Lorsqu’elle reconnaît, sur l’écran de son téléphone, le visage de l’homme avec qui elle a eu une liaison, Lena Moss panique. Celui qui l’a presque étranglée vingt ans plus tôt est recherché par Interpol pour exactions commises sur les femmes. Que doit-elle faire ? Se rendre au commissariat pour témoigner contre lui ou se soumettre à la peur et se taire ? Qui était-elle au moment où elle a vécu une aventure singulière et sexuelle avec ce géant texan ? En plongeant dans le passé, Lena revisite cette relation trouble, autant enivrante qu’effrayante, et dissèque l’ambivalence du désir.
Emmanuelle Richard, avec une écriture qui claque et qui percute, renverse le regard masculin et n’hésite pas à nommer les choses : le geste déplacé d’un homme sur une femme est une bombe à retardement, un regard mauvais est une flèche fichée dans le cœur. Mais elle écrit aussi la jouissance et le plaisir avec une précision sensible.
J'ai été super déçue par la dernière partie du livre, qui s'éloigne de ce que j'ai cru être l'intrigue principale pour parler du désir de la protagoniste.
J'ai du mal à évaluer cette lecture. J'ai beaucoup aimé notre narratrice. J'ai beaucoup aimé les thèmes forts et importants abordés. C'était beau et fin. J'ai trouvé les petites sorties classiques sur les thématiques féministes (les premières règles, vieillir, les frotteurs dans le métro etc) un peu moins fines. J'ai trouvé ça un peu long aussi. Je crois que j'ai aimé le style de l'autrice, pas toujours très digeste mais très poétique et allant droit au but en même temps. Voilà.
La littérature féministe est un exercice difficile, et l'autrice a beaucoup de mal à faire du désir féminin un sujet intéressant. Deux histoires complètement différentes superposées d'une manière assez maladroite...
Ceci confirme la tendance de ces dernières années en matière de littérature française contemporaine... autocentriste, nombriliste, réflexions non abouties, il n'y a que le c.l qui compte... Un livre qui ne tient pas ses promesses.
Le dernier tiers raconte une magnifique histoire d'amour qui fait rêver. L'autrice décrit le plaisir et le désir féminin avec tellement de détail, c'est quasi jouissif. J'aime cette nouvelle proposition de masculinité qu'elle nous suggère.
Par contre, j'ai trouvé que la partie située en 2038 était peu crédible dans ses descriptions : elle n'a pas fait de grands efforts d'imagination pour imaginer le monde dans 20 ans. Tout est trop similaire à aujourd'hui.
Et surtout, ce qui m'a dérangée, c'est le côté trop misandre et caricatural du discours de la narratrice (tout en regrettant de ne plus plaire aux hommes qu'elle aurait pu anciennement amadouer par son physique). Même moi qui ne suis pas la dernière pour piquer la gente masculine, ça m'a saoulée par moments. Sans doute car c'était trop dissonant par rapport aux expériences individuelles qu'elle racontait dans d'autres parties et qu'on ne comprend pas vraiment comment elle en est venue à penser cela puisque l'histoire sur laquelle elle s'attarde le plus est si équilibrée.
Le roman commence d'une manière pour finir d'une autre bien différente. Elle réfléchit au désir féminin, à l'exploration de son corps de femme, ce que j'ai trouvé remarquable, mais je n'arrivais pas à connecter avec son exposé du sujet. En plus, son personnage vit dans une peur panique des hommes, une impossibilité de rapports avec eux en même temps qu'elle vit une relation idéale avec l'un d'entre eux au caractère exceptionnellement féministe. La bibliographie que l'autrice cite résultera utile au cas où on voudrait approfondir le sujet du féminisme.
Je ne sais pas si vous êtes déjà tombés sur l’idée qu’il faut écrire des futurs désirables, des personnages hors stéréotypes, des trajectoires qui nous font rêver différemment pour que collectivement on fasse évoluer la société positivement ? Et bien ce livre a eu le mémo. Avec son girl gaze, son futur féministe et son histoire d’amour hors des écris communs. J’ai besoin de plus de livres comme ça !
Emmanuelle Richard commence par nous raconter le regard masculin ; dénoncer un male gaze et les violences – inhérentes, ordinaires, banalisées – qui en découlent, avant de renverser le regard ; jouir d'un female gaze qui libère le corps féminin assujetti pour le rendre sujet de/au désir. Mais les violences marquent au fer blanc et, même cicatrisées, les plaies peuvent toujours se rouvrir. Il est alors temps de faire entendre sa voix. Un roman nourri d'un souffle poétique pour raconter magistralement le consentement.
Ce roman offre une perspective intéressante sur le désir féminin mais je n'ai pas trop accroché au style, que j'ai trouvé assez répétitif. On ne sait pas trop où mènent toutes ces réminiscences - je suis restée sur ma faim.
les descriptions de la campagne anglaise, comme celles de la violence et du désir sont magnifiques. Il y a vraiment des pages déroutantes de beauté. Le female gaze est plus que jamais nécessaire (qu'est ce que c'est bien de lire un personnage d'homme érotisé à ce point !! et encore plus dans sa complétude, son entièreté, ses qualités comme ses défauts. J'ai une préférence pour la première partie de 'l'ouvrage, et la tension et le danger que vit la narratrice, mais j'ai aussi été séduite par toute la scène pendant laquelle la narratrice se souvient de Gwin, en évoquant autant son corps en mouvement que son souci de l'autre et son désir d'une relation égalitaire. J'ai trouvé qu'il y avait beaucoup de finesse dans la construction des deux personnages masculins, qu'ils étaient tous deux complexes et crédibles. C'était une relecture (en attendant avec impatience le prochain livre d'Emmanuelle Richard), et comme à la première fois, j'ai été happée par la plume de l'autrice, toujours précise, juste et poétique. C'est un grand livre sur le désir (notamment celui des femmes) et ce qu'il ouvre comme possibilités de relations. Vraiment, lisez-le.
Adoré le début du livre… mais pas été capable de finir les 20 dernières pages : le style d’écriture change, le ton ne me plaisait plus du tout… ça ne m’arrive jamais, mais j’ai abandonné…