Madame Perez vit seule dans sa maison en zone inondable. Il pleut, le niveau du fleuve monte, le déluge se fait sentir. Madame Perez attend ses trois enfants pour le déjeuner mais arriveront-ils à temps, avant que la route ne soit coupée ?
Nous plongeons dans la tête de Madame Perez. Alors qu'elle rationalise ses gestes et ses pensées, elle décortique ses tâches domestiques, l'alimentation de ses enfants, sa gestion des catastrophes quotidiennes. Le monologue déborde, une vague logique la pousse à argumenter pour un nouveau régime alimentaire destiné uniquement à réduire les corps des garçons, « ces faiblards qu’il faudrait annihiler ». Madame Perez rit de la déconfiture à venir et nous rions avec elle. Puis, sa pensée accélère : le tribunal des mères, le tribunal des pères, la condition des demi-vies, la violence infligée par les instances de domination... Avec un humour terrible, se dessine le portrait d’une femme, en proie à la colère et à la folie, qui agit pour un nouvel ordre mondial.
Le texte est accompagné d’une postface de Cindy Coutant.
Estelle Benazet Heugenhauser est une autrice franco-autrichienne. Née en 1985, elle grandit en banlieue parisienne. Ses textes mettent en scène des corps qui s’éprouvent. Désir, faim, dépense génèrent l’action et métabolisent l’exercice du pouvoir.
Incapable de "noter" ce livre ; il est perturbant sur la fond comme sur la forme, et il faut s'accrocher Ça parle de nourriture, de sexisme, de domination, c'est violent et anxiogène mais c'est très fort, très bien fait - c'est pas pour tout le monde mais ça m'a beaucoup plu
L'écriture est super, hyper particulière, entêtante mais vraiment claire. Et oui, le tribunal des pères nous en veut, à nous de prendre notre revanche. Vive la soupe et le pâté myrtille. La fin m'a un peu déçue mais les deux premiers tiers c'est un sans faute. Super rencontre avec l'autrice, la maison d'édition Rotolux, Zoé Cosson et Philippe Edieux à la librairie des volcans. + Lecture du texte pour l'Expo des diplômés ! Tout ça pendant le WS d'écriture La personne en question, avec Zoé Cosson De quoi donner envie d'écrire.
C’était génial ! La blague de l’inondation prend trop de place à mon goût mais les 3/4 du livre sont un régale de sarcasme et d’intelligence. Je regrette juste plus de passage sur la soupe et les tartines pâté + myrtilles.