ALERTE COUP DE CŒUR ❤️
Quoi ? Un coup de cœur pour un roman ayant pour sujet ce que tu as toujours craint au monde : que l’on t’enlève ton enfant ? Sonia, tu as pris un coup au casque, indéniablement !
Quoi de plus terrifiant en effet que l’enlèvement de son enfant ? J’avoue que j’ai ouvert ce roman avec une grande appréhension, non, plutôt de la trouille. Trouillomètre largement en dessous de zéro. Parce que d’une part, j’allais me retrouver face à l’une de mes plus grande peur, et d’autre part, je sais ce dont notre couple d’auteurs est capable….
Sixtine, dix ans à peine, passe ses vacances comme chaque année à l’île d’Oléron avec son père, Richard. Sa mère, Jeanne, est retenue à Paris pour son travail, une fois de plus. Richard en profite pour papillonner, et Sixtine, avec toute l’insouciance de son âge, sans aucune méfiance, plongera dans la gueule du loup et vivra l’insoutenable.
« Je l’ai entendu déglutir, et un voile est passé devant mes yeux tandis que les derniers fragments de ma vie d’insouciance s’envolaient. J’avais envie de hurler, pourtant je me taisais. Je voulais juste qu’il ne prononce pas les mots, mais il fallait que je sache, parce qu’il restait l’infime espoir que je me sois trompée.
-Sixitine a disparu. »
Les auteurs n’ont jamais fait dans la dentelle, et « Nos âmes au diable » ne déroge pas à la règle, bien au contraire. Le lecteur se retrouve, au gré des chapitres, avec la pauvre Sixtine, enlevée, séquestrée, ou avec Jeanne, notre narratrice, tentant de survivre à la disparition de sa fille. Rien ne sera épargné au pauvre lecteur : la descente aux enfers de Sixtine, les effets de la détention sur son mental, ses manies. Comment elle va perdre ses repères, comment elle va vivre le début de sa séquestration, entre la faim, la soif et cet homme. Sa vie, enfin est-ce une vie ? La mort sera-t-elle plus douce ? Quant à Jeanne, la culpabilité va la ronger, elle qui faisait toujours passer son travail avant tout le reste. Le corps de Sixtine n’ayant pas été retrouvé, elle n’arrivera pas à faire son deuil.
Alors, même si le sujet a été battu et rebattu dans le monde du thriller (et par les auteur eux-même avec leur série « Les voies de l’ombre », que je vous conseille d’ailleurs !), « Nos âmes au diable » dépasse tout. Car l’originalité est au rendez-vous. Le début commence assez banalement, ok, Sixtine est enlevée, mais une fois le décor planté, c’est l’apothéose. Les auteurs passent à la vitesse supérieure et nous montrent ce dont ils sont capables. Je ne m’attendais pas à cela. Leur talent est impressionnant. Cette lecture est transcendante, elle laisse des traces.
L’oppression et l’angoisse ne m’ont jamais quittée, allant crescendo après chaque chapitre. Mon cœur s’est serré, les larmes sont entrées en scène à bien des reprises, j’étais cramponnée à ma tablette. Je ne pouvais pas arrêter ma lecture, je voulais savoir, connaître cette vérité, et pourquoi pas, peut-être, espérer. L’âme humaine, dans sa plus vile noirceur, au-delà de toute croyance, nous est servie sur un plateau. En nous relatant le pire, les auteurs nous offrent le meilleur. Une écriture à quatre mains toujours aussi belle et envoûtante. La construction est implacable, c’est fluide, ça se dévore sans même s’en rendre compte.
Les thématiques gravitant autour de l’enlèvement sont nombreuses. Leur spectre balaye large, allant des relations de couple, à la famille, à l’amour, aux relations parent-enfant, à la place de la mère, à la justice.
Les personnages sont riches, Jeanne et Richard, en parents perdus, engendrent de l’empathie, j’ai voulu les aider à surmonter cela. Leur couple, déjà bancal avant, survivra-t-il ? Jeanne adhérera à un groupe de soutien, « La guilde des emmerdeurs », où elle fera la connaissance de Guillaume, papa d’un enfant lui aussi disparu. Dalhia, chargée de l’enquête, fera tout pour trouver la vérité, aussi sombre et dévastatrice soit-elle, quitte à mettre en péril sa carrière. Tous mettront leur âme dans le pot commun avec un objectif : retrouver le corps de Sixtine. Jeanne, en personnage pivot, va s’insinuer dans la tête du lecteur qui fera un véritable transfert, absorbant ses émotions, ses joies, ses terreurs, vivant à ses côtés chaque remise en question, chaque petite étincelle d’espoir, se dirigeant en la tenant par la main vers cette fin incroyable.
Et une fois le roman refermé, un grand vide, l’angoisse, toujours là, j’ai levé les yeux, observé mon jardin, pensé à mes enfants, versé une larme de plus, et songé à Jeanne. Il m’a fallu plusieurs longues minutes pour sortir de cette prostration, tenter de digérer ce tsunami d’émotions. J’ai fini cette lecture dimanche en fin d’après-midi, je n’en suis toujours pas revenue…
Vous voulez de l’angoisse ? Une aventure littéraire diabolique qui vous laissera ses stigmates gravés en vous ? Oserez-vous plonger dans « Nos âmes au diable » ?
« Ce qui est insupportable, c’est le mot « toujours ». On ne connaît pas sa vraie signification, pas avant d’être frappé par un drame. Dans la vie, on ne se projette pas jusqu’à toujours. »
Je remercie les Éditions Fleuve Noir et NetGalley pour cette lecture.
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