Dans un village à la lisière de la civilisation, Michaël, fils d'une veuve, clôt son enfance par un exploit. Tous pensent alors que s'ouvre à lui un destin à remuer le monde. Mais la nature, l'amour et l'amitié bouleversent la destinée de ce jeune berger.
A rebours de son époque remplie de ressentiment, Ernst Wiechert cueille les humbles dans les lueurs douces de sa frappante écriture. Roman d'un berger dispense en d'intenses mélodies une leçon intemporelle : mieux vaut chérir le monde que de le conquérir.
Emu par la sagesse fougueuse de ce livre et par ses élans dignes de Cormac McCarthy, Franck Bouysse signe ici une préface qui fait entendre la note vibrante de cette noce en l'honneur des vaincus et du vivant.
Ernst Wiechert was a German teacher, poet and writer.
His popular novels urged the virtues of simplicity, humility, and ideal love. Despite a three‐month internment in the concentration camp Buchenwald for his openly expressed criticism of the Nazi regime, he is a controversial figure whose status as a dissident has been questioned because of his enduring popularity and success as a published author under the Nazis. Nevertheless, all his work bears testimony to his defiant defence of his beliefs, including the immensely successful Das einfache Leben (The Simple Life, 1939), which advocated living a good life as an answer to the sickness of the age, a guiding light for humankind lost in the gloom of despair. His critical writing survived, buried in his garden, to be published after the war: Die Jerominkinder (The Earth is Our Heritage, vol. i, 1945, vol. ii, 1947) and Der Totenwald (The Forest of the Dead, 1945), a mainly autobiographical record written expressly as a literary chronicle of Buchenwald and a memorial to the dead. Disenchanted with post‐war developments in Germany and the hostile attitude towards his attempts to promote an honest coming‐to‐terms with the Nazi past, he emigrated in 1948 to Switzerland, where he died in 1950.
« La prairie appartient à tout le village. Elle touche au lac et semble jaillir du rivage comme une flèche qui file dans la forêt. Le gazon est chaud, et des araignées courent sur les brins d'herbe. La forêt s'étend derrière eux, comme un monstre, et les oiseaux qui se préparent à dormir agitent doucement le feuil-lage. L'eau noire du ruisseau coule et fuit au pied des aulnes, et le premier héron atterrit dans les roseaux, en poussant son cri enroué. Du brouillard flotte aux pieds des chevaux : au-dessus de ces linges blancs, leurs corps enflent en des formes gigantesques.
Michaël bourre sa petite pipe de bois avec du trèfle séché. Il fume, étendu dans l'herbe, appuyé sur son coude droit. »