Marguerite, fille et petite fille d'enlumineurs, vit sur le pont Notre-Dame. Son frère jumeau est épileptique. Marguerite le veille, le maintient littéralement en vie. Sa mère préfèrerait que Marguerite soit malade plutôt que son fils. Elle harcèle et accable sa fille. Pour compenser et conjurer cet enfermement, Marguerite s'arrime à la manifestation primordiale de la vi qu'est la lumière, la couleur. Elle va gagner sa place dans l'atelier familial, non sans peine. Toute sa vie, elle marche sur une ligne de crête, un chemin borné par le pont Notre-Dame et le Petit Pont. Chaque jour elle traverse l'île de la Cité, de l'atelier d'enluminure à l'apothicairerie de son parrain où elle vient s'approvisionner en pigments. Jusqu'au jour où elle rencontre Daoud. Un maure - l'ennemi absolu. Histoire, portrait de femme, amour des couleurs et de la vie, art du livre, le nouveau roman d'Anne Delaflotte-Mehdevi possède un véritable charme.
Paris, fin du XV e siècle , Marguerite, fille et petite-fille d'enlumineurs, ne rêve que d'une chose : rejoindre l'atelier familial du Pont Notre-Dame et travailler à son tour la couleur et les différents pigments que fournit son parrain apothicaire. Contre la volonté de sa mère,qui ne pense qu'à la marier, mais soutenue par son grand-père qui a décelé son talent artistique naissant, la jeune fille s'affirme petit à petit dans ce monde exclusivement masculin et participe à son tour à la minutieuse enluminure des Livres d'Heures de riches commanditaires.
Portrait d'une jeune femme passionnée et volontaire, immersion dans le monde de l'art à l'aube de la Renaissance (évoquée par les débuts de l'imprimerie ou les voyages de Christophe Colomb), le court roman d'Anne Delaflotte Mehdevi est un sympathique moment de lecture mais je le rangerais bien dans la catégorie livre jeunesse.
3,5 ⭐️ Je pense qu’on pourrait le qualifier de livre d’apprentissage. Marguerite grandit dans un Moyen-Âge qui ne laisse pas de place à la femme en tant que personne libre et indépendante. Pourtant, très jeune elle sait déjà se battre - ou du moins ruser - pour mener sa vie comme elle l’entend, en plaçant sa passion pour la peinture au coeur de chacune de ses décisions.