Ce matin, Izia regarde son mari quitter l’appartement où ils ont élevé leur fille Zoé, renversée par un chauffard quelques mois auparavant. Izia n’a pas un geste pour le retenir. Elle est soulagée d’être seule avec son chagrin, libre de s’enfermer dans la chambre intacte de Zoé. Mais au fi l des jours, la faim, le besoin de marcher, de sentir le soleil sur sa peau, reviennent. Izia comprend qu’elle doit vivre cet « après » et trouver une activité où nul ne sait rien de sa perte. Elle a l’idée de proposer ses services à des gens souhaitant débarrasser le domicile d’un proche disparu. Ainsi Izia devient-elle une drôle de déménageuse. Pour l’aider, elle embauche Samuel, un jeune homme au franc-parler déconcertant et aux fragilités touchantes. Cette rencontre, et toutes celles suscitées par son travail incongru, sont les premiers fils bien fragiles qui ramèneront peu à peu cette femme perdue vers la vie.
Je renferme ce roman, envahie par une forte émotion, celle qu’on peut difficilement surmonter, celle des parents qui ont vu leur enfant disparaitre avant eux… J’ai été bouleversée par l’histoire narrée par C. Pivot (oui la fille de…) et j’en ai apprécié le style et les nuances. Le personnage de la mère, Izia est très touchant et la description de son état de dépression, très évocatrice de sa douleur. L’alternance du point de vue d’Etienne, le père, avec celui d’Izia souligne leur incommunicabilité et la différence de leurs réactions face au drame.
L’histoire : Alors qu’Izia et Etienne ont laissé partir leur fille unique en vacances avec sa copine Chloé, un coup de téléphone vient briser leur bonheur simple et fragile : une vie de famille rythmée par les fantaisies de Zoé, leur acrobate. Leur fille a été fauchée par un conducteur alcoolisé, elle est morte sur le coup à l’âge de 8 ans. Incapable de surmonter cette épreuve, malgré l’amour et la volonté de se battre, le couple s’enfonce dans le silence… Izia se mure dans sa douleur jusqu’au moment où, après le départ d’Etienne, elle se lance dans une activité saugrenue : vider les logements des morts dont la famille ne veut pas se charger. Elle sera accompagnée dans sa mission par Samuel dont le naturel et le pragmatisme lui offriront de belles bouffées d’air frais… Ce duo improbable m’a beaucoup plu !
C'est le premier roman que je découvre de Cécile Pivot, fille de Bernard Pivot. Un roman déchirant, tout en finesse et pudeur, pour raconter le deuil impensable que vivent Étienne et Izia. Leur fille Zoé, huit ans, a été fauchée par une voiture au volant de laquelle roulait un homme alcoolisé. La douleur est trop vive, Étienne n'a pas la force de rester dans cette maison, Izia n'a pas la force de la quitter. Alors Étienne choisit de partir, le coeur en miettes de laisser celle qu'il aime mais que la souffrance lui a rendue inaccessible. Un projet s'ébauche peu à peu dans la tête d'Izia : elle va proposer ses services à des gens qui, ayant perdu un proche, ont besoin de soutien au moment de débarrasser le domicile du disparu. Ce sera sa béquille, elle se sent capable d'essayer ainsi d'anesthésier son chagrin... Ce roman m'a bouleversée. Les mots de Cécile Pivot sonnent juste pour raconter cette indicible épreuve d'un couple.
Le sujet me rendait sensible avant même que j'ouvre le livre, et la première partie m'a totalement anéantie. On y parle de la petite Zoé, de sa joie de vivre, de son rapport si doux avec les êtres vivants qui l'entoure (et parfois même les objets), de son grain de folie, de sa malice. Et puis survient l'accident. Les détails, le froid, l'hôpital, les larmes. J'ai failli m'arrêter là parce que c'était trop difficile. Et puis, le roman avance au même rythme qu'Izia, et d'un coup, un rayon de soleil traverse le récit comme la chambre de Zoé. Izia se lève et commence à penser au jour d'après, alors j'ai continué à lire. Et j'ai été complètement embarquée par la suite. Il y a les rencontres, celle de Samuel, celles des proches des défunts, celles des dizaines de vies en suspens. Il y a l'envie qui revient, bien moins mécanique que le besoin. Il y a les souvenirs qui paraissent moins rugueux, plus doux L'écriture de @cecilepivot est tantôt tranchante, tantôt plus lisse, mais toujours sincère. Rien ne nous est caché, tant dans l'euphorie du bonheur que dans l'accablement du malheur.
A mon avis, si je l'avais lu en une journée, il aurait été un coup de coeur. Mais mon rythme de lecture est très lent en ce moment, donc malgré ses 250 pages, je n'ai pas réussi à l'enchaîner. Cela dit, j'ai trouve les nombreuses citations très justes. La thématique du deuil, et surtout du deuil de l'enfant, est traité avec une grande justesse. Exit le cliché de l'année durant laquelle on se "reconstruit". Le long apprentissage d'Izia, mais aussi d'Etienne, a vivre sans leur fille m'a profondément touché. Et pour cela, je te le recommande vivement. C'est une lecture qui me suivra longtemps, il ne fait aucun doute. Ma chronique complète dispo ici : https://sorbetkiwi.fr/index.php/mon-a...
"Mon acrobate" de Cécile Pivot . C'est le premier roman que je lis de cette auteure et quelle claque . J'ai dû poser le livre plusieurs fois pour m'essuyer les yeux 🤍. C'est un roman écrit délicatement,c'est émouvant , rempli d'amour , de souvenirs qui restent "là" dans le coeur ❤️. La souffrance , la colère et la tristesse sont mélangés à l'espoir. C'est un roman qui va rester très très longtemps gravé en moi.
Vous l'aurez compris je vous le recommande bien évidemment ❤️❤️❤️
On commence l’année avec une très belle lecture. Une belle leçon de vie avec l’histoire d’un couple terrassés par le chagrin. J’ai aimé lire deux points de vue différents, avec une gestion de la tristesse et de la colère bien différents. J’ai aimé cette fin légère et pleine d’espoir.
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Cécile Pivot nous raconte l'histoire d'Izia et Etienne qui vivent le drame absolu de la perte d'un enfant. Zoé est décédée des suites d'un accident de la circulation. Le couple va être mis à rude épreuve pour traverser cette affreuse période de deuil. Etienne quitte le foyer familial poussé par sa femme qui ne souhaite plus chose : être seule.
Izia va vivre chaque étape du deuil dans la difficulté que cela peut représenter, elle nous arrache le cœur souvent, j'ai voulu la rencontrer et pouvoir la serrer dans mes bras. Elle qui écrivait des histoires pour les enfants, elle va du jour au lendemain arrêter son activité.
Elle s'enferme, se déconnecte du monde extérieur, elle revit le souvenir de sa fille par le prisme de sa chambre vide qu'elle veut absolument conserver en l'état.
Mais lorsqu'elle reprend un peu le dessus, elle va se lancer dans une drôle d'activité : vider les maisons de personnes décédées qui n'ont soit plus famille ou dont la famille ne veut pas supporter cette charge. Un exutoire pour Izia de se plonger dans la vie d'inconnus et c'est également une autre façon d'appréhender le deuil.
C'est un roman qui traite d'un sujet tabou et qui malheureusement touche encore de trop nombreuses familles, Cécile Pivot nous retranscrit avec justesse les émotions et les étapes qui frappent le couple et son entourage. En tant que maman, les larmes me sont de nombreuses fois montées aux yeux.
J’ai adoré ce livre. L’histoire très dure mais pas du tout larmoyante de la perte d’une petite fille, La destruction reconstruction de ses parents via la création d’un nouveau métier pour être utile aux autres pour la mère et la fuite loin du drame pour le père.