En un mot : une bombe.
Résumé en une phrase : une réécriture de Roméo et Juliette, entre deux hommes, sur fond de conflits mafieux dans un Londres des temps modernes.
Contexte : je suis à l’hôpital, dans un service de psychiatrie pour courts séjours, après avoir pris trop de médicaments. Je suis épuisée, abattue. Je n’ai foi en rien, et surtout plus en la lecture, qui m’a fait rêver pour rien. Et me voilà, sur ce foutu lit, avec seulement mon téléphone, rien pour occuper mes journées. Après quelques recherches, je tombe sur l’intégrale de Lovers, à l’époque qui n’existe qu’au format numérique. Il faut bien faire passer le temps, alors je me lance, et là…
Lovers, c’était ma claque personnelle. J’ai vu tellement de moi en Daël, en Lior, dans leur relation, aussi passionnelle, tumultueuse que fragile, j’avais l’impression de lire mon propre combat d’amour, mon moi contre moi. Je me suis lue, reconnue, c’était si fort pour moi.
Je salue la qualité d’écriture de Florie, sa subtilité, sa sensibilité, sa plume délicate qui oscille avec virtuosité sur l’échelle de la colère, de la souffrance, de la tristesse, mais aussi de la joie, du rire, de la déception… Toutes les émotions, Florie sait les retranscrire avec justesse, à travers la foule de personnages qu’elle nous présente.
Il y a Lior (une petite tête de con, bien adorable, mais un petit con quand même, qu’on se le dire), ses addictions, l’ennui et la futilité de sa vie, son incompréhension, lui qui a grandi dans les conflits tout en étant épargné, qui subit un système où il ne se retrouve pas, qui s’annihile en tant que personne, pour se résumer à sa drogue, car c’est plus simple, finalement, d’être anesthésié. Lior et sa chanson, sa si belle chanson…
Il y a Daël, sa colère, son ambition – ou tout du moins, l’ambition qu’on a construite pour lui -, dans ses beaux costumes, qui veut bien faire, à qui on ordonne de bien faire, mais qui est rongé par cette guerre, par ses enjeux, Daël qui parfois voudrait juste qu’on lui foute un peu la paix.
Il y a la rencontre, ces deux personnalités, que tout oppose, et puis finalement, ils se trouvent, se reconnaissent, peut-être que tout était déjà prévu pour eux, peut-être qu’ils se connaissaient déjà dans une vie.
Autour d’eux, des parents, des cousins, des frères et sœurs – et leurs histoires d’amour, de haine, d’ambition, le conflit entre les deux familles au cœur de tout, entre deux verres de whisky et un rail de coke.
Le résultat est fort, il soulève le cœur, il nous rend impatient de tourner la page, nous terrasse comme il nous emporte, et si je devais garder une leçon de Lior et Daël, c’est de prendre le large quand la barque arrive, et peu importe si c’est une rivière ou l’océan qui nous attend, tant qu’on est deux, on peut l’affronter.
Merci Florie.