Un viol, une disparition, un passage à tabac, trois moments de violence inouïe qui creusent la béance sur laquelle s’échafaude, dès avant l’âge « adulte », la jeune vie d’un garçon homosexuel. Trois souvenirs d’adolescence qui signent plus encore que la fin de l’innocence, la fin prématurée des promesses. Ce texte brûlant, le plus intime et le plus cru de Daniel Arsand, peut se lire comme le making of de son incroyable roman, "Je suis en vie et tu ne m’entends pas". Mais aussi, comme le un-making de toute une vie.
J'avais découvert Daniel Arsand il y a plusieurs années avec "Des amants" puis avec le très beau roman "Je suis en vie et tu ne m'entends pas". J'avais été séduit par sa plume délicate au service de récits forts et passionnants. Je me suis donc laissé tenter par son dernier roman, d'autant que j'en avais lu une critique très élogieuse ici ou là.
Dans "Moi qui ai souri le premier", l'auteur nous raconte trois épisodes de son adolescence, trois garçons qu'il a aimés ou désirés, trois événements qui ont accompagné l'éveil de sa sexualité et ont ensuite façonné son rapport aux hommes.
Je lisais dans une autre critique que ce roman est en quelque sorte le "marking-of" de la vie et de l'oeuvre littéraire de Daniel Arsand et je trouve très juste cette image. Cela m'a d'ailleurs fait penser au roman "Arrête avec tes mensonges" de Philippe Besson, qui raconte également un épisode de son adolescence et apparaissait comme une explication de ses oeuvres précédentes, ou à venir à l'époque du récit.
Vous l'aurez compris, le fond m'a beaucoup plu. Sur la forme, Daniel Arsand nous offre un roman très court, que j'ai lu d'une seule traite, son format et son rythme invitant à lire sans s'arrêter. La plume est toujours aussi délicate et efficace. Un beau roman.
Un témoignage triste qui révèle l’écho que peut avoir la violence sur une vie entière et comment la puissance de l’écriture peut être source de guérison et piste de survie.
La plume de Daniel Arsand nous ramène dans les souvenirs de sa jeunesse, lorsque le jeune garçon se fait homme et prend conscience de ses désirs. Comment les traumatismes, les experiences et les paroles agissent sur notre personne et nous construisent ? Voilà ce que nous raconte Daniel Arsand, comment accepter et se battre contre ces souvenirs qui nous hantent et veulent nous isoler. Se construit en parallèle un hommage aux parents qui sonne plus que juste dans ces pages.
J’ai adoré. Foncièrement adoré. Une écriture tellement juste, précise pour parler de choses sérieuses, dures et très réelles. Tellement de phrases que je vais garder en tête. L’auteur traite de sujets profondément intimes et pourtant je me suis retrouvé dans beaucoup de choses et surtout beaucoup de ses ressentis et analyses. Ce livre est beau. Un grand livre. Tant de réussite pour un livre si court.
J’ai failli laissé tomber ce roman après 20 pages. Mais j’ai perservéré. Heureusement! Récit aussi violent que beau, il raconte trois souvenirs sombres et marquants dans la vie d’un adolescent gay (dont un viol), souvenirs transfigurés par la délicatesse de l’éciture, la finesse des mots et la douceur du temps qui passe. Troublant.
C'est beau. Daniel Arsand a un talent d'écriture indéniable mais je dois avouer que lire ce livre ne m'a rien apportée. Je connais désormais bien la sexualité de Mr Arsand mais j'étais parfaitement heureuse avec le fait de ne pas savoir...