La nation qui n'allait pas de soi traverse l'histoire du Québec, de la Conquête à nos jours, s'attachant à montrer, notamment sous la plume de ses grands historiens, politiciens et intellectuels, la présence et l'influence de ce que l'auteur appelle la mythologie politique de la vulnérabilité.
Une thèse centrale du livre est en effet que la perspective de sa propre disparition a été un élément moteur de l'action politique qui a permis à la nation québécoise de s'affirmer et de perdurer. À l'inverse, le fait de considérer, sociologiquement, linguistiquement et, bien entendu, politiquement, la nation québécoise comme un acquis ferait émerger un risque existentiel inédit. Or l'auteur repère dans l'histoire récente du Québec les marques de cette assurance qu'aucun fait objectif ne vient étayer, bien au contraire.
Excellent livre d’Alexis Tétreault. L’auteur prouve clairement ce qu’il se propose de faire, c’est-à-dire de démontrer que la peur des Québécois de disparaître dans une mer canadienne et anglophone a été l’un des grands moteurs des nombreuses démarches nationalistes et indépendantistes de notre histoire.
Le livre se termine par cette phrase : « Renouer avec le sentiment de vulnérabilité, c’est renouer avec l’espoir de voir un jour notre pays participer au concert des nations dans sa dignité reconquise. » (p.250)
Nous serions sage de ne pas croire que l’existence du Québec francophone et laïque va maintenant de soi, car nous demeurons toujours minoritaire dans un Canada aux idéologies différentes et opposées. L’énorme anglicisation de Montréal et de Laval, en plus de la très forte possibilité de voir les juges canadiens renverser la Loi 21, pourtant voté et aimé par la majorité des Québécois, sont à elles seules des preuves que notre survit en tant que nation ne va pas encore de soi.
Prendre note que l’auteur prend pour acquis que le lecteur connaît l’histoire du Québec et certains des enjeux politiques et sociales significatifs du passé.