Le temps de la mort n’est plus. Seul nous reste le Grand Œil.
1219 après les Grandes Larmes, les sorcières causent la fin de la mort et la création d’infranchissables murs de brume. Contraints de chasser les défunts transformés en spectres dévoreurs, les Hommes se tournent vers le Culte du Grand Œil.
Soeur Mahagarta, inquisitrice de l'Ordre de l'Iris argenté, retourne sur la terre de son enfance, l'île de Tuewlik, pour assister à la noyade de sa mère. Accompagnée de son vieux voisin, la chasseuse de sorcières compte respecter la mission qui lui a été confiée : assassiner l'a Corneille Blanche.
On se retrouve aujourd’hui avec la poursuite de ma découverte des romans d’Arnaud Cazelles, auteur français dont j'ai adoré Balles perdues, chez Oneiroi, l’année dernière. Nous regrettons la mort prend place dans un univers fantasy original et bien construit et retrace l’histoire de Fàinella, une inquisitrice chargée de capturer la Corneille Blanche, une des sorcières les plus renommées de son temps.
Quand je parlais d’un univers bien construit, jugez plutôt. Le peuple insulaire “barbare” dont est issue Fàinella m’a semblé assez proche de la civilisation viking : organisé en clans, vénérant plusieurs dieux auxquels sont confiées les saisons, craignant la magie druidique. Mais l’archipel de Rarmoàn vit aussi sous la férule de l’Inquisition du Culte du Grand Œil, qui cherche à éradiquer ces anciennes croyances en commençant par exterminer toutes les sorcières, bonnes ou mauvaises. Pourquoi ? Parce qu’un jour, l’une d’elles a éradiqué la mort, transformant tous les défunts en spectres dévoreurs.
Fàinella a volontairement quitté les siens à l’âge de 11 ans pour rejoindre les rangs de l’Inquisition. Elle est devenue Sœur Mahagarta, une chasseuse de sorcières, et revient sur les terres qui l’ont vue naître en quête d’une promotion, conditionnée par la capture de la fameuse Corneille Blanche.
De nombreuses retranscriptions de courriers, discours ou écrits historiques divers nous permettent de découvrir l’univers et tous ses enjeux. Bien que très intéressants parce qu’ils donnent de la profondeur au récit, ils sont cependant très (trop ?) nombreux et nous coupent souvent dans notre lecture, ce qui est un peu dommage. J’ai également trouvé celle-ci ardue du fait du choix de la police d’écriture. Elle est vraiment trop petite, d’autant plus que les dialogues sont somme toute assez rares. Les pages sont donc très chargées, ce qui ne donne pas toujours envie de s’y plonger.
Du côté des points positifs, je citerai bien évidemment l’évolution de Fàinella. C’est un personnage assez fascinant, partagé entre son amour rentré pour les siens et l’éducation stricte qu’elle a reçue. Au début du récit, elle se présente comme une inquisitrice intransigeante, voire méprisante, convaincue du bien-fondé de sa mission. Mais elle va très vite se rendre compte que tout n’est ni tout noir ni tout blanc, et que le Grand Inquisiteur qui l’envoie cache peut-être de sombres desseins. Elle est entourée de personnages secondaires sympathiques, qui nous permettent de disposer de points de vue différents sur la situation.
Si j’ai beaucoup aimé l’univers, les personnages ainsi que l’atmosphère celtique dans laquelle l’intrigue se déroule, il n’en reste pas moins que ma lecture n’a pas été un long fleuve tranquille. J’ai mis du temps à rentrer dans l’histoire, la faute à quelques problèmes de rythme et à ces longs pavés sans le moindre dialogue. Je devais parfois me forcer un peu pour reprendre ma lecture, même si certains passages ont réussi à m’emporter comme par magie. Un sentiment un peu mitigé, donc, mais la conviction qu’Arnaud Cazelles est capable du meilleur et l’intention de le suivre de près.
Une lecture sympathique. Je salue le travail éditorial. Des personnages assez attachants, une quête et des thèmes qui sortent de l'ordinaire en fantasy. Le worldbuilding est très complet. Peut-être un peu indigeste dans la façon dont il est présenté dans les 230 pages. La plus grande faiblesse à mon sens (même si ça n'empêche pas la lecture), ce sont les dialogues. Des dialogues explicatifs à rallonge qui manquent de crédibilité et dont on sent qu'ils sont simplement là pour donner des informations importantes. Trop longs, trop explicites. Cela m'a d'autant plus gênée dans les scènes d'action. Les personnages sont pris dans des situations entre vie et mort et se lancent dans des échanges interminables...
J'ai tout de même apprécié ma lecture et je la conseille si vous avez l'occasion de lire ce court roman.
L'univers est incroyable, et j'ai adoré tout l'aspect sur les sorcières. C'est vraiment original, et la plume est agréable à lire, très fluide mais fournie! Très bonne lecture, même si j'avais parfois de la peine à rentrer dans l'histoire. En tout cas, le concept est génial, et ça donne tout de suite envie de savoir ce qui s'est passé. Très bonne lecture !
Ce livre est d'une originalité folle en ce qui concerne l'univers en lui même que j'ai tout simplement adoré !!!! Le fait que la mort n'existe plus a laissé la porte ouverte à l'obscurantisme religieux qui s'en est servi pour assouvir son désir de dominer les Hommes. Nous suivons ici Fainella, une soeur chasseuse de sorcière qui va se retrouver confronter à ses propres contradictions au fur et à mesure qu'elle avance dans une quête ordonnée par ses supérieurs. J'ai aimé la construction du texte qui mêle une narration classique avec des extraits de textes religieux, de lettres etc qui nous font découvrir l'histoire de cette religion et sa construction à travers les écrits de leurs créateurs. Les personnages sont très attachants et intéressants, j'ai trouvé que le duo marchait très bien ! Enfin, l'écriture d'Arnaud Cazelles permet à son roman de sortir du lot car elle est plus recherchée et plus riche que celle de beaucoup d'autres romans. Le roman parait court de prime abord mais les pages sont bien remplies et permettent de bien s'imaginer l'univers malgré tout ! A lire absolument !
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Ce livre est d'une originalité folle en ce qui concerne l'univers en lui même que j'ai tout simplement adoré !!!! Le fait que la mort n'existe plus a laissé la porte ouverte à l'obscurantisme religieux qui s'en est servi pour assouvir son désir de dominer les Hommes. Nous suivons ici Fainella, une soeur chasseuse de sorcière qui va se retrouver confronter à ses propres contradictions au fur et à mesure qu'elle avance dans une quête ordonnée par ses supérieurs. J'ai aimé la construction du texte qui mêle une narration classique avec des extraits de textes religieux, de lettres etc qui nous font découvrir l'histoire de cette religion et sa construction à travers les écrits de leurs créateurs. Les personnages sont très attachants et intéressants, j'ai trouvé que le duo marchait très bien ! Enfin, l'écriture d'Arnaud Cazelles permet à son roman de sortir du lot car elle est plus recherchée et plus riche que celle de beaucoup d'autres romans. Le roman parait court de prime abord mais les pages sont bien remplies et permettent de bien s'imaginer l'univers malgré tout ! A lire absolument !