Un quartier connaît plusieurs vies successives. Ainsi, à Montréal, après avoir longtemps hébergé des populations ouvrières, le Plateau Mont-Royal et, plus récemment, Saint-Henri, se sont mis à accueillir des ménages de plus en plus aisés. Qu'advient-il des populations originelles ? Elles sont évincées, de manière directe, notamment avec les « rénovictions », ou indirecte, parce qu'elles ne peuvent pas, par exemple, se permettre de fréquenter les nouveaux commerces alors que les anciens ferment les uns après les autres. Le privilège de siroter un latté à l'avoine sur une terrasse à deux pas de son plex ou de sa n'est pas donné à tout le monde…
Excellent essai sur l'enjeu complexe qu'est la gentrification. Les deux auteur-es dressent un portrait nuancé de la gentrification à Montréal, ancré dans l'histoire des quartiers et bonifié par le récit de gens qui y habitent ou y habitaient. Je cherchais depuis longtemps une lecture moins militante de la gentrification, qui prend en compte le fait que ce phénomène résulte au moins partiellement de l'action de gens qui ne cherchent qu'à améliorer la qualité de vie dans leur quartier, et j'ai été servi avec Gentriville. Le livre a aussi élargi mes horizons, notamment en mettant en lumière les origines douteuses des politiques visant à favoriser la mixité sociale.
Je recommande chaleureusement sa lecture aux personnes qui s'intéressent à l'aménagement urbain, aux politiques sociales et/ou à l'histoire de Montréal.
Livre bien documenté qui renseigne sur les différents processus de la gentrification. Le livre se concentre sur le cas de Montréal. Si, comme moi, vous avez envie d'en apprendre plus sur une autre ville, je vous recommande l'article « La gentrification atypique de Québec entre 1971 et 2016 : portrait d’une ville polycentrique de taille moyenne » par Louis-Pierre Beaudry disponible sur le site érudit.org.
Un portrait très juste et captivant de la gentrification à Montréal, principalement. Si on veut lire un résumé de la situation, c'est cet essai qu'il faut lire. Je le recommande surtout aux gens comme moi, des gens de la classe moyenne/moyenne-supérieure habités d'une certaine conscience sociale... et gentrifieurs malgré eux.
Il y a quelques mentions d'autres villes du Québec, mais l'essai porte principalement sur Montréal.
(J'utilise à dessein le terme « gentrification » et pas « embourgeoisement » parce que, comme le démontrent les auteurs, ce ne sont pas majoritairement des bourgeois qui amènent ce phénomène dans les quartiers centraux. Si on voulait être juste et garder la racine française, j'imagine qu'on devrait parler d'un « petit-embourgeoisement » vu que c'est cette population qui est un acteur important de ce phénomène.)
Deuxième livre que j'ai acheté cette année à la journée d'achat du livre Québecois. Il s'agit d'un essai sur le phénomène de la gentrification, en prenant comme figure d'exemple la ville de Montréal. Je crois sincèrement qu'à moins de bien connaître Montréal et ses quartier, voire d'y habiter, la lecture de cet ouvrage perdra de la valeur. Les phénomènes décrits sont toutefois applicable à d'autres villes, bien que la vitesse de la gentrification des quartiers et des villes vont dépendre d'une multitude de facteurs.
En se basant sur des ouvrages d'experts sur la question, en plus d'entretiens avec divers spécialistes et acteurs habitant la ville, on arrive à une lecture à la fois académique et personnelle de la gentrification. Plusieurs réflexions sont intéressantes, notamment sur la quête d'authenticité des gentrifieurs venant eux-mêmes diluer cette authenticité en s'établissant dans les quartiers, ou encore comment les promoteurs immobiliers viennent encourager à consommer un quartier plutôt qu'y vivre.
La gentrification se fait par vague, et essentiellement devient toxique lorsque le marché vient s'emparer du parc immobilier sans se soucier d'un sain développement. L'abandon des politiques d'habitations sociales pour la notion floue de "logement abordable", qui ne l'est jamais vraiment, est un autre coup pernicieux pour la mixité sociale, qui est finalement un concept assez unidirectionnel. Bref, à lire pour tout Montréalais ou connaisseur de Montréal s'intéressant aux changements s'opérant dans le développement de la ville.
Probablement l'essai essentiel dont on avait de besoin en ces temps de frénésie spéculative et immobilière.
Gentriville, c'est fondamentalement une enquête sociologique et urbanistique, étayée par une recherche documentaire exceptionnelle, et modulée sur le temps. On salue bien bas Sterlin et Trussart pour la diligence de leur travail de documentation, pour le temps qu'ils ont investi dans leur livre et par la qualité de l'analyse fournie, très loin des raccourcis idéologiques "gauche caviard" que l'on aurait pu nous sortir.
Texte très complet, qui fait le tour du sujet de gentrification sous plusieurs angles et qui en explique complexité. Certaines parties plus denses, comme celle sur l’histoire de certains quartiers au début, auraient bénéficié de plus de cartes, de photos et de tableaux pour mieux illustrer certains points. Ceci dit, c’est un essai essentiel pour quiconque s’intéresse au phénomène ou même habite dans les quartiers décrits dans le livre.
Disclaimer: J'ai reçu une copie du livre en service de presse.
Le processus de gentrification des quartiers centraux de Montréal décrit et expliqué de façon captivante. Une foule de petits détails témoignent de la somme de recherche qui est allée dans ce livre. J'ai vraiment aimé.
Un livre bien documenté, sans raccourci. J'ai particulièrement aimé les deux derniers chapitres sur les causes économiques de la gentrification et le rôle des institutions publiques. Un gros plus aussi pour l'historique des quartiers centraux à Montréal.
J'aurais donné 7 étoiles. Tout aussi intéressant que didactique.
Les sujets liés à la gentrification abordés dans ce livre sont divers et renseignés. Les auteurs l'abordent sous des angles historiques, politiques, économiques, culturels. J'avais l'impression, non pas de lire un livre, mais de parler avec un.e ami.e extrêmement bien renseigné.e sur le sujet. L'écriture est proche de la lectrice ou du lecteur Montréalais.e et de sa réalité. Nos préoccupations, et nos implications dans cette gentrification.
*Je suis d'avis que le livre plaira davantage aux personnes habitant ou connaissant Montréal. Toutefois, on peut assurément utiliser les concepts abordés pour s'intéresser à aux impacts de ceux-ci sur d'autres villes.*