Paris, fin du 19e siècle, au 19 faubourg Montmartre, deux jeunes gens sont très amoureux. La jeune fille est une grisette, une petite couturière, jolie Normande devenue Parisienne, et tombée amoureuse d’un voisin qui travaille dans un cabinet d’avocats dans le même immeuble. Un monde les sépare, celui de l’argent, celui du statut social, celui des origines. On pense inévitablement à l’intrigue de La Dame aux Camélias. Cet amour est beau, désespéré, sans issue.
Dans le Paris pre-Corona, leur histoire n’existe plus que par le truchement d’un paquet de lettres qu’une trentenaire créatrice de bijoux, Amanda, vient de découvrir dans un compartiment caché de sa cheminée. On connait déjà Amanda, elle est la soeur de Violette, l’héroïne du roman précédent de Tonie Behar, Si tu m’oublies. On croise d’ailleurs pas mal de personnages de ses autres romans, et c’est un réel plaisir de lecteur. Amanda trouve aussi avec ces lettres d’amour, une merveilleuse bague couleur de lune.
La jeune femme vient de se faire plaquer par son petit ami, avocat d’affaires. Peu de temps après, un terrible drame survient. Amanda, terrassée, fait face à une vérité crue, qui trouve son point culminant dans la perte de cette belle bague, laquelle vient tout droit d’un passé qui la fascine. Est-ce que l’esprit de Joséphine, la petite grisette, va l’accompagner dans cette recherche ? Et comment une histoire d’amour de presque deux siècles peut avoir une incidence dans le présent ?
Le titre de ce nouveau roman de Tonie Behar fait référence à Guy de Maupassant, et cela suffit à nous séduire dès les premières lignes. La romancière nous emmène avec son dernier opus en terrain connu, au 19 faubourg Montmartre, lieu de nombre de ses livres, mais réussit en même temps le tour de force de nous faire voyager dans le Paris du 19e siècle. Il faut être une véritable virtuose des mots pour mener de front deux récits, deux époques, deux destins qui s’entremêlent dans le temps, et Tonie Behar en possède incontestablement les précieuses qualités.