Quand la police de Moscou est arrivée, les trois soeurs étaient assises le long du mur à côté du cadavre de leur père. Il avait le poil noir, le ventre gras, une croix dorée autour du cou. Depuis des années, il s'en prenait à elles, les insultait, les frappait, la nuit, le jour. Alors elles l'ont tué.
La Russie s'est déchirée à propos de ce crime, parce qu'il lui renvoie son image, celle d'une violence domestique impunie.
À vingt ans, Laura Poggioli a vécu à Moscou. Elle aimait tout : la sonorité de la langue, boire et sortir, chanter du rock. Elle a rencontré Mitia, son grand amour. Parfois il lui donnait des coups, mais elle pensait que c'était sa faute. " S'il te bat, c'est qu'il t'aime ", dit un proverbe russe.
Ce livre ne m’a pas vraiment convaincue car il ne s’agit finalement pas d’un récit judiciaire, ni d’une analyse approfondie d’une affaire qui a secoué la société russe. Cette affaire, qui malheureusement passe souvent presque au second plan, est reliée à la vie personnelle de l’autrice, à son expérience en Russie, à sa vision de la société russe (le tout sans beaucoup de regard critique). C’es très autocentré, et j’en ai perdu ce qui m’a d’abord attirée dans cet ouvrage. Les tenants et les aboutissants de ce fait-divers, on ne les a pas en refermant ce livre, et c’est dommage.
Un premier roman indispensable, à lire de toute urgence !
C'est un docu-roman se basant sur un fait divers qui a secoué la société russe et son histoire personnelle, que nous propose Laura Poggioli. Un portrait saisissant de la situation en Russie. Un livre qui permet de comprendre ce qui se passe réellement en Russie concernant l'attitude de Poutine et des dirigeants russes par rapport au sort des femmes vivant pour la majorité la violence conjugale et familiale.
C'est un récit dur, difficile mais tellement essentiel !
Le 22/07/2018, les trois soeurs Khatchatourian - Krestina 19 ans, Angelina 18 et Maria 17 - tuent leur père Mikhaïl. Ce parricide est devenu le symbole de la violence domestique en Russie.
En effet, il faut savoir qu'en Russie, la violence domestique - sujet tabou - a été dépénalisée, si une femme demande de l'aide auprès de la police, on lui répond que l'on ne peut rien faire ! mais qu'on enverra une équipe sur place si elle meurt ! C'est vraiment interpellant, révoltant ! Aucune structure n'existe pour les femmes victimes de violence et l'auteur des faits sera soumis au pire à une amende administrative en cas de récidive ! A vomir !
Un proverbe russe ne dit-il pas "Biot znatchitlioubit " 'S'il te bat, c'est qu'il t'aime ! '
Stupéfiant non !
L'originalité de ce roman est que Laura Poggioli reconstitue la vie des trois soeurs et ce qui les a conduites à ce parricide en parallèle à son histoire et l'effet cathartique que l'affaire Khatchatourian aura eu sur le peuple russe mais aussi pour l'autrice qui se libère de son rapport aux hommes.
Laura a étudié le russe, a vécu dix-huit mois en Russie un pays et une culture qu'elle a aimés, elle y a rencontré Mitia, un amour toxique.
On remonte le temps pour comprendre la réalité, le quotidien des violences psychologiques, verbales, physiques et sexuelles vécues par les victimes que la société russe présente toujours comme coupables. Aucune structure n'existe pour les femmes et familles victimes de violence, aucune loi n'est mise en place, même aujourd'hui Poutine ne veut changer d'attitude estimant que l'on ne peut rien faire à l'intérieur des foyers, que ce serait contraire à la culture du pays !
Laura nous interroge sur les héritages culturels, familiaux, sur l'influence des secrets familiaux que l'on porte en soi. Elle nous raconte la Russie, sa différence de culture, la corruption, la vision des choses par rapport au mouvement #metoo, à la libération de la parole. Il y a des contradictions énormes dans ce pays comme par exemple le fait de se sentir complètement en sécurité dans la rue et ce déferlement de violences habituelles, une fois la porte refermée.
Elle nous parle aussi de son amour pour la littérature et les autrices russes qu'elle affectionne comme Anna Akmatova, Marina Tsvetaïeva et d'autres.
L'écriture est d'une grande justesse. C'est bien construit. C'est parfois dur à lire car la réalité dépasse la fiction. Il y a encore tant de choses à lire, un livre qui marque, le plus simple pour vous est de le découvrir d'urgence.
Un livre indispensable dont on parlera beaucoup à cette rentrée.
Un coup de ♥
Les jolies phrases
Mais beaucoup voyaient d'un mauvais oeil tout ce qui ressemblait de près ou de loin à ce qui se pratiquait à l'Ouest. La libération de la parole autour des violences faites aux femmes, le mouvement #Metoo, cétait le symbole de la faillite de l'autorité morale qui menait à leur perte les sociétés occidentales. En Russie, il y avait ce proverbe qui disait "Biot - znatchit lioubit - s'il te bat, c'est qu'il t'aime ", et les proverbes, c'est comme le passé : quand on ne sait plus où on va, on s'y agrippe pour se persuader qu'on est du bon côté.
Pour beaucoup, un meurtre restait un meurtre et une victime de violences avait toujours la possibilité de partir. Les foyers d'accueil sont inexistants, les associations submergées, mais qu'à cela ne tienne: quand on veut, on peut.
La prison vaut mieux que de vivre avec lui. Dix ans de coups, quatorze ans de harcèlement...
Il ne faut surtout pas que le chagrin dépasse, même s'il brûle très fort la gorge, parce que le chagrin c'est comme la peur : quand on le veut vraiment, on peut le garder à l'intérieur.
Dans le débat autour des violences domestiques, il ne fallait pas sous-estimer le refus d'imiter l'Europe et les Etats-Unis, la crainte de voir se diluer la culture russe. L'explosion à l'Ouest des mouvements féministes dénonçant les violences faites aux femmes apparaissait pour beaucoup de Russes comme un phénomène dangereux, ridicule ou tout simplement inintelligible.
Selon un des experts interrogés, le corps judiciaire souscrivait aux stéréotypes qui estimaient qu'« une femme avait toujours une part de responsabilité», que si elle n'acceptait pas la violence, elle pouvait très bien partir, car quand on avait été battue plusieurs fois, il fallait «une autre raison» pour prendre un couteau.
Etre victime, c'est être seule contre une famille qui n'accepte pas qu'on lave son linge sale en public, seule contre la police qui intervient rarement, seule contre ses amies qui disent que son mari la bat parce qu'elle est une mauvaise épouse ou une mauvaise mère», se désolait dans un reportage Aliona Eltsvo, la directrice de Kitej, l'un des rares centres d'accueil pour femmes, qui ne disposait que de cinq chambres dans une maison de campagne.
C'est sûrement enfin parce qu'il les aimait que Mikhail Khatchatourian s'en est pris à ses trois filles. Les douleurs physiques et psychiques infligées par le père pendant des années sont considérées comme des circonstances atténuantes mais on ne peut pas affirmer qu'elles constituent le mobile de l'attaque. Elles ne suffisent donc pas à justifier la prise en compte de la légitime défense.» Les conclusions de l'enquête ont été rendues le 14 juin 2019 près d'un an après le crime: Krestina et Angelina, majeures au moment des faits, devraient être jugées pour «meurtre commis en groupe avec préméditation », un crime passible de huit à vingt ans de prison.
Mais pour les soeurs Khatchatourian comme pour toutes les femmes victimes de violences, on interroge avant toute chose leurs fautes, leurs erreurs, leurs manquements.
La messe du dimanche après-midi, c'est comme les icônes accrochées au-dessus du buffet dans l'entrée : ça recouvre toutes les saletés.
C'est simple la tendresse, les rires, les cheveux qui se mêlent, les mains qui se tiennent, les bras que l'on serre, les baisers que l'on se colle sur les joues. C'est tout simple d'être légères quand on s'aime.
On sait aujourd'hui combien les traumatismes vécus par un peuple, une communauté, une famille, peuvent avoir un impact sur les descendants, sur ceux qui portent d'une façon ou d'une autre cette histoire, même éparpillés sur d'autres continents.
La rapidité à laquelle les médias russes ont repris le titre de la pièce de Tchekhov pour parler des trois soeurs Khatchatourian prouve que leur histoire dépasse de loin le fait divers: elle donne à voir la société russe du début du XXIème siècle, les failles de ses lois. de sa police, de son système juridique. L'affaire questionne la place des femmes et contribuera, je l'espère, à la transformer.
s’il te bat c’est qu’il t’aime dit le proverbe russe. j’ai terminé ce livre au lendemain de la journée des droits des femmes, j’en ai mal au coeur. ❤️🩹
Un récit glaçant qui nous plonge dans l'enfer que vivent les trois sœurs Khatchatourian, violentées sans cesse par leur père et qui finiront par le tuer. Parallèlement nous suivons également la vie de l'autrice; le temps passé en Russie, ses amis rencontrés là-bas et plus particulièrement les violences dont elle a elle-même été la victime par son ex petit ami rencontré dans ce pays. Les thème abordés et dénoncés par l'autrice sont très intéressants et concernent en grande partie les défauts de la société Russe (plus particulièrement la dépénalisation des violences domestiques) et son histoire après la chute du communisme. J'ai aimé en apprendre d'avantage sur cette situation mais j'ai eu du mal à accrocher avec la chronologie du roman, sa construction est assez particulière. Aussi je n'ai pas particulièrement accroché avec les passages assez présents qui concernent l'histoire politique de la Russie.
Très auto-centré, ce qui rend le roman un peu fouillis et au final lui fait manquer de substance globale. On sent la passion de Poggioli pour la Russie, mais je ne suis pas sûre que le biais pris soit le bon. L'affaire des trois sœurs est toutefois très documenté et on ressent sans peine à quel point le sujet intéresse l'autrice. Toutefois, j'ai du mal à être convaincue par ses analyses - mais après tout c'est un roman, qui se veut en partie documentaire, c'est là que ça pêche.
Un roman sur la Russie, la violence faite aux femmes et les sévices subis par l'autrice et par les sœurs Khatchatourian.
L'autrice a voulu dépeindre l'histoire des trois sœurs qui commettent un parricide en Russie & le système sociétal (politique, judiciaire & les mœurs encrées) mais c'est très auto-centrée sur le vécu (et l'amour) de l'autrice pour ce pays. je n'ai pas adhéré à la construction du roman : mi-documentaire, enquête, mi-souvenirs de sa vie personnelle, mi-romantisation... l'autrice voulait parler de trop de thématiques différentes (son amour pour la Russie & la réalité de vie pour les femmes russes) et ça n'a match pas du tout je suis grave déçue parce que j'avais hâte d'en apprendre plus sur les femmes et la Russie
C'est l'histoire vraie de trois sœurs russes qui assassinent leur père violent en 2018, mêlée aux souvenirs de l'autrice qui subit elle aussi la violence d'un homme russe pendant un séjour à Moscou.
Ayant moi-même vécu en Russie pendant ma vingtaine ET rencontré des hommes violents, ce livre m'a doublement intéressée. Et touchée.
Un bémol cependant : l'autrice multiplie les propos grossophobes pour décrire le père de famille ("son ventre gras dépassait du pantalon" x15). Ce n'est pas nécessaire.
Je reprends les mots de Laura Poggioli pour parler de ce premier roman : " il donne à voir la société russe du début du XXIème siècle, les failles de ses lois, de sa police, de son système juridique. L'affaire questionne la place des femmes et contribuera, je l'espère, à la transformer." Ce livre interroge et choque par la violence vécue par les trois sœurs. Comment ces crimes peuvent rester impunis ? C'est une culture, un autre monde pour moi. Surtout actuellement avec la libération de la parole ! Cela m'émeut, me fait réagir ! Je voudrais dire aux femmes de crier, de parler, de vociférer, de fuir. A lire !
Excellent premier roman qui se lit d'une traite. Et on en sort avec une meilleure compréhension de la société russe (en milieu urbain). (À compléter avec d'autres lectures bien entendu.)
📚 Quel texte! Dans ce texte très dense, Laura Poggioli dépeint la Russie, les violences domestiques, le patriarcat et puis les démons que l'on hérite de nos ancêtres...
🇷🇺 En revenant sur le parricide des sœurs Khatchatourian, elle imagine leur vie sous emprise, les coups que subissent leur mère, son départ de l'appartement familial, et les sévices physiques et sexuels qu'elles endurent depuis 2014. Le contexte de la société russe, le poids du passé communiste sur l'inconscient collectif, la puissance du patriarcat, l'hystérie autour de la présumée occidentalisation des valeurs et l'absence de système de protection contre les violences familiales sont autant d'éléments qui viennent nourrir le récit.
✒ Et puis dans un aller-retour entre les trois sœurs et sa propre vie, Laura Poggioli revient sur ses propres expériences de violences conjugales et le phénomène d'emprise.
💔 C'est fort, c'est puissant, et on n'en sort pas indemne. Encore un super cru de l'Iconoclaste.
Un thème intéressant : trois sœurs commettent un parricide après des années de souffrance et d'emprise subies au cœur d'une famille russe. Le pays est divisé autour de cette question car s'"il te frappe, c'est qu'il t'aime" mais ne pas apporter d'aide à des femmes maltraitées, est-ce la solution ? La narration prise en charge par une femme amoureuse de la Russie et elle-même victime de violences conjugales ne m'a pas convaincue...Dommage.
Récit glaçant et assez violent de ce à quoi peuvent ressembler les violences conjugales, en Russie plus spécifiquement, à travers l'histoire de trois sœurs et celle de l'autrice elle-même. Un livre que je n'ai pas lâché mais difficile à juger.
« J’espérais secrètement pouvoir rencontrer les trois sœurs et leur mère. Je leur poserais des questions, je les écouterais, et je clôturerais en moi l’écriture de leur histoire. »
-spoiler concernant le contenu du livre-
Refermer ce livre me soulage. Il y a peu de lectures qui m'ont autant mise mal à l'aise et, de manière tout à fait surprenante, ce n'est pas le tragique récit du quotidien de Krestina, Angelina et Maria qui a provoqué ce sentiment. C’est plutôt la dimension autobiographique qui a rendu l’expérience éprouvante et sa fin si attendue, dans le sens où je n’avais qu’une hâte : poser ce livre loin de moi et tenter de l'oublier un peu.
Dès les premières pages, je me rends compte que le texte me semble très autocentré. Le résumé annonçait le récit de trois jeunes filles victimes de tout un système et contraintes de se faire justice elles-mêmes. Pourtant, pour trois pages consacrées aux sœurs Khatchatourian, j’en lis huit sur Laura Poggioli, sur son admiration pour un pays née de l’apprentissage d’une langue vivante au collège/lycée. Étrange. Malgré tout, je poursuis ma lecture, me méfiant de mes premières impressions et souhaitant approfondir le sujet principal : une affaire glaçante révélatrice du dysfonctionnement de la justice russe.
Arrivée à la moitié du livre, le malaise persiste, et s’intensifie même. Je peine toujours à comprendre où l’autrice souhaite m’emmener. Les éloges adressés à un pays qui n’a ni protégé ni soutenu, puis a condamné trois enfants torturées par leur père depuis des années, me laissent perplexe. Ces dernières n’avaient pourtant que la volonté de survivre dans un monde où toute liberté leur était refusée.
Les rapprochements établis entre les sœurs Khatchatourian et l’autrice me dérangent profondément : d’un côté, un père incestueux, bourreau de ses propres enfants ; de l’autre, un petit ami oppressant et tyrannique. Si le vécu et le ressenti de l’autrice concernant sa relation amoureuse passée ne doivent ni être minimisés ni niés, le lien avec cette affaire reste flou. En quoi ce témoignage éclaire-t-il la situation ? Qu’apporte-t-il réellement à la compréhension de ce drame ? D’autant plus que la jeunesse d’Aurelia, la mère des trois sœurs, n’est jamais abordée avec précision. Toute forme de ressemblance m’échappe et m’interroge sur la pertinence de mêler des trajectoires si éloignées. L’omniprésence du « je » finit par peser, tant le fossé entre ces existences est immense.
J’ai malgré tout poursuivi ma lecture jusqu’au bout afin d’être certaine de mon ressenti. Le livre ne comptant que 215 pages en format poche, l’effort est resté limité ; s’il avait été plus long, je l’aurais sans doute abandonné.
« J’espérais secrètement pouvoir rencontrer les trois sœurs et leur mère. Je leur poserais des questions, je les écouterais, et je clôturerais en moi l’écriture de leur histoire. », peut-on lire à la page 206. Ces phrases résument parfaitement ce qui, selon moi, pose problème dans ce récit et expliquent mon malaise : une appropriation de l’affaire par l’autrice qui me gêne, ainsi que des parallèles qui me laissent sans voix.
À mon humble avis de lectrice, un choix s’imposait : écrire un ouvrage consacré à cette affaire, à son traitement médiatique et judiciaire, éventuellement enrichi d’une critique du système patriarcal russe, ou proposer le récit autobiographique d’une femme passionnée par ce pays, qu’elle estime mécompris et qu’elle juge en retard sur les questions dites « domestiques ».
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Ce livre est gênant politiquement, et c'était une grosse connerie de la part de l'editeur de le publier maintenant, en l'état.
Mais avant de parler de ça, la forme. Contrairement à ce que le livre promet, ce n'est PAS un roman. Ça m'a bien mise vénère, ça. Les passages sur les 3 sœurs du titre sont romancés, mais c'est seulement 1/3 du livre. Les deux autres tiers, c'est l'autrice qui se raconte, et fait des rapprochements entre sa propre histoire, et le fait divers russe. Je n'aime déjà pas le procédé de se mettre en scène dans un livre, l'autofiction, le déballage perso, j'ai horreur de ça. Mais en plus, ça prend le pas sur l'affaire des 3 sœurs que j'ai par ailleurs trouvé très mal traité. On a du mal parfois à comprendre avant la toute fin du livre le niveau de calvaire qu'elles ont subi au quotidien, principalement parce que l'autrice n'arrive pas à décrire correctement le niveau de violence. Elle croit qu'il suffit de confronter un père bedonnant (merci la grossophobie) et poilus à trois adolescentes graciles pour exprimer la violence *rolleyes*
Maintenant : la genance du message politique. On a une autrice qui adore la Russie et qui n'est absolument pas objective sur le sujet, mais qui veut quand même nous raconter la face noire de la Russie, à savoir qu'1 femme sur 5 est battue, et que la loi, la police et virtuellement tous les Russes s'en carrent le coquillard au nom de la "tradition" et de la peur de l'invasion des "idées occidentales" (les associations qui luttent pour refaire durcir la loi sur les violences conjugales, réduite à rien par Poutine, sont accusées d'être des "agents de l'étranger").
A ce moment-là, tu t'attends quand même à ce qu'il y ait une réflexion sur la politique actuelle en Russie, le fait que ce retour des traditions, ce durcissement des Russes est orchestré par Poutine, en collaboration avec l'église orthodoxe. Nenni. La politique russe, ka violence familiale, c'est l'URSS. Plaît-il ? Le régime qui est tombé il y a plus de 30 ans ? Bien sûr qu'il a formé les Russes, mais, euh il s'est passé des trucs depuis 30 ans. La loi allégée à la simple amende pour les violences conjugales, c'est pas les soviétiques ! Il y a un grand développement sur "l'URSS était un régime autoritaire, dites" (duh, merci de réinventer l'eau tiède), mais littéralement RIEN sur le fait que les Russes vivent à nouveau en dictature, que la police de la pensée marche à plein régime et que les opposants finissent en prison ou assassinés. Très exactement comme en Russie soviétique.
C'est d'autant plus gênant de faire *maintenant* totalement l'impasse sur la violence politique russe, qui se répercute dans la violence intra-familiale. Il n'y a pas d'addendum, de chapitre annexe qui dirait "oui, tiens, au fait, on publie un livre sur la Russie en pleine guerre." Rien. L'éditeur et l'autrice ont choisi de faire l'impasse complète. Mis à côté du fait que l'autrice n'a absolument rien à dire sur le régime actuel (à part citer les Russes qui trouvent s'ils seraient temps que Pourine laisse la place, ça fait trop longtemps qu'il est là. Lol...), c'est hyper malaisant.
3 sœurs étaient les victimes de leur père. 3 sœurs ont choisi: la prison plutôt que la maison! C’est courageux et assumé pour de si jeunes personnes, ça n’aurait pas dû être le seul choix pour leur sécurité. Elle n’aurait pas dû être obligées de se protéger elles mêmes.
C’était pas il y a 50 ou 20 ans c’était hier et encore aujourd’hui. L’état russe ne souhaite pas s’immiscer dans l’intimité des foyers.
Laura Poggioli nous raconte leur histoire et y mêle ses expériences de femme battue et humiliée. J’ai parfois été perdue dans l’alternance des chapitres et parfois gênée par des détails de sa vie privée qui, à mon sens, n’en n’avaient pas. Mais j’ai aimé le travail de reconstitution et j’ai aimé les ballades à Moscou.
Vraiment troublant dans ce livre, l’auteure, qui malgré cette histoire, malgré sa propre histoire et malgré l’Histoire, me donne envie d’aller en Russie, et me donne envie de la découvrir, parce que la Russie malgré tout, elle l’aime et me la rend désirable.
Avez vous un roman qui raconte la Russie à me conseiller? La Russie contemporaine.
Laura Poggioli retrace ici l'histoire de ces trois sœurs, abusées par leur père, qui décident communément que s'en est assez, et qui finissent par le tuer. Le "procès" qui s'en suit n'en a que le nom, et il faudra des années avant que justice soit rendue (et encore... l'affaire est toujours en cours). Mais à travers cette histoire, c'est toute celle de la Russie qui est racontée, et c'est à toutes ses femmes silenciées, que l'autrice donne une voix. Je me suis plongée dans ce récit à corps perdu. Laura y raconte sa vie, avec son compagnon russe, et pose un regard glaçant sur les violences, courantes, faites aux femmes. Elle alterne entre sa propre histoire et celle des sœurs Katchadourian, ainsi sur de milliers d'autres femmes. Il faut avoir le cœur bien accroché, parce que rien ne nous est épargné. Ni les horreurs qu'ont subie les trois sœurs, ni les lois Russes sur le sujet. Le compte à rebours sur ces 11 dernières années nous entraîne de plus en plus loin dans cette tragédie. C'est bien écrit, c'est violent, cruel, sans filtres, c'est un roman qui dérange et qui bouscule. C'est à lire absolument !
« S’il te bat, c’est qu’il t’aime » (proverbe russe.)
Krestina, Angelina et Maria Khatchatourian, trois sœurs russes, ont commis un parricide. À travers ce fait divers daté de 2018, Laura Poggioli veut faire prendre conscience des violences domestiques commises en Russie en ce XXIe siècle. Sa propre histoire se mêle à celle de ces trois sœurs qui essaient désespérément de se libérer du joug de leur père.
Un sentiment d’injustice est présent tout au long de la lecture : tout le monde sait, mais personne ne veut/peut aider ces trois adolescentes. Pire encore, ce tyran est soutenu par de nombreux proches, malgré toutes les preuves accablantes présentes.
Les scènes de viol sont horribles, une est décrite de manière particulièrement précise.
Cette histoire sert de symbole pour toutes ces femmes battues. En Russie, une femme sur cinq subit des violences conjugales. Il faut noter que depuis 2021, en Russie, les victimes d’abus sexuels risquent 5 ans de prison pour avoir dénoncé publiquement des crimes. Les victimes.
V této knize najdete skutečný příběh tří sester, které se rozhodly zavraždit svého otce, protože je psychicky i fyzicky týral. Do příběhu vstupuje sama autorka a ukazuje nám svůj příběh o tom, jak si zamilovala Rusko, ale i muže, který se zprvu jevil dokonalý, než ji začal ponižovat a bít.
Uf, toto byla silná kniha! Zprvu nenápadná, útlá knížečka, ale její obsah je neuvěřitelný, krutý a smutný. Nic pro slabé povahy. Ač ze začátku autorka násilí spíše obchází, čím dále se v knize dostáváme, tím konkrétnější podobu zlo dostává.
Je šokující, že se takové věci stále dějí, i v dnešní době. Většinou se vše odehrává za dobře zavřenými dveřmi, aby okolí netušilo…
Samotný příběh je zvláštně poskládaný, chvilku mi trvalo, než jsem do něj pronikla a pochopila, kam autorka směřuje, ale po pár stránkách už jsme knihu nemohla odložit (jen na nezbytně nutnou dobu, abych všechny ty hrůzy rozdýchala). Při čtení mi bylo neskutečně úzko.
Kéž by kniha pomohla alespoň někomu otevřít oči a pochopit, že v tom není sám a že by mu mohl někdo pomoci…
''Trois soeurs'' is an excellent debut novel by Laura Poggioli. It takes its origins from a true story in Russia in which three young girls, three sisters, murdered their father after years of suffering physical, psychological, and sexual violence at his hands. Laura draws parallels with her own story, her love for the Russian language, which led her to spend several trips there and to have a boyfriend who also beat her. It must be said that violence against women is apparently common and very often goes unpunished.
It's very well constructed; the parallel between the two stories is really well drawn, and above all, it gives us a glimpse into a part of Russian society and how it has functioned since the fall of the communist regime.
As a woman, we come away from this book feeling deeply shaken, touched, and revolted by the fate of all these women.
On voulait en lire davantage sur la vie des trois sœurs, hors le 3/4 du livre ce n’est abordé que superficiellement car constamment entrecoupé de passages autocentrés et légèrement narcissiques de l’auteure. On n’apprends qu’à la toute fin l’ampleur des violences subies par les trois sœurs. J’ai trouvé intéressant de lire sur la culture russe et son traitement des femmes. Mais j’ai trouvé les propos de l’autrice un peu trop aveuglément fan du pays sans jamais questionner son opinion ni les politiques russes, c’était déphasé avec ce qui se passe en ce moment et un peu maladroit. J’ai aussi trouvé maladroit la comparaison entre l’enfer qu’ont vécu les sœurs et les histoires personnelles de l’auteure. Les passages sexuels étaient aussi assez dérangeants aussi. Globalement j’ai trouvé le livre un peu répétitif mais intéressant d’avoir cette vision sur la Russie.
Le roman se lit d'une traite et offre beaucoup à voir sur le fonctionnement de la société russe et sur la façon dont les violences domestiques sont abordées dans ce pays. Le prisme est celui du fait divers; il y est fait résonance de quelques éléments de la vie personnelle de l'autrice. La lecture en est très agréable, l'écriture bien maîtrisée toutefois il me semble que tout cela reste assez "superficiel" .. on aurait voulu aller plus loin et ne pas rester sur cette sensation d'avoir compilé la lecture de plusieurs articles à sensation sur un fait divers glauquissime et/ou d'approfondir ce que soulevait parfois l'autrice sur sa propre histoire. Bref encore une fois lecture très agréable mais un peu "facile" ...
Trois sœurs c’est l’histoire des sœurs Khatchatourian, elles ont tue leur père après des années d’abus physiques et sexuels. Dans un pays où les violences faites aux femmes sont tolérées et niées, elles ne sont pas vu comme des victimes par la plupart des Russes. L’autrice a vécu à Moscou et en parallèle de l’histoire des ces sœurs, elle raconte son propre parcours avec les hommes russes. Pays étrange qu’on ne peut comprendre qu’en remontant une histoire violente et un vingtième siècle où les hommes ont quasi constamment été à la guerre. Un pays traumatisé par la chute de l’URSS et qui voit l’Occident et ses valeurs comme une menace. Un pays ou une femme peut être en parfaite sécurité à l’extérieure et en danger mortel à l’intérieur de son foyer.
J'ai trouvé intéressant le lien entre l'histoire vraie du parricide des trois sœurs/son retentissement dans la société russe et l'histoire personnelle de l'autrice. C'est une analyse personnelle, une introspection du lien de l'autrice avec les sœurs, de ce que ce "fait divers" veut dire de la société patriarcale, russe plus spécifiquement, mais européenne plus largement, car l'autrice française s'y reconnait aussi.
Les passages du point de vue des sœurs m'ont touché, chaque chapitre est comme un argument en plus pour expliquer ce qui les a poussé à bout.
Il est vrai cependant qu'il y a peu d'analyse documenté et globale sur l'affaire, c'est après tout un roman basé sur l'histoire et les projections de l'autrice.
Livre très prenant sur un sujet grave en France, gravissime en Russie: les violences conjugales et infantiles. "S'il te bat, c'est qu'il t'aime" dit le dicton. Le linge sale se lave en famille et personne n'ose braver Mikhaël, l'ogre maltraitant de toute sa famille, "un homme bon et honnête" aux yeux de sa communauté. Les trois sœurs (tel de titre de Tchekov) vont devoir trouver une solution toutes seules. En racontant cette histoire qui date de juillet 2019, l'autrice revient sur ses années en Russie, ses propres histoires avec les hommes.
j’ai mis bcp de temps à le lire prcq j’ai eu du mal à accrocher à la plume, j’étais parfois perdue entre l’affaire des sœurs et l’histoire personnelle de l’auteure, et les liens qu’elle essayait de faire Il y avait aussi bcp de retour en arrière et de bonds dans le temps Mais je suis contente d’avoir découvert cette affaire dont je n’avais jamais entendu parler Je réalise que je connais très peu de choses sur la Russie, et ce livre m’a permis d’en apprendre bcp plus, tant sur les bons aspects du pays que sur ces problèmes sociétaux internes
J'ai beaucoup aimé cette histoire, qui a été poignante. J'ai versé ma petite larme à la toute fin. Ce que j'ai apprécié c'est le point de vu externe qui est prit pour raconter cette histoire sans se focaliser sur les sentiments des victimes. Je peux comprendre que certaines personnes n'apprécient pas le personnage principal qui suit l'affaire des soeurs (elle se plaint beaucoup il faut se l'avouer).