un enfant qu’on a voulu tuer et qui toute sa vie a cherché à comprendre pourquoi, pourquoi une telle idéologie a pu prospérer. Pourquoi certains deviennent-ils des « mangeurs de vent », qui se conforment au discours ambiant, aux pensées réflexes, parfois jusqu’à l’aveuglement, au meurtre, au génocide ? Pourquoi d’autres parviennent-ils à s’en affranchir et à penser par eux-mêmes ? Certains ont tellement besoin d’appartenir à un groupe, comme ils ont appartenu à leur mère, qu’ils recherchent, voire chérissent, le confort de l’embrigadement. Ils acceptent mensonges et manipulations, plongeant dans le malheur des sociétés entières. La servitude volontaire engourdit la pensée. « Quand on hurle avec les loups, on finit par se sentir loup. » Penser par soi-même, c’est souvent s’isoler. Seuls ceux qui ont acquis assez de confiance en soi osent tenter l’aventure de l’autonomie. Au-delà de l’histoire, c’est notre présent que Boris Cyrulnik éclaire.
À travers sa tragique expérience de vie, hors des chemins battus, Boris Cyrulnik nous montre comment on peut conquérir la force de penser par soi-même, la volonté de repousser l’emprise, de trouver le chemin de la liberté intérieure.
Boris Cyrulnik est neuropsychiatre et directeur d'enseignement à l'université de Toulon. Il est l'auteur d'immenses succès, notamment Un Merveilleux malheur, Les Vilains Petits Canards, Parler d'amour au bord du gouffre et De chair et d'âme.
La prémisse est intéressante, mais aurait facilement pu être explorée dans un format beaucoup plus court. De plus, on sentait l’auteur beaucoup plus à l’aise de parler de sujet de son époque (Allemagne Nazie, procès de Nuremberg, etc.) que de sujets d’aujourd’hui (la section sur l’identité de genre m’a particulièrement semblé décalée)
Une réflexion intéressante sur les mécanismes qui conduisent l'homme à adhérer aux idéologies même les plus cruelles. Ayant lui-même été touché par le nazisme, l'auteur y explique pourquoi et comment certains hommes peuvent accomplir les pires crimes tout en restant de bons pères par exemple.
Boris Cyrulnik présente dans Le laboureur et les mangeurs de vent sa théorie tirée de son traumatisme vécu enfant avec l’apport de ses réflexions à la fois littéraires et scientifiques sur le lien entre insécurité personnelle et ralliement à des idées acceptées sans les discutées, énoncées par des mentors qui affirment savoir mieux que nous ce qui est mieux. Ces maîtres à penser explique le monde suivant des raisonnements simplistes qu’ils soient religieux (catholiques, musulmans, juifs ou autres) et politiques (Moi, je sais ce qu’il vous faut !) et entraînent souvent vers une radicalisation préjudiciable à la liberté de conscience: Les nazis et leurs collaborateurs, les accusés dans le box du procès du quinze novembre, etc.
Encore quel merveilleux titre ! Le laboureur est celui qui travaille à réfléchir, à comparer, à clarifier sa réflexion sur son chemin de vie et à penser par soi-même. Le mangeur de vent reproduit le discours auquel il adhère. Il pense qu’il y a des bons et des mauvais et veut appartenir aux camps de ceux qui se disent bons même si cela l’amène vers des dérives inacceptables. Les mangeurs de vent sont beaucoup plus nombreux que les laboureurs. Il se rejoignent dans des idées arrêtées qui gomment les aspérités individuelles au profit du collectif.
Après avoir été déposé dans une institution la veille de l’arrestation de ses parents, Boris Cyrulnik, enfant de six ans au début de la seconde guerre mondiale, découvre qu’il est juif, ce sous-homme que les nazis veulent éradiquer. Rassemblé dans une synagogue avec une foule d’inconnus, il arrive à échapper à cet enfer en se cachant sous le corps ensanglanté d’une femme.
Ses souvenirs vont crées des images indélébiles qui vont le hanter encore actuellement, plus de soixante dix ans plus tard. Pourquoi ? Pourquoi lui ? Pourquoi le souvenir d’un soldat nazi lui montrant une photo d’un garçon de son âge ? Pourquoi a-t-il eu la chance d’être recueillis par des Justes ? Pourquoi a-t-il pu être un scientifique bienveillant, ouvert à la nouveauté malgré le traumatisme qu’il a vécu ? Qu’est-ce qui a fait la différence avec ceux qui ne peuvent se détacher de la blessure invalidante subie ?
Ces ruminations, Boris Cyrulnik les interrogent à la lumière du concept de la « banalité du mal » d’Annah Harendt. Il investit la théorie de l’attachement et la théorie de la logothérapie de Viktor Hankl pour trouver sens à sa vie. Mais, il cherche aussi dans la littérature, l’histoire, la psychanalyse et, bien sûr, les neurosciences pour comprendre et trouver ses réponses.
L'autore, ebreo francese, ha avuto a che fare da bambino con l'invasione nazista e ne è uscito vivo grazie a una buona dose di fortuna e all'aiuto imprevisto di chi ha incrociato sulla sua strada in quei momenti cruciali. A distanza di molti anni riflette su quello che è successo e lui e tanti altri, quando Hitler stava per conquistare l'Europa, per trarne considerazioni generali. Il libro non è né un saggio né una raccolta di memorie, ma un po' l'uno e un po' l'altra, procede con bello stile lasciandosi trasportare da riflessioni asistematiche, condite dalle nozioni scientifiche e cliniche frutto della professione di neuropsichiatra dell'autore, tocca alcuni temi, poi li lascia andare, poi ci torna dopo molto pagine, un po' come un fiume dal percorso imprevedibile e ricco di anse. Ho apprezzato la capacità dell'autore, nonostante la sua esperienza avrebbe potuto portare al contrario, di mantenere il dubbio e la tendenza a porsi domande aperte persino di fronte al fenomeno nazista o, meglio, agli uomini che l'hanno composto. Mi dico che, rispetto a condanne stereotipate che sanno di professione di fede, sia proprio questo atteggiamento, nella sua paradossalità, il miglior antidoto contro il ritorno degli stivali chiodati, del culto della bandiera e dell'esaltazione dell'appartenenza tribale. Nutro qualche scetticismo sulla sua ipotesi che sia l'educazione nella prima infanzia e, in particolare, lo stile di attaccamento, a produrre individui che siano più o meno proni a seguire il branco e a rifugiarsi nei dogmi. Più che altro mi sembra che questo non spieghi come una democrazia possa scivolare facilmente e spesso molto velocemente in una dittatura.
This book is a MUST READ especially today. For anyone that is interested about how morbid ideology happen and how a society let a dictature grow taking over the all country believing that what they are doing is the good thing , that the other is evil, letting a poor self reflection spreading under an easy binary prism.
What are the mechanisms that lead people to adhere to a cruel ideology while thinking they’re doing the good, how does it take root and become stuck in the human psyche? The author, using his expertise as a psychiatrist and his experience as a survivor of the Second World War, will question himself and you, while getting to the root of all this violence which can affect any human being.
It is extremely well popularized and allows an understanding of the functioning of our thinking and its repercussions in an educational way and accessible to all.
The book is based on numerous research and other scientific, anthropological, historical and sociological sources which allow the reader to continue the research themselves by delving into the references noted at the bottom of the page.
In conclusion, remain a free thinker, do not format yourself with ready-made ideas find on Tiktok, prepare yourself to be alone, continue to question people thoughts, and keep documenting yourself from various source and open yourself up culturally.
The book offers an insight into the fascist mind. With empathy, Cyrulnik traces it back to its origins: an insufficient attachment to significant others in childhood. Lack of safety and holding has generated a vulnerability that is very susceptible to authoritarian influences from the outside. A desperate holding on to simple truths delivered by a strong man offers the pseudo-safety that is so much desired.
This all happens especially in societal circumstances that are turbulent, uncertain, impredictable. Like nowadays.
The thesis of the book is repeated many times in different ways, and thus the text tends to get long-winded. That's a pity, for its basic message is new (to me, at least) and insightful. The lack of a safe attachment is of all times; if society can only offer an uncertain fate, then this will trigger emotional defenses that turn loosely related individuals into violent groups.
All in all, due to the subject this book is not a joyful read, it's actually quite depressing. But it is important to have a good look at it. Though Cyrulnik does not give ideas for the right way to approach these people. Probably the proper way would be to remain open to them, not to their ideas, but to their emotional needs.
O autor aborda temas muito interessantes de uma forma bastante simples.
"A escolha é clara, mas dolorosa. Os que seguirem o caminho da liberdade interior perderão amigos. Eles serão odiados por aqueles que amam, como Hannah Arendt. Pensar por si mesmo é isolar-se: a angústia é o preço da liberdade. Aqueles que se submetem à palavra de um tirano adorado terão uma sensação de segurança (todos juntos), um sentimento de igualdade (todos iguais), uma alegria sanguinária, como os guardas SS em Auschwitz, os degoladores de Pol Pot e os tribunais de adolescentes chineses maravilhados com o Grande Timoneiro. Felizmente, podemos agir sobre o meio que age sobre nós. Basta organizarmos em torno das crianças um ambiente seguro que lhes ensine o prazer de explorar. Nós lhes proporemos várias figuras de apego, para que elas aprendam a amar de diversas maneiras. Abriremos suas mentes ensinando-lhes várias línguas, várias maneiras de pensar e de explorar as diversas culturas. Dispomos de todas as ferramentas necessárias para agir sobre a realidade que age sobre nós. Temos um grau de liberdade, portanto de responsabilidade."
Axé autour du parcours de vie de l'auteur et des événements marquants qui l'ont touchés, et qu'il va par la suite questionner. On voit dans sa reflexion une quête de réponse vis a vis de son enfance, un jeune évoluant sans "secure attachment" et comment cela impacte ses relations, mais également vis a vis du totalitarisme, qui, le premier, est venu bouleverser sa vie. Il en déconstruit le fonctionnement et démontre avec quelle facilité ce type de regime peut prendre le pouvoir. Il y a quand meme beaucoup de sociologie et de psychologie amateur, il cite encore et encore le même pédopsychiatre et ses theorie chez l'enfant déraciné. Je note les quelques reflexions sur les foyers et leurs "animateurs" qui me semblent être plus que ^personelles étant donné l'état de la protection de l'enfance d'après guerre (il aurait pu parler plus longtemps des Lebensborns, méconnus du publique bien que beaucoup d'enfants aient du se reconstruire avec cet aspect problématique dans leur chemin de vie).
Ce livre est tout simplement nécessaire. BC nous donne avec patience, exemples et beaucoup de pédagogie, les clés de compréhension de nous même, de nos contemporains, de nos ancêtres. Comment nous positions nous par rapport au groupe? Qu'est-ce qui nous pousse au pire? Au meilleur? Où doit se trouver notre solidarité, notre empathie? Mais il y en a pour tout le monde: personne n'est a l'abri d'une remise en cause de sa vision de soi et des autres. Et la conclusion qui paraît si logique -mais dont nous sommes tellement loin- qu'il faut tout miser sur l'éducation culturelle et affective des tout petits pour construire des citoyens épanouis et capable de vivre ensemble en société
The very early years of all our lives are shaped by others, mother, school, family circumstances. In the case of the author, that he survived his infancy given the circumstances of war and anti-Semitism remained a good fortune that he spent the major part of his life and his working career trying to explain to himself. Ultimately it has led to the publication of this work. There is no answer here as to why his life and not those of thousands of others was spared. But a rational explanation does emerge that points to the strengths and weaknesses that we all share, strengths and weaknesses that determine our behaviour towards ourselves and towards others. The title categorises vividly what underlines our differences. Importantly, the book affords us the opportunity to measure human behaviour and to appreciate how if our predecessors were, as it were, trapped whilst living in an industrial society, only those able to free themselves to make choices for themselves will be any less trapped in today's technocratic world.
Un livre intéressant, dont le contenu mérite temps et réflexion. Après son fameux livre « Les vilains petits canards », celui-ci est une évolution à lire. La question est « Pourquoi certains se conforment au discours ambiant de haine, d’aveuglement qui peut aller jusqu’au meurtre et génocide ( l’exemple Nazi), alors que d’autres ( une minorité) parviennent à s’y opposer en pensant par eux-mêmes ? Bonne lecture.
‘Le laboureur et les mangeurs du vent’ se situe parmi les métaphores les plus expressives de la littérature. Pourtant, le dernier livre de Boris Cyrulnik n’est pas une conte de fées. Toute sa vie, Cyrulnik a essayé comprendre comment la violence est-elle possible entre hommes. Ce livre est un merveilleuse essai de répondre.
Très intéressant. Questionne le fait que certains vont se soumettre à l’autorité, à un régime totalitaire et d’autres vont refuser d’obéir, vont résister, parfois au prix de leurs vies respectives. L’auteur se base sur son histoire personnelle : il est un survivant des camps de la mort nazis. Son livre s’appuie essentiellement sur des exemples tirés de cette sombre partie de l’Histoire.
Excellent livre pour mieux comprendre les blessures psychiques écrites en langage clair et compréhensible. Ce livre fait référence à la vie de ce grand auteur.
Muy fácil de leer e interesante. Me recuerda a los libros de Punset. Lo que más me gusta es hablar en el trabajo con pacientes de libros y que te los terminen dejando.
Boris Cyrulnik nous explique le mécanisme complexe de l'asservissement et de la socialisation secondaire via le prisme de sa propre existence d'enfant martyr.
Cyrulnik nous offre une riche réflexion sur notre libre arbitre, notre capacité à remettre en question, à labourer, entretenir et cultiver notre capacité à penser par nous même. Il revient sur l’histoire, son histoire, pour questionner comment certaines idées peuvent conquérir, contaminer toute une partie de la population, et comment certains au contraire peuvent s’en affranchir. L’auteur nous confronte au confort du discours ambiant, qui anesthésie parfois notre capacité réflexive, et cet ouvrage vient résonner fortement avec les questions que peuvent poser le climat politique actuel.
Sous couvert de bonne intention, ce livre est dangereux je pense. Il repose sur des concepts archaïques, voir religieux comme quoi il y aurait les bons et les mauvais de l’autre Manque de nuances, manque de complexité face à des sujets d’une grande gravité. Franchement « La banalité du mal » d’Hannah Arendt est beaucoup plus éclairé sur le sujet