Marina Tsvetaeva (1892-1941) fut l’un des plus grands écrivains russes du xxe siècle. Elle connut un tragique destin : après la révolution d’Octobre, le long exil, d’abord à Prague puis en France, une fille morte de faim, une autre déportée vers le Goulag, l’hostilité de l’émigration russe, l’indifférence du Paris littéraire, le retour contraint en Union soviétique, ses appels désespérés à Beria ou Staline... jusqu’à son suicide. Tout cela, Marina l’a écrit, avec une minutie poignante, poursuivant sans relâche son monologue dans des cahiers de brouillon et des carnets. Seule la mort l’a empêchée d’en faire un livre. Pour établir ce qui constitue une véritable autobiographie de Tsvetaeva, Tzvetan Todorov a extrait des dix tomes d’écrits intimes publiés en russe la matière d’un volume, Vivre dans le feu : un chef-d’œuvre.
Марина Цветаева Marina Ivanovna Tsvetaeva was born in Moscow. Her father, Ivan Tsvetaev, was a professor of art history and the founder of the Museum of Fine Arts. Her mother Mariya, née Meyn, was a talented concert pianist. The family travelled a great deal and Tsvetaeva attended schools in Switzerland, Germany, and at the Sorbonne, Paris. Tsvetaeva started to write verse in her early childhood. She made her debut as a poet at the age of 18 with the collection Evening Album, a tribute to her childhood.
In 1912 Tsvetaeva married Sergei Efron, they had two daughters and one son. Magic Lantern showed her technical mastery and was followed in 1913 by a selection of poems from her first collections. Tsvetaeva's affair with the poet and opera librettist Sofiia Parnok inspired her cycle of poems called Girlfriend. Parnok's career stopped in the late 1920s when she was no longer allowed to publish. The poems composed between 1917 and 1921 appeared in 1957 under the title The Demesne of the Swans. Inspired by her relationship with Konstantin Rodzevich, an ex-Red Army officer she wrote Poem of the Mountain and Poem of the End.
After 1917 Revolution Tsvetaeva was trapped in Moscow for five years. During the famine one of her own daughters died of starvation. Tsvetaeva's poetry reveals her growing interest in folk song and the techniques of the major symbolist and poets, such as Aleksander Blok and Anna Akhmatova. In 1922 Tsvetaeva emigrated with her family to Berlin, where she rejoined her husband, and then to Prague. This was a highly productive period in her life - she published five collections of verse and a number of narrative poems, plays, and essays.
During her years in Paris Tsvetaeva wrote two parts of the planned dramatic trilogy. The last collection published during her lifetime, After Russia, appeared in 1928. Its print, 100 numbered copies, were sold by special subscription. In Paris the family lived in poverty, the income came almost entirely from Tsvetaeva's writings. When her husband started to work for the Soviet security service, the Russian community of Paris turned against Tsvetaeva. Her limited publishing ways for poetry were blocked and she turned to prose. In 1937 appeared MOY PUSHKIN, one of Tsvetaeva's best prose works. To earn extra income, she also produced short stories, memoirs and critical articles.
In exile Tsvetaeva felt more and more isolated. Friendless and almost destitute she returned to the Soviet Union in 1938, where her son and husband already lived. Next year her husband was executed and her daughter was sent to a labor camp. Tsvetaeva was officially ostracized and unable to publish. After the USSR was invaded by German Army in 1941, Tsvetaeva was evacuated to the small provincial town of Elabuga with her son. In despair, she hanged herself ten days later on August 31, 1941.
Maintenant -- le deuil ! Ce livre nous en apprend tout autant sur la poétesse qu'il nous en apprend sur la condition de l'écrivain précaire et de la famille sans le sou, de l'écrivain en temps de guerre et censure, d'une femme écrivaine qui décide de ne pas abandonner ses tâches ménagères et maternelles, d'une femme qui est capable d'une très grande fidélité émotionnelle qui se traduit, aussi, par une infidélité émotionnelle (contradictoire mais si vous la connaissez, vous comprendrez); ce livre sert aussi de rappel des pires moments de l'histoire soviétique. Par exemple, comment ne pas avoir le cœur retourné en apprenant que son mari et sa fille dont le rêve était de revenir en URSS et participer à la vie soviétique ont été emprisonnés, et torturés (et condamné à la mort dans le cas de Sergueï) !
L'introduction de Tzvetan Todorov est géniale et mérite qu'on prenne le temps de la lire. Le travail de reconstitution et organisation et commentaire des lettres est magistral, merci. Quant à Marina Tsevateva dont il est question ici, elle a été une humaine tout à fait unique, qu'on ait aimé sa poésie ou non. Ces lettres apportent bien des éclaircissements quant à certains de ses poèmes, et nous font comprendre à quel type de personnage nous avons affaire en la lisant. Marina était clairement une personne intense, qui a dû être difficile à vivre tant elle était extrême dans sa façon d'être et dans ses passions, tant elle était dans la non-conformité de la façon (probablement) la plus naturelle qu'il soit.
Ce que j'aime chez elle, c'est sa capacité à ne pas souhaiter appartenir à des groupes ou partis politiques à une époque où ça aurait pu rendre sa vie plus facile de le faire, à une époque où il était attendu de tous, et encore plus d'artistes et écrivains, d'avoir un avis tranché. Non, Marina est ce genre de personne capable d'écrire un long poème louant le Tsar, puis louer l'armée blanche, avant de mettre en avant une figure communiste. Et pourtant, le communisme n'est aucunement compatible avec sa philosophie de vie. Mais elle est en même temps capable de souligner ce que ça a pu apporter de bon. Et ça, peu de gens en sont capables, notamment durant des époques mouvementées où on attend des positionnements très précis d'un côté ou de l'autre. Et je me reconnais dans ça.
J'aime également sa tenacité face à l'adversité et la pauvreté : elle veut être écrivaine et ne souhaitera (presque) jamais se rabaisser à faire autre chose, un emploi plus "normal". Elle écrit également des articles, fait de la traduction, mais ne voudra jamais abandonner cette vocation qu'elle a d'écrire. Elle refuse parfois certains travaux, quitte à crever la dalle, car ça ne lui plaît pas. Encore une fois, peu de gens sont comme elle.
J'admire également l'amour et le dévouement le plus total (!!) qu'elle porte à sa famille. Dans sa vie, deux grands amours : écrire et l'amour. Et elle se donne toute entière à ces choses. Sa façon d'être fidèle et d'aimer ne correspondra pas à tout le monde, mais elle est constante dans sa façon d'être. L'amour qu'elle porte à son mari et les passions qu'elle ressent pour d'autres humains (souvent d'autres poètes) ne sont pas deux choses irréconciliables à ses yeux. Et pour l'époque, ce n'était pas tout le monde qui aurait pu assumer cela. Elle défendra et s'occupera de son mari jusqu'à la fin de sa vie. Idem pour ses enfants. Mais toujours à sa façon. J'avouerai que certains passages amoureux/passionnels m'ont fait lever les yeux au ciel tant c'était pathétique, mais c'était du vrai au moins. Et je ne l'aime pas moins à cause de ça.
Ca m'a fait beaucoup de peine de lire certaines lettres : des lettres où elle commence à douter de la reconnaissance qu'elle pourra avoir de son vivant dans le monde de la littérature, ou encore de sa vie de famille, qu'elle vit mal les relations avec sa fille Alia, ou bien ces moments où elle a l'impression de n'avoir rien en commun avec les autres membres de sa famille qu'elle aime et chérit tant, ou encore ces moments où elle ne voit que la mort comme unique issue.
Je vais m'arrêter ici, mais vous comprendrez bien que Marina été la poétesse de mon année 2025.
No hay nada que pueda decir de este libro. Es una joya absoluta. Muy triste. Lo pedí para mi cumpleaños, y vino desde UK a mí. Fecho el día de comienzo de lectura ese 10 de febrero, cuando cumplí 25. Marina es una de las mejores autoras que leí y su vida fue una epopeya que -dadas las condiciones miserables de su tiempo-, solo podía terminar en ese suicidio en Elabuga en el 41. El final me hizo mierda, pero muchas cosas en este libro golpean. También hay demasiada belleza en él. Agradezco a Selma Ancira y Todorov por este trabajo.
Vivendo sob o fogo é composto por uma seleção de escritos íntimos que contam um pouco da vida trágica da poeta russa Marina Tsvetaeva. Amores platônicos são ovacionados, a revolução russa explode, o exílio se apresenta como única opção de sobrevivência, a fascinação pelo tempo e pela morte se tornam constantes e Marina permanece solitária e talentosíssima na conservação de sua paixão pela poesia e pelos poetas. Suas cartas para amigos e familiares apresentam uma Marina altruísta e encantadora, porém as entradas de seu diário demonstram o quanto Marina era humana. Ela comete erros pesados e irreversíveis, é egoísta em suas escolhas, deixa de se posicionar politicamente, é uma mãe e esposa imperfeita, faz comentários hostis com uma leveza proposital para parecerem inocentes. Enfim, se expõe incorreta e ao mesmo tempo fascinante. Mas acima de tudo, M. T. perseguia, por meio de uma escrita filosófica e extremamente perspicaz, a liberdade e a verdade que estão investidas no ato de amar. "Toda a questão consiste em que sejamos nós a amar, nós a sentir o coração batendo - mesmo que ele se quebre em pedaços! Sempre me quebrei em pedaços, e todos os meus versos - são aqueles mesmos cacos prateados de meu coração."
É muito difícil falar sobre nossos livros favoritos, principalmente quando eles revelam tanto sobre nós mesmos. Marina sempre terá um espaço de destaque na minha estante e também no meu coração.
Chapeau à Tzvetan Todorov. Travail immense. Destin archi-tragique. Très belle plume. Aphorismes. Pleine de contradiction ; critique les esthètes, les romantiques, alors qu'elle même l'est: sa solitude poussée, son rejet des groupes, son attachement à la nature, etc...
“Je ne suis ni blanc ni rouge, je n’appartiens à aucun groupe littéraire, je vis, agis et travaille seule et pour les êtres seuls.”
La révolution bolchévique déchire la vie de Marina Tsvetaeva, la précipite dans la misère et l’exil, avant de faire culminer la tragédie de sa vie par les arrestations et persécutions de sa fille et de son mari, suivi par son propre suicide. Vision de l’âme et du monde, écriture, liaisons amoureuses, mais aussi vie quotidienne et vie de famille sont abordés avec intensité, passion et intransigeance. Ce livre ne présente pas des mémoires à proprement parler mais une sélection de lettres et de fragments des carnets de Tsvetaeva, ordonnés chronologiquement et par aspects de l’existence. Ces fragments sont liés par des annotations contextualisantes de Todorov, qui a magistralement réalisé l’édition, ce qui rend la lecture très fluide.
La autobiografía de una poeta rusa marginal editada por Todorov, solo podía tratarse de una obra maestra. Parece una novela en si misma, es un aliento y un desaliento para seguir los propios deseos de dedicarse a la literatura