Avec le Monde comme obstacle, François Charron affirme la poésie comme espace de rêve, comme lieu où toutes les pensées sont permises. Étrange clarté de ce livre où les événements se multiplient et se perdent, où les êtres et les choses émergent pour aller rejoindre un dehors insaisissable...
Proche du haïku, chaque poème rassemble une suite de sentences sur ce qui n'a pas de fin ni de commencement.
Je suis fascinée par la façon dont Charron dépersonnalise le « je ».
La forme est fort habile (chaque vers tenant par lui-même, la plupart étant des phrases syntaxiques) pour incarner cette poésie du non-évènement (ou du micro-évènement). Rien n'arrive vraiment; rien n'est vraiment ressenti. Il y a une forme de passivité apaisante qui traverse le livre.
Par contre, l'ensemble devient quelque peu répétitif (ou du moins traine en longueur).