Retracer l'histoire d'émigrant de son père, l'idée est merveilleuse. C'est, sans l'ombre d'un doute, un récit nécessaire pour dessiner et comprendre notre époque.
Et le périple de M. Dramé, avec ce qu'il a de commun à celui des autres mais surtout avec ce qu'il a de particulier, méritait grandement d'être raconté.
Cependant, je n'ai pu m'empêcher d'être irritée par "Fanta la parisienne" quand elle relate un passage qu'il lui avait pourtant expressément demandé de ne pas écrire. Sachant, comme elle le dit dans les dernières pages, qu'il ne lira sûrement pas le livre...
Ou, quand elle s'emploie à décrire son grand frère sur plus d'une page, alors qu'il lui demande expressément de ne pas être inclus dans son livre. Et qu'elle ne s'attarde aucunement sur le reste de la fratrie, qui aurait pourtant voulu en être, en disant qu'elle préfère concentrer le récit sur son père uniquement...
Honnêtement, je n'ai pas compris pourquoi elle a tenu à inclure ces 2 passages, qui n'apportent pas grand chose à l'histoire. Sauf à donner une mauvaise impression d'elle.
Je ne vais pas faire la "haram police" en parlant du loto ou de Noël. Je sais le tiraillement pour les émigrants entre ces pratiques contraires à leurs principes et la pression de la société. Et pour le coup, c'est tout le sujet du livre, donc...
En revanche, j'ai été personnellement un peu agacée du traitement semblable (plutôt dédaigneux) accordée aux grigris (pratique relevant au mieux de la superstition, au pire de la sorcellerie) et à la prière de consultation (une recommandation prophétique qui fait pleinement partie de la pratique musulmane).
Tout ceci étant dit, une question reste sans réponse : c'est quoi finalement sa date de naissance ?
Le 12 ou le 9 Dhoul-hijjah ? 😉