Cet ouvrage porte sur la façon dont nous élaborons des catégories pour ranger nos manières de parler. Certaines pratiques sont valorisées comme représentant un « standard » ou une « norme », alors que d’autres sont considérées comme des « erreurs », voire des « fautes ». Mais il se trouve que la question des classements linguistiques est omniprésente dans nos quotidiens, et elle possède des effets sur la manière dont nous intériorisons des jugements sociaux plus ou moins légitimes. Non seulement nous faisons quotidiennement usage de catégories floues et mal définies pour désigner nos manières de parler, mais de plus, cet usage engendre des conséquences sociales de mise à l’écart de certaines populations ne s’exprimant pas selon les normes édictées par l’école. L’auteur, déroule dans ce livre une analyse critique des espaces langagiers actuels et questionne le fait de classer nos manières de parler. Il pose les enjeux théoriques et politiques en faisant le travail intellectuel de le démontrer par des études de cas qui vont du langage SMS aux pratiques de l’écriture inclusive sans oublier la réforme de l’orthographe.
Ce livre de Malo Morvan, publié aux éditions du Commun, est un ouvrage d’environ 300 pages vendu à 16 euros. L’auteur analyse comment nous utilisons quotidiennement des catégories floues pour décrire nos manières de parler, et comment cela influence notre perception sociale des individus. Certaines pratiques linguistiques sont valorisées comme normatives, tandis que d’autres sont considérées comme des erreurs ou des fautes, ce qui entraîne la marginalisation de certaines populations ne respectant pas ces standards.
Malo Morvan propose une analyse accessible des espaces langagiers contemporains, reliant enjeux théoriques et politiques à de nombreux exemples concrets. Il examine les principaux courants de la sociolinguistique avec un regard critique, tout en soulignant l’impact des classements linguistiques sur la manière dont nous intériorisons les jugements sociaux. Ce livre contribue ainsi à déconstruire ces hiérarchisations et à réfléchir aux normes linguistiques.
Sur le plan personnel, ce livre est plutôt difficile à lire. Chaque chapitre est dense (environ 50 pages) et le vocabulaire est complexe, ce qui le rend peu accessible à un lectorat non spécialiste. Cependant, il est extrêmement bien documenté et sourcé, avec une bibliographie très complète. On y apprend beaucoup sur la hiérarchisation des langues, le rôle des académies, les mécanismes d’exclusion sociale liés à la langue, ainsi que l’évolution historique et sociale des pratiques langagières.
En résumé, c’est est un ouvrage rigoureux et riche en informations, mais lourd à lire pour ceux qui ne sont pas habitués à ce type d’analyse académique. Il s’adresse surtout à un public intéressé par la sociolinguistique et les enjeux sociaux liés à la langue.
Hyper interessant la critique aux catégories langagières; c’est quoi une langue ? Qu’est ce le français ? De la même manière, l’auteur démonte l’académie française, donc top. Une critique argumentée à la langue française. D’un autre côté, on sent que l’auteur est philosophe, puisqu’il est très relativiste. D’accords avec la critique aux catégories, mais comment expliquer ça aux non-experts ? De même , très lié à son expérience avec le breton, peut-être qu’avec d’autres langues minoritaires la situation peut varier ou l’expérience… J’ai aussi manqué une critique au libéralisme linguistique. Je l’utiliserai dans ma thèse.