Je dois avouer que ce livre me laisse un goût amer en bouche. J'ai été tellement surprise, parce que ce n'est pas du tout l'image que j'ai de Léa Stréliski, que j'apprécie beaucoup, mais l'image que projette ce livre est celle d'une femme remplie de préjugés. Elle aborde TRÈS maladroitement les troubles de santé mentale en parlant de sa prise d'antidépresseurs et bien que je comprends qu'elle parle d'une expérience personnelle, sa façon de les décrire est loin d'être véridique, comme si ce médicament retirait le sens du moi... De plus, j'ai trouvé qu'elle dénigrait les femmes qui aiment qu'on les regarde, qui aiment prendre soin de leur image. Je comprends aussi que cela n'est peut-être pas toujours fait pour les bonnes raisons, mais ces femmes ne sont pas pour autant des pâles copies les unes des autres. Plusieurs autres passages m'ont fait grincer des dents, mais celui qui m'a le plus choquée, c'est celui où elle parle des personnes obèses et de la perte de poids.
Elle louange les gens obèses qui perdent du poids, vantant leur endurance, comme si toutes les personnes qui sont grosses - et qui le restent - le sont parce qu'elles ne sont pas fortes. Comme si l'objectif ultime devrait être de perdre du poids, alors que non, chacun peut vivre dans son corps comme il le désire, sans attendre de devenir une plus petite version de lui-même pour être heureux. Elle utilise d'ailleurs le mot « choisir » quand elle parle des personnes qui perdent du poids, alors que bien souvent, c'est beaucoup plus complexe et que ça peut être tellement malsain. Elle compare allègrement la santé physique et le poids, alors que ce ne sont pas deux éléments qui ont nécessairement une corrélation. Elle fait aussi le lien de la perte de poids avec le fait d'aller au gym, comme si les deux allaient de pair, comme si le fait de bouger devrait n'être que dans le but de rétrécir, alors que non, bouger son corps, c'est un cadeau que nous lui faisons, pour le plaisir et pour qu'il se sente bien, et cela ne devrait en aucun cas avoir un lien avec l'apparence physique, mais plutôt avec notre bien-être, peu importe de quoi nous avons l'air. Je trouve dommage que de telles idées grossophobes soient véhiculées dans un livre à la prémisse si prometteuse...