“Les ados ne s’intéressent à rien. Ils sont distraits, accros aux jeux vidéo et à leurs smartphones.” Bravant cette idée reçue, Marco Martinelli décide, à partir du début des années 1990, de faire se rencontrer des adolescents de toutes origines sociales et géographiques autour de textes classiques ou modernes. Dans ce témoignage bref, aussi bien manifeste que récit personnel, il relate la genèse et le fonctionnement de sa pédagogie, la non-école. Elle lui a valu une reconnaissance en Italie puis à l’international, de la Belgique au Sénégal jusqu’aux États-Unis.
Ici, où transparaissent son amour de la scène et sa passion de la transmission, Marco Martinelli met en évidence les bienfaits du brassage culturel et ethnique. Aristophane dans les banlieues montre que ces jeunes, à défaut de changer le monde, peuvent se sauver eux-mêmes par l’exercice du théâtre.
Cet ouvrage est d'abord l'histoire d'un très beau parcours de vie : deux jeunes qui se rencontrent au Lycée Classique, s'aiment, partagent un amour pour les classiques, se marient, et se mettent, ensemble, à faire du théâtre, du théâtre vivant... Sur leur parcours d'expériences théâtrales, Marco finit par se retrouver à devoir faire faire du théâtre aux adolescents d'une école de leur ville. Quelle approche prendre, comment leur faire aimer le théâtre, comment les inciter à venir, et surtout, comment leur donner envie de travailler dans les classiques ? Marco prend l'approche de la "non-école" : participation volontaire (mais si tu viens, tu joues le jeu et tu t'impliques), liberté pour chacun de s'exprimer dans sa langue jargon ou dialecte, liberté pour chacun de jouer avec les répliques des textes... Les adolescents avec lesquels il travaille se donnent tout entiers au projet du théâtre de la non-école, et se rendent compte qu'ils ont tout à partager avec les classiques, tout en commun avec les anciens et leurs expériences de vie... On se laisse transporter avec eux dans l'amour, le retomber-en-amour avec Aristophane, Eschyle, Molière,...
"Les Anciens n'aiment pas croupir dans les musées, croyez-moi. Le faux respect les irrite. Ils ont désespérément besoin que quelqu'un les fasse jouer à l'air libre, ils n'en peuvent plus de ces cages suffocantes de vénération et d'oubli où nous les avons emprisonnés."