D'abord les notes de tête. Puis celles de cœur. Enfin les notes de fond. Jean-Louis Fargeon a mené sa vie comme on compose un parfum, tout en équilibre, tout en subtilité. D'abord c'est la lavande de Montpellier – où il naît, en 1748. Puis c'est l'égout parisien – où il fait ses classes, séduit les élégantes par ses lotions et poudres, parmi lesquelles la comtesse Du Barry, qui s'entiche de ses talents. On dit de la Dauphine, la future Marie-Antoinette, qu'elle est fort coquette : Fargeon, républicain dans l'âme, en servira malgré tout la beauté naturelle – avant que tout ne s'évapore, dans l'odeur métallique du sang...
Je trouve ce livre fascinant pour plusieurs raisons. La première est la perspective captivante qu’il offre sur la Révolution française. L’Ancien Régime, la Révolution et la période de la Terreur sont présentés à travers le regard d’un bourgeois, maître parfumeur et fournisseur de parfums de la Maison de la Reine. Cette approche humanise l’événement historique sans pour autant perdre la rigueur de son récit.
Une autre raison réside dans les descriptions vivantes des relations sociales entre la cour, l’entourage des nobles et la bourgeoisie. Elles me rappellent certaines histoires racontées dans la littérature, comme dans les œuvres théâtrales de Molière.
Enfin, pour ceux qui sont passionnés par la parfumerie, le livre regorge de références aux processus de fabrication du parfum, aux essences, aux fragrances, aux mélanges et à la construction des créations. Ces détails sont à la fois curieux et agréables.
Il est évident que l’écrivaine a effectué de nombreuses recherches pour écrire ce livre. L’œuvre est vraiment excellente.