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Ce qui meurt en nous
Inspirés par la pandémie, ces textes proposent une réflexion sur la mort – nouveau tabou qui a succédé à celui de la sexualité –, sur la distance entre les mots et les choses, entre le corps et l’esprit, entre les morts et les vivants, entre le passé et le présent, distance qui au fil des ans est devenu un fossé, pour ne pas dire une fosse commune.
On retrouve dans cet ouvrage tout ce qui a fait la force des précédents essais de l’auteur : l’analyse d’une civilisation dont la fuite devant la mort a accéléré le processus d’autodestruction. Mais à l’exercice critique de l’essai s’ajoute ici une démarche créatrice qui consiste à penser les contraires, à en tirer une nouvelle réalité plus vaste, plus harmonieuse, par le biais d’une subjectivité totalement assumée. En remontant aux sources de sa pensée, Mathieu Bélisle réussit à concilier « l’horizontalité tranquille et l’horizon prosaïque », la noirceur et la lumière, en rompant radicalement avec la culture du rire et des professeurs de désespoir. Ses essais s’inscrivent, comme ceux de Pierre Vadeboncœur, dont il se réclame, dans le désir de voir et de supporter à la fois l’insignifiance et la beauté du monde.
On retrouve dans cet ouvrage tout ce qui a fait la force des précédents essais de l’auteur : l’analyse d’une civilisation dont la fuite devant la mort a accéléré le processus d’autodestruction. Mais à l’exercice critique de l’essai s’ajoute ici une démarche créatrice qui consiste à penser les contraires, à en tirer une nouvelle réalité plus vaste, plus harmonieuse, par le biais d’une subjectivité totalement assumée. En remontant aux sources de sa pensée, Mathieu Bélisle réussit à concilier « l’horizontalité tranquille et l’horizon prosaïque », la noirceur et la lumière, en rompant radicalement avec la culture du rire et des professeurs de désespoir. Ses essais s’inscrivent, comme ceux de Pierre Vadeboncœur, dont il se réclame, dans le désir de voir et de supporter à la fois l’insignifiance et la beauté du monde.
144 pages, Paperback
Published May 1, 2022
About the author
Mathieu Bélisle
13 books22 followersMathieu Bélisle enseigne la littérature au Collège Jean-de-Brébeuf. Essayiste, il a publié deux livres, Bienvenue au pays de la vie ordinaire et L’empire invisible. Il a été finaliste aux prix littéraires du Gouverneur général, a reçu le prix Pierre-Vadeboncoeur et a remporté trois fois le prix de la SODEP du meilleur essai. Il est membre du comité de rédaction de la revue L’Inconvénient.
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Community Reviews
Displaying 1 - 8 of 8 reviews
June 18, 2022
Ce qui m'a le plus marqué de cette lecture est la question philosophique et politique posée à la page 60 "Il faut se demander si les intérêts de là cité doivent passer devant ceux des individus"
C'est la question est soulevée par l'histoire de Antigone de Sophocle, qu'il utilise pour tirer de la sagesse de la récente pandémie mondiale.
J'ai apprécié sa définition positive du mot prosaïque et l'approfondissement du concept.
J'ai pas détesté d'avoir son point de vue sur l'intellectuel publique Jordan Peterson 🤣
C'est la question est soulevée par l'histoire de Antigone de Sophocle, qu'il utilise pour tirer de la sagesse de la récente pandémie mondiale.
J'ai apprécié sa définition positive du mot prosaïque et l'approfondissement du concept.
J'ai pas détesté d'avoir son point de vue sur l'intellectuel publique Jordan Peterson 🤣
July 18, 2024
Une réflexion sur les enjeux du monde actuel habilement documentée qui pose la question de notre finalité, c'est à dire la mort - la mort des individus comme la mort de notre humanité - accompagnée d'une critique virulente sur le système de santé et sur notre comportement face à la mort.
Belisle avance que l'aventure moderne toucherait à sa fin - ironie du sort - en ayant créé avec la bombe atomique, la pollution industrielle et les virus (le livre est écrit en pleine pandémie COVID-19) les conditions de sa propre disparition. Paradoxalement, je constate que les humains vivent de plus en plus vieux, notamment ici au Québec, une des contrées où l'on compte le plus de centenaires. Mais ce constat n'enlève rien à la rigueur des propos de l'auteur qui sont très personnels, c'est-à-dire issus de sa propre expérience.
Les références très pertinentes de Sophocle, Romain Gary, Jacques Ferron, Roland Barthes, Yuval Noah Harari et plusieurs autres illustrent ses propos. Les collégiens et les collégiennes qui ont la chance d'avoir Mathieu Bélisle comme professeur de littérature sont extrêmement chanceux-ses.
Belisle avance que l'aventure moderne toucherait à sa fin - ironie du sort - en ayant créé avec la bombe atomique, la pollution industrielle et les virus (le livre est écrit en pleine pandémie COVID-19) les conditions de sa propre disparition. Paradoxalement, je constate que les humains vivent de plus en plus vieux, notamment ici au Québec, une des contrées où l'on compte le plus de centenaires. Mais ce constat n'enlève rien à la rigueur des propos de l'auteur qui sont très personnels, c'est-à-dire issus de sa propre expérience.
Les références très pertinentes de Sophocle, Romain Gary, Jacques Ferron, Roland Barthes, Yuval Noah Harari et plusieurs autres illustrent ses propos. Les collégiens et les collégiennes qui ont la chance d'avoir Mathieu Bélisle comme professeur de littérature sont extrêmement chanceux-ses.
June 17, 2022
À la croisée de la littérature, la philo, la politique et la socio, Mathieu Bélisle nous invite à prendre un moment pour penser à la pandémie au-delà des données. Penser à la mort, la vulnérabilité, mais aussi aux deux années qui ont bouleversé notre rapport aux autres et à la vie. Un style d’écriture percutant, un essai touchant, vrai.
February 2, 2023
Quel bel essai de Mathieu Bélisle! C’est le premier ouvrage que je lis de cet auteur et j’ai beaucoup apprécié ma lecture!
Entremêlé de littérature, de philosophie et de politique, la pandémie est abordée d’un tout autre oeil.
Personnellement, la portion qui m’a interpellée (ou ébranlée) est celle où l’auteur fait un parallèle avec la comptabilisation des décès lors de la pandémie et qu’elle est comparée à un bulletin météo ou encore à un tableau de variation de la Bourse et également, la gestion des décès dans les CHSLD et RPA. Peut-être parce que je fais partie des travailleurs de première ligne?
Bref, cet essai m’a sorti de ma zone de confort et je le recommande!
Entremêlé de littérature, de philosophie et de politique, la pandémie est abordée d’un tout autre oeil.
Personnellement, la portion qui m’a interpellée (ou ébranlée) est celle où l’auteur fait un parallèle avec la comptabilisation des décès lors de la pandémie et qu’elle est comparée à un bulletin météo ou encore à un tableau de variation de la Bourse et également, la gestion des décès dans les CHSLD et RPA. Peut-être parce que je fais partie des travailleurs de première ligne?
Bref, cet essai m’a sorti de ma zone de confort et je le recommande!
August 30, 2023
L'analyse des "conséquences concrètes et ontologiques de la dématérialisation des rapports humains" proposée par l'auteur ressemble plutôt à un journal de réflexions intimes et d'anecdotes qui n'ont que trop peu à voir avec la mort comme fait social complexe. J'ai l'impression que l'auteur a voulu trouver un prétexte - le sujet de la mort - pour étaler sa nostalgie d'un "avant" idéalisé, sorte d'espace-temps flou où l'humain (lire "Québécois") n'aurait pas encore frappé le mur du (pseudo) "déficit de transcendance". Je suis bien déçue de cette lecture.
June 24, 2024
J’ai eu l’impression que ce livre relevait plutôt de la chronique de presse et du journal intime que de l’essai. Je m’attendais à un livre sur la mort comme phénomène collectif. J’ai plutôt eu droit à une longue plainte sur la gestion de la pandémie et des services publics québécois qui n’apportait rien de nouveau à tout ce qu’on a déjà entendu.
June 7, 2025
Première lecture de Mathieu Bélisle. Petites lectures plaisantes qui me rappellent des chroniques journalistiques ou des cours magistraux de littérature. L’auteur y partage ses réflexions sur différents sujets. À noter que cet essai ne porte pas réellement sur la mort mais est plutôt un genre de fil conducteur en filigrane. J’ai bien aimé cette nouvelle plume, dont l’érudition m’a rappelée des professeurs que j’ai eu à une période plus « littéraire » de ma vie.
August 3, 2023
Content d’avoir découvert cet essayiste dont l’écriture coule si naturellement. Plus politique que je l’espérais, la seconde moitié me captivait un peu moins mais j’ai aimé réfléchir avec l’auteur.
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