Bran, prince de Lonan, tombe sous le charme de Sile, la princesse de Riveste. Malheureusement, à la suite d'un conflit, Sile se retrouve promise à Ianto, le frère aîné de Bran. De cet amour impossible va naître une chanson de geste faite d'amour et de guerre et impliquant les quatre royaumes, probablement rêvée par les trois géants endormis, gardiens des histoires d'Oestant.
Une lecture vraiment adorable que j'ai grandement appréciée. Si je ne lui met que 4 étoiles pour les raisons que je développerais plus bas, sachez qu'en fonction de vos attentes, vous pourrez peut-être monter à 5 étoiles (ou bien descendre drastiquement la note). Pour être honnête, j'aurais pu lui mettre 4,5 pour récompenser l'objet-livre qui est magnifique.
Le Chant des géants nous propulse donc directement en pleine action dans l'île d'Oestant ou quatre royaumes alternent périodiquement des cycles de guerre et de paix. Le moins que l'on puisse dire est que l'ambiance celtique est d'emblée prégnante et apporte un cachet fou à cette histoire. L'intrigue nous est proposée sous la forme d'un conte relaté par deux personnes différentes, ce qui marche plutôt bien pour expliquer l'absence de certains détails ou bien la présence de grandes ellipses temporelles par moment. J'ai d'ailleurs personnellement lu ce roman au coin du feu, ce qui qui m'a encore plus plongé dans l'ambiance. Bien que très classique, j'ai beaucoup aimé cette histoire d'amour et de haine que nous propose ici l'auteur et qui ne sera pas sans nous rappeler des références de la littérature, Tristan et Iseult en premier lieu. D'aucun pourront dire, avec raison, que les personnages manquent de développement mais comme nous sommes clairement dans un conte récité le soir dans une taverne, cela semble somme toute logique, même si j'ai été un peu déçu de la facilité avec laquelle Sile tombe amoureuse. Le personnage de Caem est probablement celui qui est le plus ressorti du lot à mes yeux, même si son background est assez vite deviné au final.
Outre l'histoire d'amour, Le Chant des géants nous propose une intrigue politique avec de nombreuses batailles et ce fut là à mon sens l'un de ses points forts. J'ai en effet beaucoup aimé ces affrontements massifs avec charge de cavalerie et combats au corps à corps, de loyauté et de trahisons. Cela fait longtemps que je n'avais plus eu de lecture me procurant ce sentiment. Je tiens d'ailleurs à signaler l'excellence du roman dans sa dernière partie qui sait parfaitement marier l'intrigue militaire et l'intrigue sentimentale pour proposer au lecture un dernier tiers particulièrement sombre et dur !
Malgré toute ces qualités, et ce que j'ai pu avancer en guise de défense ci-dessus, je n'ai pu m'empêcher d'être quelque peu déçu par la superficialité du world-building et les personnages de ce roman. Certes c'est un conte comme je l'expliquais mais bon sang que j'aurais aimé en savoir plus sur beaucoup de points, à commencer par les fameux Immortels, qu'on ne fait finalement qu'entrapercevoir, ou encore Morfessa, le Merlin local qui semble intéressant mais ne fait finalement pas grand chose... J'avoue avoir attendu beaucoup plus de cet univers que ce que l'auteur a finalement consenti à me donner.
Le Chant des géants est donc selon moi un livre bourré de qualités mais qui ne va peut-être pas au bout de ce qu'il avait à proposer. Si vous chercher une histoire simple sans univers trop compliqué, foncez il vous ravira pour quelques heures de son histoire tragique. Si à l'inverse vous n'aimez que les univers profondément détaillés et complexes, vous risquez fortement d'être déçu. Cela reste un très agréable moment pour ma part et je n'exclue ni de le relire, ni de lui rendre sa dernière (demi)-étoile à l'occasion de cette possible future relecture!