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Les furtifs

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Ils sont là, parmi nous, jamais où tu regardes, à circuler dans les angles morts de la vision humaine. On les appelle les furtifs. Des fantômes ? Plutôt l'exact inverse : des êtres de chair et de sons, à la vitalité hors norme, qui métabolisent dans leur trajet pierres, déchets, animaux ou plantes pour alimenter leurs métamorphoses incessantes. Lorca Varèse, sociologue pour communes autogérées, et sa femme, Sahar, proferrante dans la rue pour les enfants que l'Education nationale, en faillite, a abandonnés, ont vu leur couple brisé par la disparition de leur fille unique de quatre ans, Tishka - volatilisée un matin, inexplicablement. Sahar ne parvient pas à faire son deuil alors que Lorca, convaincu que sa fille est partie avec les furtifs, intègre une unité clandestine de l'armée chargée de chasser ces animaux extraordinaires. Peu à peu, ils apprendront à apprivoiser leur puissance de fuite et à renouer, grâce à eux, avec ce vivant que nos sociétés excommunient. Les furtifs nous plonge dans un futur proche où le libéralisme et la technologie n'ont jamais aussi bien maximisé nos servitudes volontaires - sous couvert de libération !

929 pages, Paperback

First published April 18, 2019

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About the author

Alain Damasio

35 books495 followers
Alain Damasio, né Alain Raymond le 1er août 1969 à Lyon, est un écrivain français de science-fiction. Il choisit ce patronyme en l'honneur de sa grand-mère Andrée Damasio.

Né d'un père carrossier et d'une mère agrégée d'anglais1, Alain Damasio obtient un bac scientifique. Après une classe préparatoire HEC, il intègre l'ESSEC, qu'il quitte en 1991. Il choisit de s'isoler (d'abord dans le Vercors puis à Nonza, en Corse) pour s'adonner à l'écriture. Son domaine de prédilection est l'anticipation politique. Il marie ce genre à des éléments de science-fiction ou de fantasy.

Jeune, il écrit de nombreuses nouvelles. Son premier texte long vendu à plus de 50 000 exemplaires est La Zone du dehors, roman d’anticipation qui s’intéresse aux sociétés de contrôle sous le modèle démocratique (inspiré des travaux de Michel Foucault et Gilles Deleuze).

Son second livre est récompensé par le Grand prix de l'Imaginaire 2006 dans la catégorie Roman. Il s'agit de La Horde du Contrevent (roman accompagné d'une bande-son composée par Arno Alyvan), véritable succès public qui s'est vendu à plus de 100 000 exemplaires2, régulièrement cité dans les incontournables de la science-fiction française.

En 2008, il pose sa voix sur Bora5, un morceau de musique de Rone. En 2009, il écrit La Rage du sage (essai politique et poétique sur notre époque) pour le single gratuit Memento mori du groupe SLIVER.
Alain Damasio scénarise également Windwalkers, un film d'animation tiré de La Horde du Contrevent, avec Jan Kounen à la réalisation et Marc Caro à la direction artistique.

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1 star
74 (3%)
Displaying 1 - 30 of 254 reviews
Profile Image for Lauren Remark.
20 reviews7 followers
April 21, 2019
2019 devait être mon année de la Science-Fiction, et si nous ne sommes qu’en avril, je suis intimement convaincue que Les furtifs sera mon livre de l’année. Quinze ans après La horde du contrevent, Alain Damasio nous livre une dystopie glaçante de réalisme où le futur se fait bien trop proche. Un futur où les entreprises rachètent les villes et pénètrent à coup d’ultra-connectivité et sous couvert d’ultra-optimisation dans nos foyers, nos vies et nos têtes. Rien de totalement neuf sous le soleil ? Peut-être, mais quelle parfaite remise au gout de 2019. La critique est évidente, sans détours, parfaitement ancré dans l’actualité. Un futur parfaitement plausible. Et proprement terrifiant.

Lorca et Sahar ont vu leur couple brisé par la disparition de leur fille unique de quatre ans, Tishka – volatilisée un matin, inexplicablement. Sahar ne parvient pas à faire son deuil alors que Lorca, convaincu que sa fille est partie avec les furtifs, intègre une unité́ clandestine de l’armée chargée de les chasser et d’en découvrir les secrets. Là, il va découvrir que ceux-ci naissent d’une mélodie fondamentale, le frisson, et ne peuvent être vus sans être aussitôt pétrifiés. Qu’ils sont des êtres de chairs, de vitesse, vivant dans les espaces de liberté de nos angles morts.

Nous suivons particulièrement Lorca et sa quête est l’enjeu central de la narration : c’est celle d’un père qui refuse de renoncer et qui veut retrouver sa fille. Quoi qu’il en coûte, quoi qu’elle soit devenue. La paternité et la parentalité par le prisme croisé de Sahar sont au cœur du récit. C’est une histoire d’amour de bout en bout, de résilience, d’acceptation, d’ouverture. C’est en grande partie ce qui m’a touché. Les personnages sont vrais, humains, dans leur grandeur et leurs erreurs, ils sont authentiques. Les paragraphes alternent les points de vue, et on se fera rapidement au fait qu’ils sont signalés par des ponctuations, des points, des signes, différents selon les personnages, au point de ne plus avoir besoin du récapitulatif des noms/signes.

Sans aucun doute, la force du récit c’est le souffle qui le porte. Le rythme, la musicalité dans un style irréprochable. On est embarqué dans chaque phrase, on glisse d’un mot sur l’autre, s’arrêtant parfois sur la poésie d’un segment, la force d’une conviction, la terreur d’un concept pointé du doigt, et on glisse d’une phrase à l’autre, d’une émotion à la suivante. La langue est ciselée, incroyablement, mais que pouvions nous attendre d’autre ? Elle réussit à porter la voix de chaque personnage, à le faire parler, à le faire sonner de manière radicalement différente, à former un récit polyphonique où le thème de chacun ne brise aucunement l’harmonie générale. Chacun porte sa voix, qui ses tics de langages, qui son franglais, qui son franc parler, sa langue natale qui ressort et se fond parfaitement dans la narration. Cela nous amène d’autant plus à s’attacher aux personnages, à leurs voix si reconnaissables. C’est une expérience de lecture multi-sensorielle, le récit fait clairement appel à tous les sens, et j’ai particulièrement hâte d’écouter la bande son (que je n’avais pas dans mes épreuves).

Si la forme est impeccable, les jeux de langages incroyables, la musicalité omniprésente, le fond n’est pas en reste loin de là, et c’est sans doute ce que j’applaudis le plus. Cet équilibre parfait entre forme – l’intrigue, la langue, les personnages, et le fond. La critique est évidente, mais n’est pas le seul point à relever. Le confort de chacun, l’enfermement dans la réalité virtuelle, l’acceptation de l’exploitation des données, le Big Data everywhere, l’échec de l’éducation conventionnelle sont parfaitement traités, mais c’est surtout le « et pour ne pas en arriver là, on fait quoi ? » qui m’a enthousiasmé. Les ébauches de réponses, les pistes de réflexion pour bâtir un demain différent de cet ultra-libéralisme. Ces ZAD, ces ZAG, ces espaces urbains à reconquérir ensembles, ces cours en dehors des classes, des cadres, ces luttes sociales, humaines. Le récit est clairement emprunt d’humanité et de valeurs. La crise migratoire est évoquée, le vivre-ensemble et ses richesses. C’est une vision clairement positive mais qui fait un bien fou. L’œuvre est évidemment engagée et je me suis parfaitement retrouvée dans ces visions, dans cet alter mondialisme qui survit et qui essaime. Et je me retrouve dans ce retour à la nature, dans cette hybridation entre l’homme et le vivant, dans les thèmes centraux des furtifs. Un nouveau transhumanisme où le cyberpunk ploie devant la nature.

On pourra s’arrêter au côté science-fiction, apprécier le récit pour lui-même. Moi, je l’ai reçu aussi comme un appel à l’action. Et c’est comme ça que je veux le transmettre. Alors, lisez-le et devenez vous aussi, un peu des furtifs.
Profile Image for Loreline.
18 reviews1 follower
November 25, 2019
Je dirais qu'en tout, plus de la moitié du roman se résume à de la philosophie et une critique de société. On te rabâche donc sans cesse les mêmes choses, avec des mots inutilement complexes parfois, et c'est tout. Au bout du compte je n'ai même pas eu l'impression de vraiment lire un roman.
Le début est sympathique et la toute fin (50 dernières pages environ) également, car ce sont les seuls moments qui mettent en avant l'action et l'histoire. Tout le reste, c'est juste une foutue thèse.

Autant j'ai adoré la "horde du contrevent" (que j'estime être un roman avec une philosophie presque poétique entre les lignes), autant là j'ai juste détesté et je me demande comment j'ai réussi à m'obstiner à finir le livre.
Profile Image for Έλσα.
640 reviews134 followers
December 1, 2023
Δεν ξέρω γιατί μπλόκαρα και δεν μπορώ να αποτυπώσω σκέψεις μου γι’ αυτό το ανάγνωσμα…
Όταν το ξεκίνησα ήμουν πολύ ενθουσιασμένη. Με ταξίδεψε σε ένα περιβάλλον καταδίωξης και άγχους, σε μια ατμόσφαιρα καταπιεστική που όλοι εξαρτώνται και ελέγχονται από την τεχνητή νοημοσύνη. Καταδιώκονται από περίεργα πλάσματα, τους αθέατους. Ένα δυστοπικό μέλλον στο οποίο η κοινωνία έχει ανασυνταχθεί. Υπάρχουν πολλές κοινωνικές τάξεις αλλά προνόμια έχουν μόνο οι πλούσιοι που στην ουσία επιβιώνουν κ κινούν τα νήματα, τη βιομηχανία κ το βιοτικό κ οικονομικό επίπεδο της χώρας.
Μια ομάδα με τη βοήθεια της τεχνολογίας εκπαιδεύεται και στρατολογείται προκειμένου να βρει την Τισκα, την κόρη ενός ζευγαριού. Από εκεί ξεκινά ένα ταξίδι αναζήτησης.
Η αφήγηση έξυπνα παίζει με τα πρόσωπα και οι περιγραφές δημιουργούν ένα περιβάλλον στο οποίο ο αναγνώστης ζητά να αποκτήσει ρόλο στην ιστορία.
Λίγο όμως μετά τη μέση άρχισα να χάνομαι. Δεν κατάλαβα πού οδηγούσε η εξέλιξη, μάλλον όχι κάπου. Παρ’ όλα αυτά μου κράτησε τον ενδιαφέρον. Δεν μπορώ να πω πως μου άρεσε πολύ. Ένα βιβλίο που οκ πέρασα καλά.
Profile Image for Katerina Koltsida.
498 reviews59 followers
August 2, 2023
Θα ξεκινήσω αυτή τη σύντομη αναφορά σε τούτο το υπέροχο βιβλίο που μου προσέφερε μεγάλη αναγνωστική απόλαυση, με την συγκλονιστική μετάφραση του Δημήτρη Δημακόπουλου. Όποιος διαβάσει το βιβλίο αντιλαμβάνεται τις δυσκολίες που είχε να αντιμετωπίσει και στις λέξεις, και στα νοήματα αλλά και στα σύμβολα, μιας και ο κάθε χαρακτήρας του βιβλίου (όταν λειτουργεί ως πρωτοπρόσωπος αφηγητής) έχει όχι μόνο τον δικό του τρόπο έκφρασης αλλά και μια σειρά ιδιαίτερων συμβόλων. Έτσι ο αναγνώστης κοιτώντας απλά μια παράγραφο, μπορεί να καταλάβει ποι@ αφηγείται. Όμως η μεταφραστική δεινότητα φαίνεται ιδιαίτερα στην άρτια χρήση των λέξεων και των εκφραστικών τρόπων, στο γεργονός οτι χρησιμοποιήθηκε μια σύγχρονη ελληνική, ενώ επιστρατεύτηκε πλουσιότατο λεξιλόγιο για να αποδοθούν οι επιμέρους διαφορετικές χροιές των εννοιών (χρόνια είχα να κοιτάξω λεξικό για να επιβεβαιώσω την σημασία μιας λέξης – και δεν διαβάζω και λίγο). Κι όλα τούτα σε ένα βιβλίο που αποτελεί ένα συγχρωτισμό πολιτικής δυστοπίας, επαναστατικής σκέψης, επιστημονικής φαντασίας, δράσης / περιπέτειας και ανατροπών, συνύπαρξης και αποδοχής του διαφορετικού και φυσικά της παντοδυναμίας των ΜΜΕ.

Το βιβλίο περιγράφει τη Γαλλία του 2040, μια σκληρά καπιταλιστική κοινωνία που έχει βαθειά αλλοτριωθεί από την ύπουλη ανάλγητη τεχνοκρατία της διοικούσας εταιρείας, μιας και οι περισσότερες πόλεις της Γαλλίας έχουν πουληθεί σε εταιρείες. Το κράτος, ουσιαστικά, είναι ανύπαρκτο, η ισότητα έχει καταστρατηγηθεί μεσα από πλήρη ιδιωτικοποίηση των πάντων και επικρατεί αυστηρή κοινωνική ιεραρχία, όπου η κάθε τάξη κατοικεί σε άλλη γειτονιά, έχει τα δικά της μαγαζιά, ακόμα και τις δικές της παιδικές χαρές, οπου η παρουσία πολιτών από κατώτερη τάξη είναι απαγορευμένη, ενώ στις ώρες αιχμής μόνο όσοι ανήκουν στις ανώτερες τάξης μπορούν να διασχίσουν κεντρικές λεωφόρους, για να μην εμποδίζονται από τους κατώτερους. Παράλληλα όλοι φορούν ένα δαχτυλίδι, που περιέχει, και στέλνει διαρκώς, όλες τις πληροφορίες του φορέα του.

Μέσα σε αυτό το κλίμα γνωρίζουμε τον βασικό πρωταγωνιστή, τον Λόρκα Βαρεζ, που στα 40 του εντασσεται στο στρατό, παλεύοντας να αναπτύξει τις ικανότητες εκείνες που θα τον κάνουν να ξαναβρεί την κόρη του, που όλοι θεωρούν οριστικά χαμένη / πεθαμένη, αλλά ο ίδιος πιστεύει οτι έχει απαχθεί από τους ΑΟΡΑΤΟΥΣ, δηλαδή μικρά αόρατα ζωάκια με υπεράνθρωπες ικανότητες αισθήσεων. Έτσι η γονεϊκή οικειότητα εναλλάσσεται με την καταιγιστική, ενίοτε δράση· η ολογραφική κοινωνία με τον αγώνα εναλάκτικών ομάδων· το συναίσθημα με την πολιτική φιλοδοξία αλλά και τον αγώνα αποδοχής και συμβίωσης με το «άλλο».

Ένα εξαιρετικό, ολοκληρωμένο, χορταστικό μυθιστόρημα.
Profile Image for Roula.
766 reviews218 followers
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August 6, 2023
Ύστερα από πολλές πολλές μέρες ,700+ σελίδες και μοναδικό οδηγό τον ψυχαναγκασμό μου ,τελείωσα αυτό το βιβλίο που με τόση χαρά αγόρασα ,αλλά με εξίσου μεγάλη απογοήτευση σφραγίστηκε . Η ιστορία είναι πολύ ενδιαφέρουσα μιας και βρισκόμαστε στο δυστοπικό μέλλον στη Γαλλία ,όπου τα πάντα έχουν ιδιωτικοποιηθεί και έτσι επικρατούν οι πλούσιοι ,η τεχνολογία έχει κάνει άλματα ,ενώ υπάρχουν και κάποια μυστήρια πλάσματα ,οι Αθέατοι ,που κρύβονται στις σκιές και είναι σχεδόν αόρατος συνδυασμός ζώων και ανθρώπων.καπου εδώ μπαίνει η ιστορία της μικρής Τισκα που χάνεται μυστηριωδως και οι γονείς της ,πεπεισμένοι ότι ζει ακόμη και ότι απήχθη από τους αθεατους ,οργανώνουν μια ομάδα αναζήτησης .εδώ μπαίνει λοιπόν μια συγκινητική ιστορία δύο χωρισμένων γονιών που τους φέρνει πάλι κοντά ο πόνος και ο φόβος για το παιδί τους ,για να μαλακώσει την ψυχή του αναγνώστη .είναι αρκετό όμως αυτό? Κατά τη γνώμη μου ,όχι ,καθόλου .το βιβλίο φρενάρει πριν προλάβει να γκαζωσει ,με ορολογίες ,άπειρα ονόματα ,πρωτοπροσωπη αφήγηση που όμως σε ποιο από όλα τα πρόσωπα αντιστοιχεί?το κυριότερο αρνητικό όμως για μένα ,είναι πως σε τέτοιου είδους μυθιστορηματα ,όπου ο συγγραφέας φτιάχνει ένα παραληλλο δικό του σύμπαν με πλάσματα και μέρη που δεν έχει δει ή γνωρίσει ο αναγνώστης ,οφείλει να έχει την ικανότητα να τον συμπαρασύρει μαζί του ,να τον κάνει να το πιστέψει ,να το "δει" με τα μάτια του όλο αυτό και στη δική μου περίπτωση αυτό δε συνέβη ποτέ.ακολουθουσα τυφλά μια αφήγηση που δε μου προκάλεσε τίποτε άλλο παρά μπέρδεμα και εκνευρισμό .δυστυχώς δεν έχω πολλά να πω ,πάρα μόνο να εκφράσω την απογοήτευση μου ..στο επόμενο ,λοιπόν ...
Profile Image for Thomas Spok.
Author 13 books10 followers
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April 26, 2019
Je propose ici quelques remarques, mais la totalité (par N. Peuch) est à lire ici :
https://thomasspok.blogspot.com/2019/...

"Il faut bien sûr avoir lu les précédents ouvrages d'Alain Damasio pour être frappé, à la lecture des Furtifs, dès les premières pages, par la familiarité que l'on peut ressentir avec l'espace littéraire désormais apprivoisé, cohérent, du romancier, la constance de ses choix, de ses ambitions. C'est banalité, truisme peut-être, de dire que Les Furtifs constitue le plus damasien de tous les monstres damasiens... Et pourtant. Quelques pages suffisent pour retrouver, même quinze ans après, la couleur caractéristique de la littérature de Damasio, couleur qui atteint son paroxysme... dès la scène d'entrée.

On se prend alors à reposer le livre quelques minutes, à observer plus en détail la couverture, superbe, de Stéphanie Aparicio, à respirer un grand coup, à faire naître un peu d'attente avant de se lancer dans cette odyssée en terre connue, qui occupera les prochaines heures libres que le grand complexe techno-libéral a bien voulu nous laisser...


Le lecteur de La Zone du Dehors et de La Horde du Contrevent ne sera ni surpris, ni déçu : Alain Damasio signe ici une nouvelle aventure d'émancipation en contexte hostile, collective et polyphonique, servie une fois de plus par un travail colossal sur la subjectivité des personnages. Les Furtifs suscitera donc les mêmes émerveillements et les mêmes critiques. Celui ou celle qui n'a pas accroché aux premiers romans de l'auteur n'adhèrera pas plus à celui-là et devra – tant pis ! - se résoudre à passer à côté de quelque chose. "
Profile Image for Jean-Pascal.
Author 9 books27 followers
September 29, 2019
J'abandonne après 20%. Je n'ai jamais lu quelque chose d'aussi prétentieux, vide, dénué de toute trace d'humour. Resucée immédiate de la horde (même groupe de surhommes spécialisés en chasse aux super-écureuils). Père qui a perdu sa fille, innovation langagière inepte jusqu'au ridicule (massicoter la bienveillance), vision des femmes à la papa (élégance racée), naïveté politique. Le vrai secret de Damasio, c'est comment fait-il pour faire croire à son auto-proclamation au génie ?
Profile Image for Azathoth.
109 reviews11 followers
April 21, 2020
Autant j'avais vraiment adoré La Horde du contrevent, autant celui-là m'a vraiment déplut/déçu, au point parfois de le trouver limite insupportable.
On est pourtant pas en terrain inconnu. On retrouve ce qui faisait les ingrédients de ses romans antérieurs. Le récit polyphonique, le jeu avec les mots et la langue, les références philosophique à Deleuze ou Foucault, etc.
Mais ce qui faisait le charme de La Horde, tombe ici complètement à plat. C'est lourd, indigeste, limite prétentieux. J'ai trouvé les personnages presque fade (d'ailleurs on sait peu de choses d'eux, de leur passé) l'histoire sans grand intérêt et qui se perd en longueur. La critique sur la technologie est intéressante, mais reste assez convenue (on y apprend pas grand chose). L'aspect dystopique n'est pas non plus très développé, et s'en tient pour l'essentiel à des grandes méchantes firmes qui veulent tout contrôler en voulant nous faire croire que c'est pour notre bien. Niveau subtilité, on repassera.
C'est d'ailleurs un des grands problèmes de ce roman : le manque de subtilité. J'avais plutôt l'impression d'être devant une démonstration que devant un récit. Avec des théories parfois assez fumeuses et un gauchisme de base limite cul-cul. Et tout ça nous est asséné et surexpliqué un nombre incalculable de fois, avec ce côté prétentieux et verbeux qui en devient rapidement insupportable. OK Damasio a du talent pour jouer avec les mots, mais là ça tourne presque au ridicule (à l'image de Toni Tou Fou, dont la façon de parler est parfois imbuvable. J'avais l'impression d'entendre un vieux essayer de parler comme les jeunes). A la fin je n'en pouvais plus, j'avais juste envie que ça s'arrête.

Bref, je relirais avec plaisir La Horde du Contrevents, mais celui-là, comme les furtifs du roman, il va rapidement disparaitre.
Profile Image for Math le maudit.
1,376 reviews45 followers
October 11, 2019
Comme je vois bien que cette critique va être longue, et donc selon toute vraissemblance, très peu lue en entier, commençons par une évidence : lisez-ce roman ! C'est un indispensable !

Voilà. Pour les flemmards, c'est tout pour moi, vous pouvez y aller.

Maintenant, on y va.

Enfin, enfin Alain Damasio accouche d'un roman complet !

Entendons-nous bien, je n'avais pas détesté ses romans précédents, mais je leur trouvais tout de même certains défauts. Je reprochais à La zone du dehors un prosélytisme trop rentre-dedans (et de fait improductif), et à la Horde du Contrevent une fin si prévisible qu'elle avait réussi à me gâcher ma lecture (pourtant plaisante jusque-là, grâce à quelque personnages hauts en couleurs. Big up à Caracole !).

Les furtifs m'apparaît comme la forme pleinement aboutie de ces deux romans, tant sur le fond que la forme.Il en reprend plusieurs thèmes chers à Alain Damasio : la nécessité de révolte face à l'arbitraire et à l'autorité, ce qu'il appelle : le Vif (le mouvement, physique ou cérébral, comme seule source de vie), l'expression orale, écrite et musicale comme instruments de lutte, la surveillance des citoyens...

Car disons le d'emblée, Les furtifs est un roman engagé, profondément politique, qui dissèque notre société actuelle pour offrir au lecteur la vision d'un futur possible (et non pas probable, espérons-le). Et quand on connaît le bonhomme, on n'est pas trop surpris de croiser ces thématiques, ni qu'il porte un regard aussi radical (on y viendra) sur tout cela.

Sur la forme, on retrouve quelques-uns des traits qui ont fait le succès de ses précédentes productions : le jeu avec et sur la langue française, la narration polyphonique, les néologismes, l'utilisation de caractères typographiques pour identifier / typer les différents protagonistes.

L'histoire se situe en France, en 2041, dans un pays où l'État (au sens large puisque les autorités régionales départementales ou communales ont fait de même) a cédé la plupart de ses responsabilités à des acteurs privés. Ainsi, chaque ville est désormais la propriété d'une ou de plusieurs grandes compagnies qui en ont racheté la gestion. Paris appartient ainsi à LVMH, Lyon à Nestlé (et devenu Nestlyon), et ainsi de suite.

Au sein de ces nouvelles cités, l'accès aux différents quartiers est très contrôlé, certains n'étant accessibles qu'aux citoyens premium (assez riches pour s'en payer l'accès). Les citoyens les plus pauvres (les Standards) voient donc leur liberté de mouvement limitée, certains lieux (parcs, restaurants... ) leurs étant inaccessibles. Les rues sont en outre truffées de drones, capteurs et projecteur VR de tous poils chargés autant de surveiller les habitants que de les spammer de pubs personnalisés au fil de leurs trajets en ville.

C'est dans ce cadre urbain contraint à l'extrême qu'est né une légende, celle des furtifs, des créatures invisibles vivant aux côtés des hommes mais ayant réussi à échapper à sa société de surveillance.

Le personnage principal du roman (il y en a d'autres) est donc un père de famille dont la fille a disparue du jour au lendemain et persuadé qu'elle a rejoint ces fameux furtifs. Il a donc rejoint une unité spéciale (et secrète) de l'armée, qui s'est spécialisée dans la traque des furtifs, dont les capacités furtives, à une époque du tout contrôle, intéresse énormément les militaires.

Voilà pour ce qui est de résumer à très gros traits le synopsis du roman.

Pour le reste, et bien, c'est un sacré bon roman ! Le jeu avec la langue et avec l'écrit, choses qui ont toujours été le point fort de Damasio, sont poussés encore plus loin que dans ses écrits précédents. C'est un réel plaisir que de lire sa prose.

Comme pour La Horde du Contrevent, chaque narrateur a son style, "sa patte", et leurs personnalités nous apparaissent tout autant par leurs actes que par leur façon de dire et vivre. Et comme pour la Horde, j'ai mon petit chouchou en la personne de Toni tout-fou, sorte de Gavroche 5.0.

C'est d'ailleurs l'un des bons points de ce roman : les personnages sont très réussis, bien plus que dans ses romans précédents. Les personnages féminins notamment sont beaucoup plus à la fête que dans La zone du dehors ou La Horde du Contrevent, et on ressent moins l'obsession nietzschienne qui caractérisait (un peu trop à mon goût), certains personnages de ses anciens romans. Mais parlons un peu de la langue.

Comme précédemment mentionné, le roman fourmille de néologismes, d'invention verbales et nominales, de jeux sur les assonances et allitérations. De quoi mettre Académicien(ne)s décati(e)s et autres grammar nazi de tous poils en PLS ! C'est extrêmement plaisant, pour ne pas dire jubilatoire et surtout, justifié par le récit (mais je n'en dirai pas plus petits canailloux !)

Sur le plan sociétal et politique, le roman est également très bien vu. L'avenir que dépeint Damasio est clairement à nos portes, les technologies décrites étant d'ores et déjà à notre portée à l'heure actuelle, quand elles ne sont pas déjà en place !

Beaucoup des éléments inclus dans son univers urbain évoquent des sujets dont nous avons entendu parler, voire même des pratiques déjà plus ou moins entrées dans les mœurs. Je pense notamment au système de notation entre citoyens qui existe déjà en Chine et s'installe pernicieusement et tranquillement chez nous (allez, dénoncez-vous ceux qui notez déjà vos livreurs deliveroo ou vos chauffeurs über).

Damasio pousse les logiques de ces pratiques jusque dans leurs derniers retranchements, nous donnant à voir ce qui les sous-tend en filigrane : un monde étroit, autocentré, où le rapport à l'autre n'est plus qu'utilitaire.

Clairement, la société qu'il nous présente ne fait pas envie (en tout cas pas à moi). Tout y a été privatisé, jusqu'à l'absurde : éducation, police, administration transports... tout ! Et quand je dis jusqu'à l'absurde, c'est au point que les personnes décidant d'offrir des cours gratuit dans les cités paupérisées tombent sous le coup de la loi pour exercice illégal de l'enseignement (pour ne citer qu'un exemple).

Pour les travailleurs, on se doute que le tableau ne sera pas plus rose. Un nouveau type de boulot a vu le jour, l'occasion pour Damasio d'inventer un nouveau mot ô combien évocateur : les vendiants. ces personnes louent leurs services à des entreprises qui les payent pour aller mendier pour elles dans la rue. mais pas de la mendicité classique, non, elles mendient auprès des passants pour que ceux-ci achètent les produits des entreprises. Vendiant = vendeur + mendiant. Simple, mais il fallait y penser.

Tout cela fleure bon la contre-utopie badante, mais heureusement, Damasio ne nous laisse pas en rade face à ce naufrage social.

Car ce roman, je l'ai déjà dit, il s'intéresse bien plus aux gens qui luttent qu'à ceux qui s'accommodent de ces vies tristes, mais confortables. La majeure partie du récit va s'articuler au sein de ces milieux alternatifs, libertaires, anarchistes qui luttent contre cette société du profit. Et c'est cette partie qui redonne un peu d'espoir et, je l'admets, un peu d'allant au lecteur qui se voyait mal enchaîner les visions cauchemardesques de notre futur (parce que je vous garantis que c'est tellement crédible, qu'on s'y voit déjà !)

Et heureusement, Damasio est aussi inventif dans les formes de lutte qu'il présente qu'il est visionnaire dans les dérives probables de notre société. Les divers mouvements qu'il imagine sont variés, et portent des noms évocateurs : la Céleste (brigade de voltigeurs en deltaplanes qui survolent les zones urbaines), collectif Libère Terre (jeu de mot), les anarchitectes, et j'en passe !

On sent que Damasio a dû traîner ses guêtres dans les milieux altermondialistes, dans les diverses ZAD de France (et notamment Notre-Dame des Landes), qu'il s'est imprégné de l'esprit frondeur de ces vrais mouvements pour créer ses faux.

L'inventivité dont il fait preuve, la vraie bienveillance du regard qu'il porte sur ces collectifs, ces gens qui luttent, se ressent à la lecture. On se prend à y croire, à espérer que le naufrage annoncé n'aura pas lieu, que les citoyens vont reprendre la ville, reprendre vie. Que l'on peut sortir de ce néo-libéralisme rampant qui détruit chaque jour un peu plus tout ce qui fait société sans faire d'argent.

C'est pour tout cela qu'il faut lire et faire lire Les furtifs : pour la beauté et la force de son écriture, bien sûr, mais surtout pour l'espoir sincère qu'il véhicule.

Pour tout ça, Monsieur Damasio, je vous dis : merci !

Lisez Les furtifs. C'est un cadeau que tout le monde mérite de se faire.
Profile Image for Nicolas.
64 reviews3 followers
October 1, 2019
Un brin trop de style pour le style, et pas assez de propos politique cohérent, même si c'est un exercice de style politisé... Pour un style fluide pareil, un manichéisme idéologique est étrange.

Des lourdeurs et longueurs, mais reste surprenant si l'on reste ouvert a l'émotion suffisamment longtemps...

Néanmoins, des tonnes d'idées et un world building bien pensé et flippant, plus contemporain que futuriste à mon sens. Une maîtrise de la langue qui, malgre le fait qu'elle surpasse le propos, (et qui est le propos) reste étonnante.

Je pense que j'aurai également préféré sans les 100 pages de fin, après l'épisode de porquerolles.

Grosso modo, bel effort mais un peu décevant, par rapport à ce que j'attendais et avais été habitué... Je reste sidéré et franchement bien marqué par l'univers, malgré ses défauts.
De la sf... Post-humaniste ?
Profile Image for Leonidas Moumouris.
396 reviews65 followers
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May 18, 2024
Ο Alain Damasio,μας έδωσε ένα μυθιστόρημα 700 σελίδων χωρίς να έχει σαν έγνοια να μας διευκολύνει με κάποιον τρόπο στην ανάγνωση του. Ένα δυστοπικό μυθιστόρημα, επιστημονικής φαντασίας που δεν τσιγκουνεύεται πουθενά αναλύσεις, διαλόγους , μονολόγους, σκέψεις. Σου ζητάει να καταλάβεις μόνος σου ποιος μιλάει στις αλλαγές προσώπων πρωτοπροσωπης γραφής. Ποντάρει στην υπομονή σου κάθε φορά που η δράση φρενάρει και σε υποχρεώνει να διαβάσεις ατελείωτες σελίδες από σκέψεις και αναλύσεις διαφόρων προσώπων που εμφανίζονται σταδιακά όσο προχωράει η ιστορία.
Η οποία ιστορία όμως είναι τόσο ενδιαφέρουσα, γεμάτη επανάσταση, έρωτα, γονεϊκή αγάπη, παιδική ενέργεια, αλληγορίες ,που τελικά σε κρατάει μέχρι το τέλος. Κι ας σε έχει κουράσει.
Οι αθεατοι θα μπορούσαν να είναι η εξέλιξη του ανθρώπινου είδους. Μια μορφή πλήρους ταύτισης με το περιβάλλον, ένα είδος ζωής σε αρμονία με τη φύση.
Θα ήθελα να είναι μικρότερο για να πω πως ήταν ένα σπουδαίο βιβλίο χωρίς αμφιβολία, με πρωτότυπη γραφή και εκτύπωση. Δεν ήταν όμως και η κόπωση που μου προκάλεσε αφαίρεσε αρκετά απ' τις τελικές εντυπώσεις μου.
Profile Image for foteini_dl.
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September 16, 2024
"Αυτό είναι ένα πολύ απαισιόδοξο βιβλίο", μου έγραψε ένας γνωστός μου όταν διάβασε το βιβλίο. 4 μήνες μετά, μπορώ να πω και ναι και όχι.

Το 2040 δεν είναι τόσο μακριά (σκέψου 10 χρόνια πριν τη χρονιά-στόχο για μια κλιματική ουδέτερη οικονομία) και σήμερα δεν μας είναι δύσκολο να φανταστούμε τον κόσμο του Νταμαζιό. Σε λίγα χρόνια από σήμερα, η Γαλλία βρίσκεται υπό μια γενικευμένη ιδιωτικοποίηση (οι πόλεις ανήκουν σε μεγάλες επιχειρήσεις) και (ψηφιακό) έλεγχο. Σε αυτόν τον κόσμο, υπάρχει μια απειλή: οι αθέατοι, ένα νέο είδος ανάμεσα σε άνθρωπο και ζώο. Ναι, ο κόσμος του Νταμαζιό (που παραπέμπει στον Ντελέζ και τις κοινωνίες του ελέγχου) δεν είναι καθόλου δύσκολο να τον φανταστείς και πώς να το πεις καλό αυτό;

ΑΛΛΑ...

Είναι όντως απειλή οι αθέατοι; Ή, μάλλον, ποιοι απειλούνται από αυτούς; Και εδώ έρχεται ίσως το πιο δυνατό χαρτί του Νταμαζιό. Σου δείχνει, μέσα από αυτούς, ότι μπορούν να υπάρχουν κινήματα αντίστασης ακόμα και σε έναν τέτοιο κόσμο. Και αυτό, αν και είναι πιο δύσκολο να το φανταστείς, σου δίνει μια ελπίδα.

Ο Νταμαζιό δεν γράφει απλά 700+ σελίδες επιστημονικής φαντασίας αλλά ένα "καυτό" πολιτικό μυθιστόρημα (ή μήπως είναι πολιτική παρέμβαση;). Ου λα λα.

ΥΓ. 1: Φοβερή η ιδέα του Νταμαζιό να έχει ο κάθε ήρωας το δικό του τυπογραφικό αποτύπωμα.
ΥΓ. 2: Για τη μετάφραση του Δημακόπουλου χρειάζεται να πούμε κάτι πέρα από ρισπέκτ;
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394 reviews94 followers
February 10, 2024
Ένα καλό βιβλίο επιστημονικής φαντασίας είναι μια αλληγορία κι ένας αναστοχασμός για τον κόσμο που μας περιβάλλει και τους κινδύνους που ελλοχεύουν σε αυτόν.

Ένα αριστουργηματικό βιβλίο επιστημονικής φαντασίας ανοίγει νέους τρόπους σκέψης, δημιουργεί τους δικούς του μύθους, επανεξετάζει την πραγματικότητα και τις προοπτικές της ανθρωπότητας με τρόπους που δεν μπορούμε να φανταστούμε, ακόμα και σε γλωσσικό ή μεταγλωσσικό επίπεδο.

Οι Αθέατοι του Αλέν Νταμαζιό ανήκουν πανηγυρικά στη δεύτερη κατηγορία.

Το 700 σελίδων μυθιστόρημα του Γάλλου συγγραφέα έχει μεταφραστεί σε ελάχιστες χώρες και πρέπει να αισθανόμαστε τυχεροί που είμαστε μία από αυτές, αφού η οποιαδήποτε απόπειρα γλωσσικής μετάπλασης του πρωτότυπου κειμένου απαιτεί όχι μόνο την απόδοση πολλαπλών νεολογισμών που συνθέτουν νέες έννοιες για μια δυστοπική κοινωνία ψηφιακού, σωματικού και οικονομικού ελέγχου μέσα σε πόλεις αγορασμένες από πολυεθνικές, αλλά και τη διατήρηση της μουσικής τονικότητας και του ρυθμού μιας αφήγησης που δίνει έμφαση στη δημιουργία ενός εξίσου σημαντικού ηχητικού τοπίου κατά τη διάρκεια της ανάγνωσης.

Ο πειραματισμός του Νταμαζιό φτάνει ακόμα και στο επίπεδο της τυπογραφίας, με κάθε ήρωα αυτού του πολυπρισματικού και μεγαλόπνοου έργου να έχει δικά του σημεία στίξης που παρεμβάλλονται μέσα στο κείμενο, προσφέροντας περισσότερο επίπεδα ανάγνωσης ή ακόμα και μια νέα κι ολότελα πρωτότυπα αισθητηριακή εμπειρία.

Τι είναι λοιπόν οι Αθέατοι; Μια νέα υβριδική μορφή ζωής που μετασχηματίζεται διαρκώς και απειλεί τις δυστοπικές (κι εμπνευσμένες από τον Ντελέζ) κοινωνίες ελέγχου; Το αποτέλεσμα της αρχέγονης ανάγκης του ανθρώπου να δημιουργήσει τους μύθους που θα τον βοηθήσουν να ερμηνεύσει τον κόσμο; Το πρότυπο για μια διαρκή δυνητικότητα, για την επανάσταση και την ανατροπή; Ή κάτι πολύ πιο προσωπικό, η πίστη στην αόρατη παρουσία αυτών που χάνονται και ο τρόπος να συμβιώσουμε με την απώλεια στην εποχή του ψηφιακού πένθους και του δικαιώματος στη λήθη;

Απόλυτα και παιγνιωδώς πιστός στην υβριδική φύση της κοσμοθεωρίας του, ο Νταμαζιό δεν δίνει ποτέ σαφή απάντηση, αλλά καταφέρνει να πλάσει ένα συναρπαστικό έργο επιστημονικής και πολιτικής φαντασίας που δεν μπορεί παρά να αφορά το παρόν και το (όχι και τόσο) αθέατο μέλλον μας.
Profile Image for Olivier.
8 reviews
June 4, 2020
Je penses que je suis passé à coté de ce roman. Très déçu. J’avais pourtant adoré la Horde, sa poésie, son aventure, mais là rien. Celui ci est trop long, trop de jeux sur la langue, trop inégal. Il y a de très bonnes idées, de bons passages (la traque dans la foret, la decouverte de ce qui est arrivé a leur fille, etc), mais entrecoupés par des monologues de personnages secondaires « parlant » en faux argot, sonnant faux, ne faisant que peu avancer le récit ni ne donnant de la profondeur à aucun personnage.

Sa vision du futur est à peu prêt le seul point pour lequel j’ai trouvé un intérêt, mais pourquoi y mêler les furtifs finalement? J’ai bien compris le parallèle entre furtifs et « résistants » à cette société contrôlée, mais ils paraissent incongrus et invraisemblables. Ils sont pétrifiés par notre regard: belle idée, mais cette idée semble artificiellement collée au sein de ce patchwork.

Bref ça me parait parfois être une caricature de Damasio. Trop de jeux sur la langue, manque de fluidité, pour un propos finalement assez léger. Une nouvelle aurait peut être suffit.

J’aime beaucoup Damasio, mais là, soit le roman est inachevé et doit être retravaillé et allégé, soit je suis passé à coté de quelque chose.
Profile Image for Mysliam.
150 reviews8 followers
May 9, 2019
Un roman d'une richesse et d'une densité folle...Il m'est encore difficile d'en faire une conclusion parce que fini hier soir seulement...
Profile Image for La licorne bibliophile.
607 reviews19 followers
December 13, 2021
En 2043, dans un futur contrôlé par les grandes sociétés, Lorca Varèse intègre le Récif, un groupe militaire spécialisé dans la traque des Furtifs, des êtres le plus souvent invisibles à l'oeil humain et dont aucun spécimen n'a encore été capturé vivant. Grâce au Récif, Lorca espère retrouver sa fille Tishka, disparue depuis 2 ans, persuadé qu'elle a rejoint les Furtifs.

Une lecture difficile et finalement décevante que cet ouvrage d'Alain Damasio. Je partais pourtant confiant : comme beaucoup d'autres lecteurs j'ai adoré La Horde du contrevent et j'ai également apprécié son implication dans les scénarios des jeux Remember Me et Life is strange 1 et 2. A première vue, j'avais donc peu de chances d'être déçu. Pourtant, j'ai trouvé cette lecture bien souvent fastidieuse et le constat final quant à mon avis sur Les Furtifs s'avère très mitigé.

Commençons donc par les points positifs : Damasio met en place un futur proche glaçant de réalisme tant on sent que nous pourrions un jour y parvenir. L'Etat, complètement désengagé, à cédé la propriété des villes aux grands conglomérats économiques et la technologie permet grâce à la connexion permanente de pister et tracer tous les citoyens. Désormais, la vie urbaine est en grande partie conditionnée par le niveau d'abonnement que le citoyen choisit de payer. De même, l'enseignement est sous la coupe des trusts économiques, exception faite de quelques professeurs itinérants traqués, les proferrants. J'ai apprécié le world building présenté dans ce roman, qui m'a pour beaucoup rappelé le Néo-Paris de Remember Me. La vision présentée est crédible et c'est à n'en pas douter une force du roman. L'histoire de départ s'avère également intéressante. La traque des Furtifs est intrigante, nous laissant parfois nous poser la question de leur existence, et la quête personnelle de Lorca et Sahar pour retrouver leur fille disparue est touchante, présentant deux conceptions complètement opposées : le refus du deuil ou la tentative de se forcer à tourner la page. J'avoue avoir été particulièrement emballé par le début de l'histoire : la traque des Furtifs en meute dans un immeuble, la présence du pirate informatique guidant Lorca dans les rues, la fuite du héros face à une force d'intervention... Tout semblait réuni pour un excellent roman. Enfin, avant d'énumérer ce qui m'a gêné, je peux encore ajouter aux points positifs le personnage d'Arshavin, que j'ai particulièrement apprécié.

Passons maintenant aux raisons qui m'ont plus ou moins gâché ma lecture. En premier lieu, et au risque de surprendre : la polyphonie du roman. Chaque personnage principal est caractérisé par un style d'écriture et de langage et le roman alterne les points de vue. Mais alors pourquoi critiquer ce qui se trouvait déjà dans La Horde du contrevent? Parce que, outre la sensation de réchauffé, là où le précédent roman sonnait toujours juste dans les différentes voix proposées, j'ai eu ici un mal fou à adhérer aux personnages. Lorca, Sahar et Saskia m'ont paru très interchangeables mais restent crédibles. Survient ensuite le personnage d'Agüero, originaire d'Amérique latine et insérant un nombre invraisemblable de locutions de sa langue natale dans ses phrases, mais soit, pourquoi pas. Le pire restera indéniablement les personnages de Nèr et Toni Tout-fou. Le premier s'exprime d'une manière que je ne saurais même pas expliquer, par courtes locutions dignes d'une IA. Quand à Toni... jeune graffeur visiblement geek, ce dernier ressemblerait presque à une caricature inventée par les médias. C'est bien simple, Toni passe son temps à utiliser des termes informatiques dans n'importe quelle situation. Personne ne parle comme ça, sauf les personnes âgées voulant paraître "in"... C'est gênant. Deuxième problème, et pas des moindres : c'est lent, très lent. La faute en partie à une histoire qui change de cap tous les deux chapitres durant une bonne partie du roman et qui, je suis désolé, frôle parfois selon moi le ridicule (cf la "parade musicale" vers la fin du livre...), mais surtout à un auteur qui aime beaucoup trop s'écouter parler. Ainsi, les séquences d'explications philosophiques sur la nature ou le langage des Furtifs sont nombreuses et, selon moi, parfois d'un ennui mortel pour qui désirait juste suivre une histoire un tantinet palpitante. J'en suis venu pour ma part à trembler dès que les personnages de Varech ou Louise apparaissaient, de peur de les voir parler trop longtemps... Les derniers points que j'aborderai rejoindront ce travers de Damasio à trop s'écouter parler. Effectivement, Damasio sait manier les mots et jouer avec. Le concours de Caracole dans La Horde du Contrevent en était la preuve. Sauf que ce dernier durait quelques pages au maximum. Ici, suite à l'introduction d'un personnage qui prononce les mots tels un dyslexique (mais ce qui s'avère tout à fait légitime au vu du personnage), TOUS les personnages principaux vont commencer à leur tour à déformer les mots en inversant des lettres. A croire que la dyslexie est un virus. Concrètement, j'ai vite trouvé cela insupportable. Igaminez que toute ma chrinoque soit éricte avec des lettres inservés dans chaque phrase? J'espère que vous avez apprécié ce petit échantillon gratuit de ce que fut mon calvaire à partir d'un certain stade du roman... Mais heureusement, il y a une raison probable à ce choix qui est notre devoir de déconstruire. Car oui, Les Furtifs s'avère être également une formidable leçon de la part de l'auteur envers son lectorat. Alain Damasio a du penser que nous n'étions pas assez subtils pour comprendre le message politique de l'œuvre concernant notre avenir. Il s'est donc attaché à la noble cause de nous l'enfoncer dans le crâne. Avec un marteau. A chaque chapitre. Et parfois même en utilisant deux fois la même situation (prise d'un immeuble/d'une île privé(e) et résistance face aux forces de l'ordre des conglomérats). Autant, je comprends l'intention de base, autant j'ai réellement eu l'impression d'être un enfant que l'on essaie de remettre sur le droit chemin avec la leçon de morale la plus longue au monde. J'avais compris dès les deux premiers chapitres... Je finirai sur la magnifique conclusion du roman que j'ai, à titre personnel, trouvé niaise mais qui est là pour s'assurer que nous avons bien saisi le message politique sous-jacent. Peut-être devrais-je évoquer un peu plus le message politique? Avez-vous bien saisi que vendre notre avenir est une mauvaise chose?

Alors, pourquoi, après cette chronique pleine de sel et probablement sponsorisée par la marque La Baleine, ai-je mis trois étoiles? Et bien parce que malgré tous ces défauts, le roman reste bien écrit et, entre deux dialogues sur l'essence physique d'un Furtif, 3 mots geek probablement issus d'un bingo et une leçon de morale sur l'avenir de notre société, il y a tout de même une histoire touchante à suivre sur un père et une mère à la recherche de leur fille. Dans l'absolu, je ne conseillerai pas spécialement de lire Les Furtifs si vous avez d'autres priorités, mais ça reste une expérience de lecture à tenter.
Profile Image for Stephen.
246 reviews7 followers
August 4, 2019
Damasio ne sait absolument pas écrire des dialogues. Tout sonne artificiel.
Profile Image for Elise Belleville.
547 reviews2 followers
December 16, 2021
Je n'ai pas pu aller jusqu'à la fin.

Une histoire touchante en ce qui concerne la recherche de l'enfant, les petites bestioles sont intéressantes, mais tout ce que j'ai adoré dans la Horde du Contrevent (les différents points de vue, les différentes façons de parler, le jeu de l'écriture, les réflexions philosophiques) sonnaient faux ici, forcé, parodié presque.

L'engagement politique, c'est très bien, et après tout, personne ne m'a forcé à lire ce livre, mais c'est lourd, c'est vraiment très lourd, et j'ai l'impression de recevoir une leçon de la part de quelqu'un qui pense tout savoir mieux que tout le monde, et que je laisse parler pour ne pas partir dans un débat inutile et stérile. Pompeux serait le mot : la langue est pompeuse, le discours politique et philosophique est pompeux, la morale est très peu subtile, et tout ça se veut très compliqué et subversif pour que le lecteur, s'il rentre dans l'œuvre, se sente aussi rebelle et intelligent que l'auteur...

Point malus pour les personnages secondaires très fades, surtout les femmes, on ne retient que le héros et le reste deviennent vite assez clichés. En fait, j'ai l'impression que mon père aurait pu écrire ce livre.

Néanmoins, il y a des idées touchantes, j'aime l'apport du bruit dans l'écrit, la couverture est très belle, et les furtifs donnent envie de les rencontrer.
6 reviews2 followers
May 22, 2024
Je voulais mettre 4,5 étoiles, mais on peut pas. L’histoire est vraiment bien, et comme le livre est vraiment long… On n’en a tous les détails. L’intrigue tient très bien, il n’y a pas besoin de trop se creuser la tête pour comprendre les messages plus ou moins caché derrière. Ça aborde plein de notions du transhumanisme et de la crise de la biodiversité, si on est habitué aux réflexions sur le changement climatique, ça fait du nouveau. J’aurais bien enlevé 0,5 ou 1 étoile, parce qu’il y a quand même des moments qui tournent méchamment en rond, genre vraiment.
Profile Image for Joan Damiens.
305 reviews16 followers
July 3, 2019
Une bonne lecture dans l'ensemble. On reconnait la "patte" Damasio, l'écriture tout en renversement, tout en jeu, tout en questionnement et en rebonds. Ce n'est plus le vomissement philosophique que l'on pouvait retrouver dans la Zone, on sent la maturité de l'auteur.
On sent aussi l'impact que sa vie de famille a dans sa création. ça a changé sa perception des femmes, et son écriture des femmes. Les personnages féminins sont désormais beaucoup plus profonds et complexes. Mais ça a aussi recentré sa vision du collectif sur la cellule familiale. Bien qu'il y ait encore cette pluralité des voix, on sent bien qu'il y a un un premier noyau, la famille Lorca-Sahar-Triskha, et les autres personnages qui gravitent.
C'est d'ailleurs un peu dommage de voir surtout les Furtifs à travers Trishka. J'étais très intriguée par la notion de Furtifs, que j'aurais aimé découvrir à travers d'autres personnages.
Le personnage de Toni est intéressant, mais il est vraiment sous-utilisé. Je n'ai pas compris sa participation, mais j'ai senti qu'elle était importante. Et son registre de langage n'est pas du tout crédible. Ce n'est pas en posant deux ou trois expressions "djeunes" par phrase que ça fait de lui un "rebelle", c'est juste ridicule.
Idem pour Aguero : ajouter de l'espagnol toutes les deux phrases, ce n'est pas vraiment crédible.
J'ai aimé le passage sur la culture balinaise, ainsi que l'urbanisation moderne, le partage des terres dites inexploitées et les zones auto-gouvernées.
La fin est intéressante, résonne avec l'actualité des Gilets Jaunes et les violences policières.

Encore un livre intéressant, et des idées à foison, mais peut-être trop. Le livre aurait gagné à avoir deux ou trois volets supplémentaires pour développer certaines intrigues, pousser un peu plus la connaissances des Furtifs, par exemple.
21 reviews12 followers
January 3, 2021
Waouh j'ai fini ce livre ! C'est très beau, une histoire plus fou en forme et fond que Stanislas Lem et Le Guin combiné jeté dans un moulin à paroles déformantes - franchement, si vous n'êtes pas francophone jusqu'à l'os, je pense que vous allez galérer - perso, danoise d'origine avec plus de 20 ans de francophonie enregistrés à mon actif, j'ai mis 1 an et demi à le finir parce que j'avais besoin de tellement de repos / tranquillité / concentration pour avancer dans la lecture, mais je n'ai pas voulu lâcher prise car c'était très beau ! Francophones, régalez-vous ! // OMG I've never ever been this slow finishing a book - it's absolutely brillant and beatiful but SO HARD TO READ ! I don't think it will ever be translated, but if it is I will forever admire the translator and might event send her/him flowers!
Profile Image for Shaft.
30 reviews
February 5, 2025
Wow
Par où commencer ?
Je crois que c'est mon livre préféré de la terre entière
Un souffle d'espoir dans une dystopie pas si loin de notre réalité actuelle (l'histoire se passe en France 2045)
De l'imaginaire, de la lutte, des tragédies, de l'amour et des victoires

Un style d'écriture remarquable, déroutant et surprenant, Damasio s'amuse avec la langue française à nous en faire perdre la tête

J'ai adoré du début ce roman, de la science fiction qui me met la chair de poule et qui m'émoustille de part en part

Je ne saurai que faire de plus que de le recommander à toutes personnes sensées sur cette terre !
128 reviews9 followers
January 22, 2023
"Ich glaube an das Zuhören. Daran, sich der Welt zu öffnen. Denn sobald man zuhört, teilt man etwas mit demjenigen, der es geäußert hat, der sich zu erkennen gibt."

Mit "Die Flüchtigen" von Alain Damasio hielt ich ein Buch in den Händen, das ich so vorher noch nie gelesen habe. Es ist ein Buch über das Kämpfen. Das Kämpfen darum, niemals etwas aufzugeben, das uns wichtig ist: Liebe, Freiheit, Selbstbestimmung! (Übersetzt aus dem Französischen von Milena Adam)

Die Geschichte spielt 2041 in der französischen Stadt Orange, in der Region Provence-Alpes-Côte d'Azur im Südosten von Frankreich. Sahar und Lorca Varèse finden eines Morgens das Bettchen ihrer kleinen Tochter Tishka leer vor. Doch wie kann in einer Welt, in der die absolute Überwachung herrscht, jemand einfach ungesehen und unbemerkt verschwinden? Lorca vermutet Tishka bei den Flüchtigen. Wesen, die unerkannt in den toten Winkeln unserer Wahrnehmung leben. Und ohne es zu ahnen treten Lorca und Sahar eine Lawine los, die unaufhaltbar über sie hinwegrollt...

"Er sieht mich durchdringend an, mit seiner mondstillen Art und seinen blaugrünen Augen, die eine tägliche Huldigung der Klugheit sind."

Damasio hat hier wirklich etwas Großes, vor allem aber sehr Interessantes geschaffen. Das Buch lässt sich für mich nicht klar in eine Kategorie einordnen: Es ist nicht wirklich dystopisch, jedoch zukunftsorientiert und vor allem gesellschaftskritisch.

Wie schon erwähnt, spielt die ganze Story im Jahr 2041. Die Welt befindet sich in einem stark vom Lobbyismus geprägtem Kapitalismus. Die Städte und Gebäude gehören einzelnen Firmen und sind zudem in verschiedene Zonen eingeteilt, je nach Zone dürfen diese nur von bestimmten Bürgern betreten werden. Es will ja niemand, dass sich ein Platinbürger mit dem Pöbel der Ringlosen abgeben muss bzw. dieser ihm über den Weg laufen könnte. Außerdem wird in dieser hoch technisierten Welt alles überwacht, was selbstverständlich wiederum den Firmen dient, die den Menschen jedweden Blödsinn verkaufen wollen, um sie noch mehr unter Kontrolle zu haben und noch mehr auszuspionieren. Die sogenannten Flüchtigen haben einen Weg aus dieser Konsumgesellschaft gefunden. Und dann gibt es natürlich auch noch die Ringlosen, die die Firmen piesacken wo es nur geht und ihre Städte zurückerobern wollen.

Mir hat das Buch wirklich sehr gefallen. Sowohl sprachlich, als auch inhaltlich.

Die Besonderheit im Buch entwickelt sich nach und nach, denn im Laufe der Geschichte passiert etwas mit den Buchstaben. Sie bekommen Sonderzeichen, es fehlen Striche, plötzlich gibt es Schnörkel oder Punkte ... Hiermit tauchen wir in die Welt der Fluchse, wie die Flüchtigen auch genannt werden, ein und kommen mit ihnen nach und nach in Berührung. Den Lesefluss hat das für mich absolut nicht gestört, jedoch nehme ich durchaus an, dass es den ein oder anderen stören kann. Auch so kann ich mir vorstellen, dass dieses Buch sicher nicht für jeden etwas ist. Es erfordert schon sehr viel Aufmerksamkeit und auch die Lust sich mit sprach- und musikwissenschaftlichen Thesen auseinanderzusetzen. Hier und da braucht das Buch auch einfach seine Zeit, um sich zu entwickeln, was natürlich vom Leser auch etwas Geduld erfordert.
Profile Image for The Sporty  Bookworm.
468 reviews100 followers
July 5, 2023
Ce roman est une dystopie dans laquelle les méfaits de notre époque sont accentués. La privatisation de l'espace public comme les stades de nos jours est répandue aux villes entières : Paris LVMH, Nestlyon, Orange... Un système de forfait est mis en place qui privatise les villes en fonction du rang social. L'hyperconnection est également un fléau via des bagues intelligentes permettant à l'utilisateur de vivre dans une réalité augmentée. Dans ce monde de surveillance exacerbée une nouvelle espèce est découverte : les furtifs. On suit alors les aventures de Lorca, Sahar, Tishka dans leur quête de liberté et de furtivité.

Ce livre est vraiment admirablement écrit. La beauté des allitérations et des assonances est impressionnantes. C'est un pur spectacle littéraire. L'intrigue et les personnages sont tellement travaillés que ça laisse pantois. Quinze ans de réflexion dont trois d'écritures auront été nécessaires pour réaliser ce chef d'oeuvre et ça se comprend.

Toutefois, outre les passages abscons, l'écriture et les thèmes de Damasio sont pour moi trop idéalisés, trop utopiques et on a vraiment du mal parfois à imaginer un monde tel que celui-ci mais surtout une telle solidarité des opposants. Je trouve Damasio peu crédible dans l'analyse des rapports humains et trop d'extrême gauche. On aimerait y croire mais ça ne marche pas.
Profile Image for Zéro Janvier.
1,722 reviews125 followers
May 12, 2019
Alain Damasio est un auteur de science-fiction que j’estime énormément. Je l’avais découvert il y a plusieurs années en lisant ce qui est sans doute son roman le plus connu, La Horde du Contrevent, une épopée mémorable. J’avais ensuite lu son premier roman, La Zone du Dehors, un roman très politique sur le pouvoir et les sociétés de contrôle.

Ce que j’apprécie dans l’oeuvre d’Alain Damasio, c’est sa capacité à mêler des univers crédibles, des futurs possibles, une critique acérée de nos sociétés de consommation, de spectacle et de contrôle, et un grand talent littéraire à la fois esthétique et créatif.

Les Furtifs n’est finalement que son troisième roman, après La Zone du Dehors en 1999 et La Horde du Contrevent en 2004. Entre temps, Alain Damasio est publié un certain nombre de nouvelles et de contributions sur ses thèmes de prédilection.

Je peux donc dire que j’attendais ce nouveau roman avec impatience, d’autant que les premiers éléments dévoilés par l’auteur et son éditeur au fil des années et des mois précédant la sortie me laissaient espérer quelque chose de bon, voire de grand. Ce pressentiment n’a pas été démenti par le résumé du roman :

Ils sont là parmi nous, jamais où tu regardes, à circuler dans les angles morts de la vision humaine. On les appelle les furtifs. Des fantômes ? Plutôt l’exact inverse : des êtres de chair et de sons, à la vitalité hors norme, qui métabolisent dans leur trajet aussi bien pierre, déchet, animal ou plante pour alimenter leurs métamorphoses incessantes.

Lorca Varèse, sociologue pour communes autogérées, et sa femme Sahar, proferrante dans la rue pour les enfants que l’éducation nationale, en faillite, a abandonnés, ont vu leur couple brisé par la disparition de leur fille unique de quatre ans, Tishka – volatilisée un matin, inexplicablement. Sahar ne parvient pas à faire son deuil alors que Lorca, convaincu que sa fille est partie avec les furtifs, intègre une unité clandestine de l’armée chargée de chasser ces animaux extraordinaires. Là, il va découvrir que ceux-ci naissent d’une mélodie fondamentale, le frisson, et ne peuvent être vus sans être aussitôt pétrifiés. Peu à peu il apprendra à apprivoiser leur puissance de vie et, ainsi, à la faire sienne.

Les Furtifs vous plonge dans un futur proche et fluide où le technococon a affiné ses prises sur nos existences. Une bague interface nos rapports au monde en offrant à chaque individu son alter ego numérique, sous forme d’IA personnalisée, où viennent se concentrer nos besoins vampirisés d’écoute et d’échanges. Partout où cela s’avérait rentable, les villes ont été rachetées par des multinationales pour être gérées en zones standard, premium et privilège selon le forfait citoyen dont vous vous acquittez. La bague au doigt, vous êtes tout à fait libres et parfaitement tracés, soumis au régime d’auto-aliénation consentant propre au raffinement du capitalisme cognitif.

Dès les premières pages, j’ai retrouvé avec plaisir les traits saillants de l’écriture d’Alain Damasio : des personnages attachants et construits avec finesse, un récit prenant et puissant, et un style à la fois inventif et captivant.

Ainsi, on retrouve la technique déjà utilisée par l’auteur dans La Horde du Contrevent pour distinguer ses narrateurs, avec la typographie propre à chaque personnage au début d’un nouveau paragraphe pour marquer le changement de narrateur.

Dans ce roman, Alain Damasio va surtout beaucoup plus loin que dans ses deux précédents romans dans son jeu avec le langage. Entre le vocabulaire inventé mais intuitif et les multiples jeux de mots et acronymes, l’auteur nous immerge dans un futur proche plus que crédible.

Je vais avoir du mal à parler clairement de ce livre sans en dévoiler l’intrigue, je vais donc tenter de me concentrer sur l’essentiel, ou en tout cas sur ce que j’en ai retenu, ce qui m’a marqué au cours de ma lecture.

A travers son récit et ses personnages, Les Furtifs aborde de multiples sujets, certains habituels chez Alain Damasio, d’autre qui m’ont semblé nouveaux dans ses écrits.

Avec les Furtifs, ces créatures furtives qui doivent échapper au regard humain sous peine d’être tués par pétrification, l’auteur nous parle d’évolution, d’écologie, de la place de l’humanité dans son environnement. Il nous parle également de langage, de son, de musique, d’expression corporelle, et plus généralement de ce qui fait à la fois la vitalité individuelle et la vie collective, sans que l’une puisse être distincte de l’autre.

Alain Damasio nous parle enfin, comme souvent dans son oeuvre, de politique, de société de contrôle, du pouvoir excessif des multinationales, du droit à la propriété vs. le droit de vivre, d’engagement militant, et d’alternatives au modèle dominant.

C’est sur ce dernier volet que j’ai trouvé le livre particulièrement réussi et, à vrai dire, touchant. J’ai ressenti certains passages du roman comme un véritable hommage d’Alain Damasio pour celles et ceux qui luttent au quotidien contre un monde qui ne les convient pas et qui cherchent des solutions, avec leurs moyens, leurs limites, leurs préoccupations, leurs approches, leurs méthodes, etc. En ce sens, ce roman compose une ode à l’engagement militant, quel qu’il soit, et en tant que tel est porteur d’espoir.

Il n’est jamais facile pour moi de parler après coup d’un livre qui m’a autant plu, voire bouleversé. Il y a l’écueil de tomber dans l’excès d’enthousiasme, qui mène au soupçon de subjectivité et d’idolâtrie envers l’auteur. Il y a aussi la crainte de ne pas pouvoir exprimer clairement, rationnellement, ce qui m’a plu dans ce livre et qui pourrait, je l’espère, plaire à d’autres.

Sachez simplement que j’ai adoré ce livre, qui devient d’un coup mon roman préféré d’Alain Damasio, tant il fait la synthèse presque parfaite entre la critique socio-politique acérée de La Zone du Dehors et l’épopée poétique de La Horde du Contrevent. Et déjà, cette impatience qui renait tout doucement au fond de moi : que pourra-t-il nous proposer de mieux encore la prochaine fois ?
Profile Image for Lysil.
140 reviews2 followers
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November 10, 2025
c'était bien mais je suis trop teubé pour affirmer que j'ai apprécié

ceci dit toute cette gymnastique linguistique était chouette autant que lourde

étrange lecture
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