des bouts de peine plein la poitrine j’ai traîné mes blues en petite culotte sur le balcon
mon cœur lo-fi qui griche tout le temps qui feedback dans nos silences radio
sur nous les jours se tracent comme des phrases pas de verbe qui se prennent pour des vers
Couchés en étoile dans la combustion lente des jours, c’est un carrousel de catastrophes amoureuses et de déracinements, qui s'enchaînent dans une chronologie un peu tordue de la vingtaine où la tendresse et la colère parviennent, malgré tout, à coexister.
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Parce que dans un monde où tout s’effondre autour – et parfois même en dedans –, on arrive encore à ne pas mourir. Et, devant ce qui brûle, à faire griller des guimauves sur les braises.
Après une prolifique carrière d’autrice-compositrice interprète de chansons improvisées sur des cassettes à ruban, Sophie Jeukens a écrit son premier roman à l’âge de six ans – un thriller policier mettant en scène le dramatique sabotage d’une serrure d’appart avec de la gomme balloune.
À trente ans, elle a fait un enfant. Entre les deux, elle a fait paraître des poèmes dans les revues Jet d’encre et Le Sabord, ainsi qu’un mini-recueil intitulé Kérosène, aux Éditions Fond’tonne, et créé La gueule à la beauté, un spectacle de poésie sur fond d’échafaudages vocaux. Elle est l'autrice de Couchés en étoile dans la combustion lente des jours, paru aux Éditions de Ta mère au printemps 2022.
Top 3 meilleurs recueils de poésie pour moi, avec ceux -Marcher pieds nus sur nos disparitions et La nuit fait semblant de mourir- (mais c'est impossible pour moi de choisir) de Lyne Richard et Quand je ne dis rien je pense encore de Catherine Readman Prud'homme. Ça m'a énormément parlé. J'ai eu l'impression de lire des pages sur ma vie de 17 à 27 ans. J'en veux plus. Lecture mémorable et pleine de sentiments.
4.5 étoiles - De toute beauté. Seul défaut: c'est trop court. Seule interrogation: pourquoi le titre est-il au masculin pluriel si ce carrousel très caractéristique des premiers troubles amoureux semblent concerner deux coeurs féminins?
"nous avions déjà l'intimité des amantes"
"je suis allée jusqu'à tes pôles là où tu devenais tranquillement une autre"
« on choisit pas les enfarjures de la mémoire le poids de l’absence sur la tempe
les jours distillés goutte à goutte au goulot des secondes
la cendre qu’on mange à la pelleté pour oublier ce qui brûle »
L’auteure a transmis les blessures physiques qu’un état mental aura sur une personne en mauvaise relation, et en si peu de page. Je devrais dire que c’était lourd à lire, mais c’était apaisant. Comme si elle secouait ce qu’elle avait garder depuis trop longtemps hors de son esprit. On sentait les cicatrices. J’étais dans son univers jusqu’à la dernière page, c’était très joli.
"Mon coeur lo-fi qui griche tout le temps qui feedback dans nos silences radio."
Je vais essayer de vous résumer sommairement de quoi ce recueil de poésie parle, mais avec ma vision de cynique endurcie.
Les relations amoureuses, c'est un peu comme avec l'état de la planète. On essaie de survir en attendant que ça pète.
Suivez-moi pour d'autres pensées positives 😏.
Plus sérieusement, la prose de l'autrice est quand même moins pessimiste que moi. Ça n'effacera pas les peines de coeur, mais peut-être que ça peut aider à les cicatriser un peu.
Difficile à commenter parce que c'était très beau à lire en terme de mots et vivacité phonétique, mais si ardu à lire au niveau du sens. C'est ce qui en fait une oeuvre à lire!
J’ai beaucoup aimé ce recueil! Des images fortes et touchantes à travers les poèmes. J’aime beaucoup le fait que l’autrice a mis des éléments de son quotidien à travers le poème comme le petit bout de la chanson de Frank Sinatra. C’est un élément qui me permettait de m’imprégner des sentiments de l’énonciateur et du contexte, ça me permettait d’avoir des images claires en tête!