L’usage du terme « race » en sciences sociales se démarque très fortement de son acception dans l’idéologie raciste et est mobilisé pour penser les rapports sociaux :larace est définie comme une construction sociale et non une donnée naturelle et immuable, mais une production sociale historiquement située, et mouvante . L’ouvrage met en évidence le fait que des groupes sociaux sont racisés, c’est-à-dire placés en position subordonnée ou privilégiée dans de nombreux domaines sociaux, juridiques, politiques, économiques. Il mobilise le concept d’intersectionnalité forgé à la fin des années 1980 qui désigne l’interaction entre les identités raciales et celles que dessinent la classe, la religion, le genre, l’âge, la manière dont elles se cumulent ou parfois se compensent. Dans un premier temps l’ouvrage revient sur l’histoire du concept, de ses premiers usages, et de l’utilisation de la race en tanyt que construction sociale et non de réalité biologique. Puis est abordé le concept de race par ses controverses. Pour finir, l’ouvrage analyse ce que la race comme objet d’analyse fait à la sociologie comme analyse des faits et rapports sociaux.
Un petit opus très utile et bien fait pour comprendre les fondamentaux du concept de race comme réalité sociale structurante, son histoire, sa production et les débats qui traversent sa conceptualisation. De quoi s'armer théoriquement contre le racisme.
Un petit ouvrage qui résume les débats académiques en France et aux USA sur la question de la sociologie de la race. Les autrices ont un parti pris dans ces débats, avec lesquels je ne suis pas d’accord sur tout, mais qui ont le mérite de mettre en avant des problématiques et des tensions d’une application trop mécanique de grands principes. Ce dont les autrices se rendent bien compte en montrant précisément les tensions autour des frontières raciales et donc tout ce qui en découle sur les statistiques ethno-raciales. L’exposé est problematisé donc on en comprend bien les tensions.
« F. Fanon y raconte avoir été interpellé par un enfant accompagné de sa mère, qui s’exclame : "Tiens, un nègre!". Cette interpellation est l’exemple même de l’assignation racialisante : elle est le premier geste d’une objectification et d’un assujettissement qui, selon ses termes, "emprisonne". Elle ne procède pas d’une logique descriptive, qui mettrait simplement en mots l’apparence physique de F. Fanon, mais constitue un énoncé performatif, qui produit le sujet même (littéralement qui assujettit) qu’il prétend décrire. Autrement dit, il n’y a pas de "Noir-es" s’il n’y a pas de "Blanc-hes" pour les désigner comme tel-les. »
Este libro recrea el panorama del tratamiento sociológico del tema de la raza en Francia, aunque también menciona a autores de distintas latitudes que han tenido influencia en ese país. Rescato la capacidad de síntesis de las autoras, así como la articulación compleja de un tema tan diversamente tratado en los análisis sociales.
Un ouvrage scientifique qui regroupe les plus grands noms et concepts de la sociologie du racisme. Un ouvrage concis, précis, et surtout très clair. Une très bonne introduction pour celui/celle qui voudrait s’initier sur les fondements de l’histoire du racisme, de son évolution, et de ses différentes formes. Un ouvrage fondamental pour les chercheureuses en sciences sociales sur ces thématiques. Les termes utilisés sont non seulement bien choisis, mais aussi et surtout faciles à comprendre et à s’approprier (les termes et concepts un peu plus précis sont repris immédiatement en légende, ce qui est, selon moi, nécessaire pour un ouvrage qui se veut accessible. Je recommande fortement. Une très bonne et très simple lecture scientifique. Très accessible. À lire absolument.
Lu pour un cours - C'est un ouvrage théorique donc forcément une perspective politique plus radicale fait défaut. Après, en tant que personne qui manquait crucialement de connaissances sur ce sujet c'était clair, concis, et ça m'a appris pas mal de choses