Jeune quinquagénaire, Jacinthe découvre la course à pied. « Elle change », note Bernard, son conjoint, dans un carnet qu'il remplit pour se distraire parce que la vie lui semble fade depuis qu'il a vendu sa librairie. Pour tromper l'ennui, il adopte un chat, qui le tient au chaud quand il écrit. Plus il note ses observations, plus il craint de perdre Jacinthe, qui se transforme. Aidé du marchand de tabac, son allié, Bernard prépare sa révolte. Tandis que l'une revit, l'autre sombre.
La sueur est un désir d'évaporation conjugue suspense et mélancolie dans un récit tout en délicatesse.
Le coup de maître c’est de nous faire prendre en pitié le narrateur. Bernard est un pauvre retraité mal aimé qui s’ennuie. Il veut un chat! Quel être adorable.
Mais plus le roman avance, plus on comprend que tout est de sa faute. Il n’a pas d’amis, son fils ne lui parle plus- pourquoi? Et ce snobisme de musique classique et de lettres qui le pousse à détester l’idée même du sport.
Ça culmine en misogynie pure et dure. C’est brutal et payant. C’est rare de passer de l’empathie à la pitié à la colère en si peu de pages. Chapeau.
Lu dans l’espace de 24 heures, j’étais accrochée aux personnages dès les premières pages. J’ai eu beaucoup d’empathie intialement pour Bernard, mais également pour Jacinthe. Le déroulement de l’histoire m’a même prise par surprise à quelques reprises.
C’est la lecture parfaite pour l’automne. Anne Genest a une plume réconfortante. Chaque mot est choisi avec soin.
Le dernier chapitre est du bonbon pour les coureuses comme moi. ❤️
J’avais initialement mis un 3 et j’ai changé pour un 4. Parce que j’ai vraiment détesté Bernard. Il m’a dégoûté. Ce livre et d’une laideur beige et misogyne. C’est troublant.