Aux abords de la rivière Platte, aux confins de nulle part, se dressent les rares maisons croches d’un hameau sans nom. C’est là-bas, après des mois de piégeage dans les forêts boréales, que Léon redescend pour retrouver sa famille et fêter Noël. Or, à son retour, il n’a plus rien à célébrer : durant son absence, son épouse est morte de consomption et le cadavre de leur fille a été trouvé dans la Platte – un cours d’eau pourtant si peu profond.
Roman quelque peu sanglant c’est le moins que l’on puisse dire. L’histoire de trappeurs qui finissent par trapper les gens d’un village qui ont fermé les yeux devant l’abus sexuel du maire sur une fille d’un trappeur et qui en est morte. Malgré la rudesse de l’histoire, le récit est très bien écrit et on embarque facilement dans la fiction. Et la finale est quand même bien! Cela aurait peut-être même pu mériter un 4 étoiles….
Il ne s’agit pas d’une histoire de trappe, mais d’une histoire de lâcheté, de dissimulation, de violence, de vengeance, d’abus, de désolation. Avec même un petit côté féministe surprenant, dans un monde d’hommes d’Église, d’hommes de Loi, de loups et d’hommes des bois.
Un feu roulant de violence – sanglante et sexuelle – dans l’écrin d’une écriture riche mêlant admirablement les registres de langue familier/régional et littéraire.