" Seul l’enfant était vivant. Il était incapable de parler. Adossé contre un mur, les mains sur les oreilles, il se balançait d’avant en arrière en se tapant le crâne sur la paroi. "
Antoine a douze ans lorsqu’il commet le geste fatal. Un acte irréfléchi, comme une réponse impulsive à une terreur inouïe. La lame d’un couteau qui s’enfonce dans le corps furieux de son père pour tenter de protéger sa mère, en vain. La première marche d’une échelle infernale. Maison d’arrêt, centre fermé pour mineurs, Antoine se retrouve ballotté au sein d’un système judiciaire qui ne fait pas le tri entre victimes et bourreaux. Antoine encaisse, se raccroche au tendre souvenir maternel. À une lumière qui lui échappe peu à peu. Combien de temps pourra-t-il tenir à distance la bête qui gronde en lui ? Saura-t-il saisir les mains tendues de celles et ceux qui veulent le protéger ? Qu’a-t-il à sauver, lui qui a déjà tout perdu ? Des chantiers navals de Dieppe à un ring de boxe de la banlieue parisienne, Christian Blanchard retrace l’itinéraire d’un jeune garçon égaré sur l’échiquier du bien et du mal. Un thriller social plein d’émotion, d’espoir, d’amour, de violence et de folie, pour conter, en filigrane, la France des années 1970.
Encore de l'excellence de la part d'un de mes auteurs préférés. On suit le destin d'Antoine, un gentil gamin vivant un évènement traumatisant, feu déclencheur d'une violence introvertie, qui pavera sa vie de cruauté, d'injustice et de malchance en général. Il est attendrissant, on s'attache, et l'on espère un "Happy End" en sachant que l'on se voile la face. Bourreau ou victime? Où est la limite?
Entrer dans le monde d'Antoine, c'est entrer dans la noirceur, l'injustice, l'enfance brisée et la triste réalité qui en résulte. Avec Antoine nous allons comprendre comment un geste de sauvegarde, un geste reflex effectuer par un enfant en danger, peut avoir des conséquences sur toute une vie. Antoine a douze ans lors qu’il commet un parricide, acte irréparable et impardonnable. La réponse de la société des années soixante-dix n'est pas à la hauteur, ou comment ajouter de la douleur à la douleur. Rien ne lui saura épargné pendant son séjour en institution pour mineur. Un terrible roman noir, thriller social nous dit-on qui vient prendre le lecteur à la gorge. En lisant cette destinée, j'avais en tête le « Fatalitas ! » de Chéri Bibi de Gaston Leroux car même si Antoine fera quelques belles rencontres, elles ne le sauveront peut-être pas. La famille Lerouet, famille d'accueil au grand cœur, ou encore le « Boss » de la salle de boxe. Ces repères masculins sont à la fois essentiels mais seront ils suffisant ? Ce livre me brûlait les doigts, lu d'une traite il a encore un fort impact quelques jours après ma lecture, le personnage d'Antoine revenant régulièrement dans mes pensées. J'ai aimé la construction du roman en alternance, avec Antoine se racontant dans des carnet numérotés et le récit écrit à la troisième personne. Très vite on comprend qu'il n'y aura pas de fin heureuse pour Antoine. Le personnage d'Antoine est magnifique, cet enfant cabossé trouve refuge dans les livres de Jules Verne, de Tarzan ou de Robinson Crusoé et plus tard dans la rédaction de ses carnets. L'auteur possède un indéniable talent pour écrire les choses qui font mal, qui blessent sans en rajouter avec un style qui colle au réel. C'est puissant et intense encore un livre qui montre ce que la vie peut avoir de pire. Bonne lecture.
Ce roman est bouleversant, dramatique est inquiétant. On comprend au travers de l'histoire d'Antoine comment la noirceur, la violence de ses actes l'on conduit. Il y a malheureusement combien d'Antoine qui vivent les mêmes traumatismes dans l'enfance, et ne sont pas préparés à la vie qui les attend.