"L'Évaporée" est l'histoire de la rupture entre Jenny, autrice qui vit dans le Nord, et Ève, journaliste parisienne promise au Pulitzer, transmise par leurs points de vue alternés: celle qui est quittée sans explication et celle qui a quitté pour se libérer de ce qu'elle perçoit comme une appropriation littéraire de son existence, la renvoyant à une relation passée qu'elle doit éclaircir avant de pouvoir la dépasser avec sérénité. Un roman à la construction parfaitement maîtrisée, qui interroge le rapport à la création, la conciliation de choix de vie différents et le statut des créatrices.
Très très beau. Je continue d’être en pâmoison devant la plume de Wendy Delorme et je découvre celle, plus incisive et tout aussi sensible, de Fanny Chiarello. Les deux fonctionnent parfaitement ensemble dans ce jeu de ping-pong romanesque, les deux protagonistes prenant corps au fur et à mesure, les émotions sont fortes. C’est un roman fort et doux.
en vérité ça se rapproche davantage d'un three-star read pour moi mais comme je suis une membre active du lobby LGBT et que j'en ai rien à faire je préfère monter la moyenne des livres lesbiens plutôt que faire la pingre et lâcher trois petites étoiles comme si j'étais légitime à le faire alors que je ne suis qu'une petite grenouille humble et bête. tout ça pour dire.
la lecture a été pour moi un mid-tier moment - qu'on s'entende, c'est infiniment plus appréciable et intelligent et bienfaisant pour le monde que n'importe quel livre hétéro, mais on a si peu de livres qui racontent des lesbiennes que forcément, mes attentes sont un tantinet supérieures, c'est injuste, mais c'est ainsi. là où j'attendais de la chair, des ciels noirs et des incisions, c'étaient plutôt des balades en forêt, de grands soupirs et de petites pauses nostalgie, qui, bien évidemment, ont aussi leur charme et leur émotion, mais qui n'avaient pas l'âpreté, le souffle, l'intensité que j'espérais. durant les trois premiers quarts, à force d'alternances entre les deux protagonistes et autres flashbacks plus ou moins déprimés, on a droit à tout un tas de réflexions plus proches du lieu commun que de la révélation sur la rupture et combien ça fait mal (désolée j'ai l'air aigrie mais c'est juste que j'ai envie de couper court à tout ça pour passer au plus vite à la fin qui, elle, est une tuerie), des petits tropes pas piqués des hannetons sur haaan elle est bobo parisienne tandis que haaan l'autre est nature peinture vegan à la campagne et haaan elle était amoureuse de son prof puis de la femme de son prof puis haaan tu es lesbienne moi je suis bi haaaan tu es cruelle je suis victime puis haaan en fait non moi aussi je suis cruelle bref fatigue, c'est long c'est long, ça passe cent pages à se brosser le poil sur le fait que oh mon dieu être en relation avec un.e écrivain.e c'est avoir l'assurance qu'on finira par devenir son personnage et OMGGGG les écrivain.e.s sont des vampires à émotions et haaan ça bande sur la littérature et les poèmes pendant cinquante pages ET ENFIN ON ARRIVE AU JUICY STUFF la fin est une pure dinguerie ça te prend ça te retourne ça te saupoudre de sucre glace et ça te sert ardent bouillant aux enfants qui te DEVORENT TELLEMENT TU ES INERTE bref la fin est vraiment belle, vraiment touchante, et justifie à mes yeux la lecture pas désagréable du tout mais juste pas transcendante que constituait le reste du bouquin voilà désolée je vais finir cette phrase maintenant lisez-le quand même en vrai j'ai exagéré c'est pas si pire c'est même mieux que 90% de ce qu'on trouve au rayon hétéro des librairies juste ça aurait pu être bien mieux et ça manque quand même de style dans l'écriture mais voilà, bonne soirée et bonne Saint-Fernand
+1 pour le fait que ce n'est pas une relation toxique avec des stéréotypes lesbophobes forcément c'est écrit par des lesbiennes mais ça fait du bien à lire, c'est juste un peu plat sur les bords pendant un temps
vraiment très beau, l’idée de lire un livre écrit à 4 mains m’a bcp plu, et je n’ai pas été déconcertée car les façons d’écrire se rassemblent et forment un tout. ps : plutôt fière d’avoir su le lire en 2 jours après 5 mois sans lire un roman !!
Si je suis désormais un peu accoutumé à la plume de Wendy, celle de Fanny est une découverte, et des plus agréables, pour la lecture de ce roman réalisé à quatre mains, par échange de chapitre d'une autrice à l'autre, un roman qui résonne très fortement pour Fanny justement et fait écho à sa propre expérience.
L'Evaporée, c'est le surnom que donne Jenny "celle qui reste" à Eva, celle qui est partie, sans un mot ni une explication. Pourquoi ? Le récit alterne, d'un chapitre à l'autre, entre ces deux femmes qui s'aiment et qui pourtant se sont quitté. Si on est tenté d'accuser Eva au départ, la voix que lui donne le récit remet les choses sous une certaine perspective. On apprend le passif d'Eva, celui qu'elle tait, ses raisons et on se retrouve partagé entre la fuite de l'une et l'attente de l'autre, et c'est immersif.
J'ai l'habitude qu'avec Wendy, je doive m'accrocher un peu au début, je procrastine les premières pages, avant de me rendre compte que je me suis fais happé et que je ne plus lâcher son livre avant d'avoir atteint la dernière page.
Une lecture intéressante sur comment il y a toujours deux versions à une histoire et une dispute. Mais une des personnages est juste insupportable, donc ça me rendait folle.
le rythme de wendy delorme ne cessera jamais de me charmer, je retrouve dans ses phrases la régularité à laquelle j’aspire maladivement dans ma vie de tous les jours, subvertie par des doubles-sens comme une commande d’apparence organisée aux tiroirs sans fonds de bibelots aux histoires à découvrir, éparpillés ça et là. habitant à lyon, je croise régulièrement wendy delorme - en conférence, en squat, au café - j’aimerais être sa coïncidence, comme ève j’adosse un signifié au signifiant. mais retournons à l’évaporée. un roman à quatre mains écrit par mail interposés, voilà un point de départ accrocheur, et j’ai bien été emmené•e. je découvre l’écriture de fanny chiarello, et j’avoue qu’elle ne m’a pas plus que ça emballé (je la trouve un peu condescendante, mais c’est assumé). par contre, j’ai aimé le contraste des chapitres interposés, découvrir la façon dont fanny a reconstruit (et s’est reconstruite par) l’histoire d’amour qu’elle venait de vivre, et comment wendy a imaginé l’évaporée. petite pensée à la vraie évaporée, qui va voir, comme ève dans le livre, sa propre histoire réécrite. une mise en abyme assez ironique.
Wahou, un superbe roman, écrit à quatre main suite à une rupture vécue par l'une des autrice. Un duo où chacune retrace les pensées de son personnage au décours d'une séparation aussi brutale qu'inexpliquée. Car "il est possible de vivre une même histoire en deux narrations totalement différentes. Et que l'expérience de chaque être en ce monde est une solitude vraiment irrémédiable." Magnifique.
Ce roman a été publié alors que je sortais d'une rupture difficile, aussi j'ai presque mis deux ans avant de m'y plonger ! Écrit à quatre mains (quelle belle idée), il nous propose les deux points de vue suite à la "disparition" soudaine d'une des deux amoureuses. Je connaissais déjà bien Wendy Delorme, mais pas Fanny Chiarello, que j'ai adoré découvrir.
Au départ, on a l'impression que l'histoire d'amour était parfaite, et on ne comprend pas pourquoi Eve est partie comme cela en plein milieu de la nuit. Au fil des chapitres, l'histoire se dessine et les explications arrivent petit à petit : et si tout n'était pas aussi rose ? Cela n'explique pas forcément le silence et le manque d'explication, mais les autrices nous montrent bien à quel point le passé de chacune influence ses actions du présent.
En introduction et en conclusion, les autrices nous expliquent leur rencontre, puis la naissance de ce projet et leur processus de travail : hyper intéressant ! Même si on sent quelques différences de style, on pourrait presque croire que les deux personnages sont écrites par la même personne.
J'ai hésité à mettre 4 étoiles, parce que Jenny est parfois bien insupportable dans son "absolu", sa vie sans concessions, ses jugements quand telle personne prend sa voiture pour faire 4 kilomètres ou lui offre un bouquet de fleurs (mortes, rendez-vous compte !)
Mais j'ai tellement aimé cette lecture dans son ensemble, et la fin, que le coeur l'emporte.
j'ai mis un certain temps à lire ce livre à la forme originale - à part Nino dans la nuit je ne me rappelle pas avoir lu d'autres quatre mains -, peut-être parce que ce n'était pas le moment pour moi. je rencontre ce livre au mauvais moment, je pense que j'aurais préféré le rencontrer il y a un an, alors toute empêtrée dans un chagrin d'amour et une rupture violente. peut-être aurais-je été plus émue, je ne sais pas. je suis tout de même contente d'avoir lu ce livre qui est devenue en 1 an une référence en terme de roman queer et lesbien.
"C'est Jenny qui disait des choses comme poésie, pour parler de nous deux. Elle qui a redonné quelque chose de vibrant, de réel, à ma vie. Les moments avec elle ont rendu vains les rôles que je joue depuis que j'ai perdu le sens de qui je suis, il y a très longtemps."
"Tu n'entendras aucun reproche dans ma bouche et je ne me vengerai pas de ta cruauté à la première occasion, tu n'auras même pas à m'expliquer pourquoi, soudain, tu m'as infligé ce que tu sais être pour moi la torture ultime : l'évaporation."
D'une justesse impeccable. J'ai adoré le rythme et l'écriture à quatre mains. Cela étant dit, la fin a été pour moi d'une grande déception. Un must pour les lesbiennes au coeur brisé.
Un peu de mal à rentrer dedans au début, je ne voyais pas trop où ça allait et j’avais du mal avec le personnage de Jenny. Puis passé le premier quart on a les clefs de compréhension et j’ai tout de suite préféré. C’est joli, de belles réflexions, et bien écrit 🧡
Une écriture à quatre mains très réussie. Si je ne l’avais pas pris à la médiathèque, j’aurais annoté, souligné, corné tellement de pages. J’ai connu des Évaporée, je l’ai peut-être été un peu aussi parfois, mais je me suis surtout beaucoup reconnue dans Jenny. Je continue ma découverte de Wendy Delorme avec bonheur et j’ajoute Fanny Chiarello à la liste de celles que j’aimerais lire cette année.
Encore un roman qui me frappe en plein cœur et qui semble s'adresser directement à ma manière d'être au monde. Je me suis également reconnue dans Jenny et dans Ève, dans la quête d'amour de l'une et l'impossibilité à se laisser aimer de l'autre. J'étais Jenny quand je lisais les chapitres d'Ève, Ève quand je lisais ceux de Jenny. Et juste comme ça, j'ai eu l'impression de les comprendre intimement, de vivre leur relation comme un seul flot de sentiments se déroulant en moi. J'ai été agacée par les travers de chacune comme si j'étais l'amoureuse éconduire ou évaporée, j'ai eu envie de partager leur quotidien, leurs deux quotidiens pourtant si radicalement différents, mais j'avais l'impression de pouvoir tout aimer, tout approuver, tout essayer. Et au-delà de leur histoire, j'ai trouvé dans les mots de ce récit une évocation de ce que je traverse en ce moment, recherche d'identité, déséquilibre de personnalité, questionnement d'être soi. Rarement une écriture m'aura touchée comme cette double écriture.
Ça m’a un peu déchiré le cœur et j’ai adoré le concept et les plumes des autrices (Wendy Delorme, mon cœur t’appartient) mais la fin était un peu bâclée non ?
Je dois avouer que ce livre ne m'a pas transcendé, pas foncièrement déplu non plus, mais je suis pas sûr.e que ma vie ait été grandement changée par sa lecture, pas tous les livres peuvent avoir cet effet et peut être que c'est pas bien grave en soi. J'ai néanmoins suffisamment été touché.e pour pleurer à plusieurs reprises donc c'est que y avait quand même quelque chose de pas si mauvais dedans. C'est juste que, si le livre une fois fini forme un tout plus ou moins cohésif le chemin entre le début et la fin m'a pas toujours convaincu ni permis de me laisser emporter pleinement par ma lecture.
Si c'est Fanny Chiarello qui a eu l'idée de ce projet et de ce livre initialement, c'est clairement la plume de Wendy Delorme qui lui donne le plus de vie, sa narration soutient l'histoire et lui donne son sens et son émotion à mes yeux. Leurs deux écritures et personnages forment un tout auquel je ne voudrais pas enlever celle de FC une fois le livre fini finalement, mais si ça n'avait été que son livre à elle ça aurait sûrement été assez plat.
J'ai trouvé ma lecture moins poignante et intéressante que les autres livres que j'ai lus de WD, mais j'ai quand même retrouvé ce talent qu'elle a pour narrer et manier de façon assez bluffante la temporalité de ses récits. J'aime trop comment elle raconte les blessures de ses personnages, en dénouant dans tous les sens sans se perdre les fils de leur passé pour tisser une toile qui leur donne du sens. Le personnage d'Eve ne m'a pas du tout autant convaincu ou parlé que sa Eve de "viendra le temps du feu", mais j'étais quand même happé.e par son histoire, je voulais en comprendre les fondements et ce qui en découle et c'est ce qui m'a donné vraiment le plus envie de tourner les pages.
Et bien que c'était une version que j'ai trouvée édulcorée de celle-ci et moins touchante, j'ai quand même ressenti un peu de la magie Delorme derrière la création de ce livre, où on sent comme toujours qu'elle se laisse vraiment envoûter par ses personnages pour leur donner vie et y met beaucoup d'elle-même. C'est un aspect de sa plume que j'adore toujours autant.
C'est juste que dans ce cadre précis d'exercice d'écriture délimité, même si elle arrive à en faire quelque chose d'original en soi et super créatif malgré ces mêmes limites, ça marche moins bien pour moi. Le monde qu'elle décrit dans ce livre me semblait étrangement vide et creux et les messages qui auraient pu avoir une portée politique semblaient eux aussi pas assez poussés et un peu vides. C'est un livre sur deux personnages très auto-centrés et avec le sujet forcément ça fait un peu sens que ça soit le cas. Mais je pense que c'est en partie ça aussi qui m'a un peu déplu et a manqué de me faire me sentir connecté.e entièrement au livre peut être. Il manquait de la vie et du relief quelque part.
J'ai encore une fois adoré rentrer dans l'intériorité d'un personnage de WD, voir son passé se révéler chapitre après chapitre, ça m'a captivé à plein de moments, cet aspect là est très réussi, mais j'ai trouvé certains sujets un peu trop "posés là" et bizarrement intégrés sur le côté.
[Spoiler] Le dénouement de l'histoire d'amour centrale au récit est satisfaisant, et j'étais content.e de cette fin où les deux personnages peuvent enfin se retrouver et être honnêtes que ce soit réaliste ou pas ça faisait juste du bien que ça se finisse comme ça. Mais tout le reste autour je sais pas quoi en penser après coup. Ça allait trop loin et pas assez loin en même temps en fait.
Nous raconter cette histoire d'amour passée super malsaine entre Eve à peine sortie de l'adolescence et une journaliste mariée du double de son âge, en faisant allusion à des éléments de grooming sans jamais vraiment nommer les choses comme telles ou montrer au moins que le grooming en lui-même faisait partie du problème et du trauma et pas juste l'adultère, le secret, le livre publié sur leur histoire sans l'accord d'Eve... C'était vraiment bizarrement amené pour moi. On frôlait le sujet sans jamais vraiment aller dedans. Ca montrait très bien au début comment les mécanismes prédateurs de ces relations s'installent doucement, mais j'avais l'impression qu'ensuite c'était malgré tout romantisé et que ça aboutissait pas à grand chose dans ce que ça aurait pu véhiculer comme message.
Puis qu'Eve puisse enfin faire la paix avec son passé le jour où elle comprend, après avoir confronté le mari de Fred, qu'en fait elle s'était pas faite larguer par elle, et que le suicide de cette dernière était un féminicide même si elle ne peut pas le prouver ? Hyper étrange comme choix de narration je trouve que de la faire passer à autre chose juste après une révélation aussi grave. Je comprends pas que ça lui ait apporté la paix nécessaire à pouvoir vivre plus sainement sa relation actuelle lol.
Je sais pas je me dis que ça aurait pu être beaucoup mieux développé tous ces éléments là avec un roman axé sur ces éléments là de la vie d'Ève autant que son présent sans que ces mêmes éléments soient juste là pour servir l'objectif unique de soigner la relation amoureuse avec Jenny? Mais ça aurait débordé hors du cadre et du concept du roman. Et on revient du coup encore au fait que le roman est un exercice d'écriture qui va au moins au bout de son idée principal en exposant deux versions d'une même histoire d'amour, donc je peux pas lui reprocher d'être ce qu'il ne pouvait pas être malgré tout. Je pense juste que y avait pas la place d'aller au bout de toutes les idées de WD et c'est dommage car c'était des idées intéressantes en soi si y avait eu plus de place pour elles.
Au dela de ça j'ai vraiment majoritairement pas été charmé.e par l'écriture de Fanny Chiarello et le personnage de Jenny à part quelques brefs passages. En partie à cause de la temporalité de son récit. Elle fait le choix d'écrire un personnage qui s'ancre dans le présent et ce qu'elle appelle "l'absolu" et si ça fait un bon contraste dans son duo avec WD ça tournait vite en rond sans avoir grand chose d'intéressant à dire ni sur la condition humaine ni sur le monde de façon général. C'est juste beaucoup de ouin ouin d'une femme exécrable, hautaine, méprisante qui se victimise alors qu'elle est responsable de beaucoup de ses malheurs, et a une façon de penser et de vivre qui pour moi est très codifiée bourgeoise qui veut faire genre elle est de la classe ouvrière ?
Sauf qu'on sait rien vraiment de son passé à part deux trois bribes floues et du coup c'est un peu un personnage incompréhensible pour moi qui manque d'honnêteté et d'ancrage dans le réel et m'a pas particulièrement touché.e. Très difficile aussi de lui pardonner ses défauts ou de les comprendre puisqu'on ne sait pas vraiment pourquoi elle est ce qu'elle est ni d'où elle vient et ça rend un peu pénible de la lire.
Je trouve que sa partie à elle montre bien que si on nie que le présent c'est la continuité du passé, et que tout est lié à lui, on se retrouve vite à contempler le vide et pas vraiment avancer intellectuellement, humainement, relationnellement etc. Et en somme ça aurait pu être intéressant d'écrire un personnage comme ça pour démontrer cette idée, mais ça semblait pas être l'intention j'avais l'impression d'être appelé.e à rentrer en empathie avec quelqu'un sans qu'on me donne aucun élément pour le faire, au contraire.
Et au delà de ça, et c'est personnel, j'ai pas trop aimé la plume de FC non plus. Beaucoup de concepts abstraits pour rien qui se veulent poétiques mais qui font juste surfait, et le vocabulaire choisi et l'agencement des phrases c'était bof plaisant à lire (est-il vraiment nécessaire d'écrire le mot schisteux toutes les deux pages?). J'avais hâte de finir ses chapitres à elle pour retourner à ceux de Eve au plus vite pour une grande partie du livre en fait, surtout sur la fin j'étais de plus en plus saoulé.e de la narration de Jenny qui m'ennuyait beaucoup...
C'est vraiment un livre pour lequel je reste du coup assez confus.e sur mon opinion finale. Je dirais que je lui reconnais ses qualités, puisque malgré tout ce que je lui reproche je me suis senti.e plutôt investi.e, et à plusieurs reprises touché.e par ma lecture. Je pense juste que je l'ai apprécié mais sans plus, que c'est un livre qui se lit bien, qui a ses longueurs et ses bons moments, dont le concept principal d'écriture forme un tout plus ou moins bien abouti. J'ai trouvé intéressant de voir se délier sous les mots d'un personnage et de l'autre un vécu différent d'une même situation et relation mais ça me semblait parfois manquer de vie, et un peu détaché de la réalité et il m'a vraiment manqué quelque chose pour que ça soit vraiment impactant.
Une rupture, deux vécus bien différents de la même histoire et deux autrices pour les mettre en mots. On aime, et c'est tout à fait subjectif, les lesbiennes, le bassin minier, le 14e arrondissement de Paris. C'est parfois un peu tiède et un peu longuet, mais la lecture reste très plaisante!
Récit à deux voix ( et deux autrices)qui nous comptent une rupture dans le silence de la fuite de l'une ( qui se répare de trauma relationnel antérieur) et dans l'attente et l'écriture de l'autre qui tente de donner un sens. J'ai trouvé ça très beau, l'écriture est simple mais efficace. Très beau portrait de femmes qui s'aiment et qui ont une façon de vivre en dehors des normes.
Je pense que ce livre a aussi bien été un coup de cœur qu'un coup au cœur. J'ai été marqué.e par le réalisme des deux personnages : chacune ayant sa propre vie, ses propres difficultés, sa complexité et ses défauts. L'écriture à quatre mains de cette histoire - par deux formidables autrices- n'a fait que rendre le réalisme saillant et a permis d'engager un véritable dialogue non seulement entre les deux protagonistes mais entre les autrices elles-mêmes. En découle deux personnages plus que vivantes et attachantes dont on voudrait apaiser leur peine et comprendre, les comprendre. Leur cheminement personnel, se croisant tout de même parfois, amène à cette douce fin. Elle n'est pas explicite, reste ouverte laisse la place au personnage et à leur intimité leur vie et pourtant c'était celle qu'on espérait. On ne peut pas s'empêcher d'en vouloir plus, de pouvoir partager un peu de leur bonheur et de continuer un petit bout de chemin avec elles. Je ne crois pas avoir passé un 'chapitre' sans avoir versé une larme ou sans avoir eu le coeur serré et je ne regrette pas instant de cette lecture. Je suis également très content.e d'avoir pu découvrir la plume de Fanny Chiarello que j'apprécie fortement ( Pour ce qui est de Wendy Delorme je suis toujours en extase quant à son écriture...)
"[...] je sais qu'on peut vivre une même histoire de deux façons totalement différentes. Et que l'expérience de chaque être en ce monde est une solitude vraiment irrémédiable."
"Aller à la rencontre d'une autrice dont l'univers et l'écriture sont si éloignés des miens se révèle une autre forme de mouvement. Il s'agit de concilier les références littéraires et féministes de Wendy avec mes références musicales et cinématographiques ; sa temporalité longue, qui va enquêter sur le passé des personnages et le contexte de leur développement, avec mon ici et maintenant contemplatif ; son besoin d'exactitude et de cohérence avec mon goût pour les ellipses et les zones d'ombre ; sa métrique en alexandrins avec mes nombres premiers ; les manières si différentes dont s'exprime notre commun penchant pour les symboles, les allégories, les correspondances." - tiré de la postface éclairante de Fanny Chiarello (la préface de Wendy Delorme l'est tout autant -quel plaisir que ces aperçus du processus d'écriture à quatre mains-) sur l'écriture de ce très beau livre ❤️
des trous dans mes organes ; toutes les histoires sont uniques mais les douleurs sont filles d'une même mère comme les levains ; est-ce qu'on vit toustes une seule et même rupture je me suis laissé mener par la langue parfois trop riche et démonstrative (ce qui peut me décevoir parce que j'écris pareil) parce que Fanny Chiarello a gentiment ouvert mon ventre pour me tisser une écharpe avec mes intestins (est-ce que je devrais écrire aussi mais à quoi bon) l'histoire d'Eve m'a aussi happée mais forcément avec moins de sang et de tripes des deux côtés quelle conclusion de merde ? je reste avec la catharsis coincée dans tous les muscles de mes épaules
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Ça m'a pris un moment de lire ce roman, plus pour des raisons personnelles qu'autre chose. J'ai trouvé cette expérience littéraire très intéressante et, ayant déjà apprécié l'écriture de Wendy Delorme, j'étais sûre de bien aimer. Une histoire à deux voix, une histoire de rupture qui explore les deux personnages intimement et, même si au début on a envie d'être "du côté" de celle qui reste, on arrive au fil des pages à comprendre les raisons de celle qui est partie (l'"évaporée", justement). Les écrits de Delorme et Chiarello posent bien le cadre et les circonstances dans lesquelles cette histoire est née. Personnellement, j'ai hâte de lire davantage des deux écrivaines.
Un livre que j’ai lu un peu à reculons au début, et que j’ai terminé avec le cœur serré de m’en séparer, déjà, finalement. Les personnages, surtout celui de Eve, mettent un peu de temps à prendre de la densité, mais une fois que la texture et les aspérités sont là, ça accroche et c’est parsemé de passages qui remue quand on a tendance à se retrouver dans une quête « d’absolu ». Bien écrit, mots choisis et bien maniés, quelque chose de humble et un romantisme assez assumé aussi, peut être un peu suranné mais qui m’a fait du bien à lire. Lire un récit romantique et sensible qui parle de lesbiennes/gouines qui approche la quarantaine/ ou l’ont atteint, c’était pas mal aussi.
L'expérience d'une lecture écrite à quatre main m'a énormément plu , donnant ainsi toute son originalité à la forme du roman et également à la forme où chacune des autrices évoque la vie après la rupture, du côté de celle qui a pris la décision de partir et de celle qui la subit. Même si certaines pensées et action m'ont beaucoup parlé, l’ensemble m'est resté très fictionnel. Mais je retiens et salue l'intimité de ce texte