(3/5, I liked it)
Nous sommes à Québec, en 1993. La narratrice, Laurie, est étudiante au niveau collégial et ambitionne mollement de poursuivre ensuite vers l’université. Elle a de petits boulots, une bonne amie, des parents attentionnés, qui eux aussi ont de petits boulots. Il y a également la jeune voisine, une enfant négligée par ses parents, qui trouve régulièrement refuge chez Laurie. Elle a une voiture, un char, une Pony. Elle habite Limoilou, en bas d’la ville. C’est ça le monde la narratrice. C’est ça LES CHARS MEURENT AUSSI.
Il s’agit d’une chronique, du récit de quelques saisons. L’auteur raconte le quotidien de la jeune femme, mais raconte également l’essence d’une ville, d’une société, d’une époque. Même si cette histoire ne se déroule que quelques générations avant aujourd’hui, nous sommes à-même de constater que des choses ont changée, que la gentrification des quartiers, que l’ouverture sur le monde, que la scolarisation ont réduit (du moins aux yeux de ce lecteur) l’écart, ou l’apparence d’écart, entre certains quartiers, entre la basse ville et la haute ville.
Le style d’écriture de Marie-Renée Lavoie est très sympathique. Les dialogues sont à la fois réels, sensibles et souvent drôles. Aucun artifice n’est déployé. On est dans le quotidien ordinaire. Pas de trash, par d’ultra-drame.
J’ai longtemps repoussé la lecture de ce livre —livre choisi en mars 2019 par la Ville de Québec dans son projet de lecture commune #unevilleunlivre —, croyant être devant « un livre de fille » (je sais, je sais…!). Une amie m’a cependant fort incité à plonger, que j’allais aimer. J’ai effectivement aimé. Je me suis identifié à l’époque ainsi qu’aux décors et aux références.
Maintenant que la lecture est terminée, je peux affirmer que LES CHARS MEURENT AUSSI est effectivement un livre de fille, mais pas dans le sens péjoratif du terme. C’est l’histoire du quotidien d’une fille, vu par les yeux d’une fille. Voilà.
"Madame Deslauriers était une femme équilatérale, aussi large que haute. Une femme tronc dont les formes s'étaient dissoutes depuis longtemps dans la masse uniforme et compacte de son corps."