De son poste de téléphoniste dans le plus grand centre hospitalier du pays, la narratrice s’absente, comme elle le faisait dans sa chambre d’adolescence. Dans les deux milieux, la même envie de se fondre au mur blanc. À l’adolescence, derrière la porte close, c’était les forums sur Internet où, sous le couvert d’un avatar et d’un pseudo, on discute de scénarios de suicide; c’était également les repas engouffrés au lit et le cinéma au bout des doigts, The Virgin Suicides en boucle. C’était aussi un couteau dissimulé sous l’oreiller. Au centre d’appel, peu d’échappatoires à travers les collègues insipides et normales, les médecins hautains et le souvenir d’une hospitalisation qui obsède. Entre les deux, des épisodes de manie viendront hanter la narratrice au quotidien. Le moindre sursaut, la moindre parole enthousiaste les rappelle. Dans ce récit poignant, Valérie Roch-Lefebvre réaffirme son talent pour mettre au jour les micro-événements qui font de chaque seconde du quotidien un défi. Tout ce que j’ai fait pour ne pas quitter ma chambre révèle une écrivaine en pleine possession de ses moyens qui signe un texte bouleversant, narré par une écriture riche, chirurgicale.
Ce livre, c’est le quotidien d’une jeune femme bipolaire. C’est les pensées oppressantes qui l’habite, la hante. C’est la haine qu’elle ressent face à elle-même. C’est ses difficultés à communiquer, interagir avec ses collègues de travail. C’est les phases de crise de manie et dépressive qu’elle vit. C’est ses souvenirs d’adolescence qui refont surface. Ceux, où elle se mutilait et jouait avec la mort. C’est la souffrance qui jamais ne la quitte.
« Je ne pouvais pas ne pas m’haïr. Déjà à quatorze ans, mon corps était fait pour ça et mon cerveau, réglé. »
Un livre marquant qui aborde un sujet dont on parle trop peu. L’autrice m’a vraiment touché avec ses mots. J’ai beaucoup, beaucoup aimé. ❤️
J'ai envie de donner à ce livre 1 étoile et 5 étoiles à la fois. 3 étoiles me semble donc approprié. Ce livre est lourd. autant dans le sujet que dans le fait d'être témoin des pensées aussi négatives de la personne. Il est difficile de ressentir de la pitié jusqu'à la fin de l'histoire puisque les pensées répétitives deviennent irritantes. Cependant, ce discours démontre énormément bien les impacts néfastes que peut avoir la santé mentale sur le quotidien. Il est souvent difficile de se mettre à la place des gens qui en souffrent et ce livre nous montre la lourdeur qu'elle invoque. J'ai donc détesté et bien aimé l'histoire.
Autrement, la perception de la vie du personnage a réanimé en moi la colère que des soins de santé mentale accessibles et adéquats ne soient pas offerts gratuitement avec l'assurance maladie au Québec. Je ne pouvais que penser que si le personnage aurait eu de l'aide, elle aurait pu minimalement se sentir soutenue et, dans la meilleure avenue, peut-être même se sentir mieux et apprendre à gérer ses pensées automatiques négatives. La santé mentale ne devrait pas être dissociée de la santé physique au niveau monétaire. Les deux sont primordiaux.
*Aucun livre n'est parfait, et les systèmes de quotation me gosse en cliss. De toute façon, on ne peut pas résumer un livre comme ça juste avec des scores, ça vaut beaucoup plus*
Hier, en finissant ma journée, je me suis rendu.e au Raffin sur la Plaza en catastrophe pour m’acheter le tout nouveau bouquin de Valérie Roch-Lefebvre.
Certains voient, dans la littérature québécoise abordant les traumas, une facilité, une non-pertinence, une non-littérature (vision à laquelle Marie-Pier Lafontaine réponds avec brio, je trouve, dans Armer la rage chez Héliotrope). J’ai passé ma lecture au complet dans ma chambre, éclairé.e par une lampe de chevet, avalé.e par le noir. Dès les premières pages, je suis retourné.e à l’arrière, dans cette ancienne vie où chaque demeure était cette chambre. Cette chambre qui abritait ce mythique couteau. Ces blogues où on parlait de suicide à cœur ouvert. La tête dans le four de l’une des sœurs Lisbon, et cette résolution avec laquelle elles procèdent tous, aussi jeune, à retirer au monde qui les oppresse les dernières onces d’elles-mêmes.
Quand les policiers m’ont regardé m’habiller dans ma chambre, à seize ans, pour que je ne tente rien de fou, cet ambulancier qui m’a dit «je comprends pas que tu ne veux pas vivre, la vie est belle», cette infirmière qui m’a traité d’ingrat, mon père qui m’avait dit pas game et voulait m’engueuler sur l’étage de psychiatrie, des membres de la famille, dans la chambre verte, qui monologuait de leur déception à mon égard.
Toutes ces conséquences à ce concept de chambre. Chambre à laquelle on est assignée parce qu’on nous apprend si vite à être adulte, à porter un regard dur sur nous-mêmes. À nous évaluer avec des standards farfelus. Les mots qu’on se garroche dans le miroir en attendant la fin. Mais aussi, cette euphorie, cette manie écrasante qui avale tout sur son passage dans des moments de trop grands éclats. Qu’on rampe ou qu’on court, les dégâts sont les mêmes.
Quand j’ai terminé le livre de Valérie, j’avais le motton, je suis resté un moment dans un état cathartique. Vide. Ce n’est pas une lecture plaisante. Vous ne sourirez pas. Vous ne rirez pas. Fun fact is, nous non plus. On paramètre beaucoup, la panique aux yeux, chaque micro-interaction. On juge avec votre voix, on vous fait parler sans que vous le sachiez. Ce livre, c’est le couteau.
Je ne prétends pas que vous pourrez trouver votre plaie. Je ne prétends pas que vous comprendrez. Mais assurément, vous aurez vu. Comprendre et voir, deux concepts différents.
Vous aurez vu, oui. Et en ce sens, le talent littéraire de Valérie n’est pas à faire. Et elle fait partie de cette grande lignée de femmes de lettres québécoise qui traite du trauma, et qui ont raison de le faire.
Drôle de moment, pour moi, pour cette lecture. Malgré que je sois plus fragile et que j'ai trouvé ma lecture difficile au niveau émotionel , j'ai beaucoup aimé. J'ai surligné plusieurs phrases, j'ai ressenti l'émotion à travers les mots de l'autrice et j'ai beaucoup aimé que le livre soit écrit en fragments plutôt qu'en histoire. Ça rend le moment moins lourd, on peut respirer entre les courts chapitres.
Je compte le relire lorsque ma santé mentale ira mieux , voir comment je le recevrai.
Des fragments du quotidien, des flashbacks de son enfance et son adolescence pour essayer de se comprendre aujourd'hui. Des hauts et des bas parfois clairement définis, parfois tout en nuances. C'était empreint de sensibilité sans être enrobé. Sans grand schéma narratif... Juste... la vie de quelqu'un aux prises avec un trouble de santé mentale, ici la bipolarité. C'était direct et près de la réalité de la narratrice. C'est une jeune femme et ses prises de tête, ses obsessions, ses démons. Un livre qui aborde la santé mentale en gardant un ton juste, sans trop d'éclats même si parfois le ton est plus dur et les pensées noires. Un livre qui démontre les particularités de la bipolarité sans montrer juste les extrêmes. Je ne sais pas si c'est autofictionnel et si oui à quel point, mais qu'importe. Merci pour ce livre Valérie Roch-Lefebvre. Je l'ai lu en ayant parfois de la difficulté à respirer, j'ai parfois souris et j'ai pleuré en le terminant. Plus que tout, ça m'a fait du bien de lire ceci. Merci.
Ce roman a été une belle expérience de lecture! Au départ - ma faute : je ne lis pas vraiment la 4e avant de commencer une lecture - j'étais déstabilisée devant les trous qui parsemaient ma lecture. Rapidement, j'ai compris que les pensées fragmentées, saccadées, désorganisées étaient très représentatives du discours interne de la protagoniste, et je me suis reconnue dans son anxiété, son discours décousu, ses difficultés à entrer en contact, son envie de demeurer recluse pour éviter le regard scrutateur des autres.
Ça parle de santé mentale et de toutes les difficultés qui en découlent, le tout dans un style audacieux et efficace. À condition de se laisser porter par les propos décousus qui s'enchainent maladroitement, parce que leur justesse réaliste dépasse la fluidité qu'on recherche généralement.
Sujet important qu’est celui de la santé mentale. Par contre, j’ai trouvé ma lecture difficile, limite un peu stressante de par le style d’écriture. J’avais l’impression que je lisais des petits bouts d’histoire saccadée.
My god que ce fut une lecture lourde! Au temps qu’en le lissant je senti un sens de l’écoute et je visionnais la jeune filles qui a vécu c’est emotions. Autant que j’ai trouvé le texte répétitif et sans objectif.
La force de l’auteure réside dans son écriture fievreet saccadée qui nous donne l’impression nous-mêmes de vivre une manie. Magnifiques sentiments de désespoir, de perte. On sent l’adolescente qui se déteste et on sent l’adulte qui s’en veut de ne pas s’être détestée davantage.
Ça m’a fait penser à cette citation.
“I don’t think that I accepted that I wasn’t gonna die young until I was 26 or 27. I really don’t think I fully…when I was 14, 15, 16, 17–I mean I knew as sure as I know that I am wearing green shoes that I was going to die before much happened. It was a certainty for me. And I had shaken off the directly suicidal urge by the time I was 21 or 22, but I still was pretty sure I was going to die pretty young, it really felt like an inevitability. It takes a long time to realize no, you’ve changed…if you shared those feelings with people at some point you go, ‘well, I guess we’re going to stick around.’ And it’s a funky thing to admit because there’s a part of your inner younger self that kind of judges you for that. »
Bon hein, moi qui donne cinq étoiles sur les pensées d’une suicidaire monomaniaque et bipolaire, ça va bien.
Je suis loin de mes pires dépressions et j’ai jamais creusé aussi bas que ce qui est présenté ici, je vous rassure, mais y’aura toujours quelque chose qui reste et qui fait que ce genre de fiction, sans issues, frustrantes tant le discours est parfois répétitif dans son malheur, dans lequel je me retrouve. J’imagine que l’exercice de mutilation mentale et psychique est exaspérant pour plusieurs mais, bon, perso c’est ce que je revis constamment en thérapie (à ce point que je songe recommander le livre à ma thérapeute ^^). Je partage une grande partie de pensées qui sont évoquées ici, aussi maniaques paraissent-elles avec un regard distant.
Une personne proche de moi est bipolaire. Lire ce livre, être dans la tête d’une personne bipolaire, traverser ses pensées suicidaires, sa peine, ses épisodes de manies, ses up, ses downs, ses questionnements, ses absences, ses fiertés lorsqu’il y en a… ça bouscule. Ça bouscule quand tu connais quelqu’un qui vit ça, mais que tu ne peux pas le comprendre à 100%, parce que tu ne le vis pas, toi. C’est percutant… j’avoue que ça m’a remué plus que je pensais.
La lecture peut sembler décousue parfois, mais ça vient avec le fait qu’on est dans la tête de quelqu’un et les pensées ne sont jamais linéaires.
Décrit bien le quotidien d'une personne vivant une maladie bipolaire. Toutefois, c'est lourd, l'histoire ne va nul part, ça finit en queue de poisson. J'aurais aimé un peu plus, j'ai été déçue.
La narratrice de ce roman souffre du trouble bipolaire. Elle nous raconte ses journées au travail où elle n’arrive pas à s’intégrer auprès de ses collègues téléphonistes dans un hôpital, son enfance auprès d’un père aussi bipolaire mais pas diagnostiqué, son adolescence recluse dans sa chambre à manger dans son lit. L’auto-mutilation, son obsession du film The Virgin Suicides de Sofia Coppola et son couteau sous l’oreiller rythment sa vie.
« J’ai perdu la pensée suicidaire. Elle agissait comme un baume sur les autres pensées, celles qui cherchent par tous les moyens à me détruire. »
Ce livre n’est pas très long, petits chapitres… mais tellement difficile à lire tant l’isolement et l’oppression ressentis par la narratrice sont lourds. J’ai dû le refermer et le déposer souvent. La plume est belle, le propos est juste. Valérie Roch-Lefebvre rend justice au manque de reconnaissance et de service pour la santé mentale.
Un livre sombre qui aborde les troubles de l'humeur de manière non censurée et sans gant de velours dans leur plus grande banalité. Un ton inconfortable parce qu'on espère l'action et la fin heureuse, illustrant la réalité parfois longue et lente qu'est celle de composer avec des troubles de santé mentale dans une société qui exige de les masquer pour se faire engager, accepter – aimer. J'ai particulièrement apprécié que l'autrice écrive sur l'isolement et les pensées suicidaires, permettant de les déstigmatiser. La vérité est qu'avoir le coco malade, c'est monotone, solitaire, épuisant, redondant pis c'est correct de pas toujours chercher à y voir du positif.
« La seule idée qu'on me regarde m'a toujours ulcérée et je me suis toujours demandé si l'ulcère était détectable à l'oeil nu, si c'était lui qui me rendait rebutante à ce point. » (p. 56)
Plus récit que roman, ce livre raconte le quotidien d’une femme qui souffre de bipolarité. Elle se souvient de son adolescence où elle avait de la difficulté à s’intégrer et la met en parallèle avec sa vie d’adulte qui, bien qu’elle a évolué, n’est pas si différente. Personnellement, je n’ai pas beaucoup accroché à ce récit un peu trop pathos à mon goût et à l’histoire peu ou pas existante. Par contre, on ne peut définitivement pas nier que l’écrivaine est talentueuse et que son écriture vaut le détour!
Ce livre d’un peu plus d’une centaine de page m’a pris une éternité à lire. J’ai eu beaucoup de difficulté à m’y évader. J’ai fini par m’impatienter sur le fait que ce livre me bloquait d’en commencer d’autres, et je me suis forcée à le lire le reste d’un trait.
T.W.: mutilation, suicide
Les passages sur la mutilation et la tentative de suicide du personnage principal étaient choquants. Non, pas parce qu’ils étaient détaillés, mais plutôt parce qu’à chaque mention, c’était inattendu et de apporté brusquement, alors que l’écriture générale du roman était toute sauf brusque.
Une toute petite plaquette que j'ai lue en une journée mais quelle claque!
La narratrice y raconte la bipolarité, la dépression, la mutilation, le trouble anxieux, la solitude, la haine de soi, le SCI, le suicide et autres thématiques malheureusement encore taboues en 2022.
J'ai été complètement bouleversée par ce récit qui m'a détruite et reconstruite à la fois. Plusieurs passages du roman m'ont même fait pleurer... Au final, je recommande Tout ce que j'ai fait pour ne pas quitter ma chambre aux lectrices et lecteurs qui ont le cœur bien accroché et qui apprécient en outre les histoires choc.
Ok as a bilingual person this book was a decent read simply because there was no plot line for me to follow. A lot was talked about but also nothing really happened. Some of the ideas were hard to follow in french and seemed like they were written in English and then translated. I definitely would not recommend but you know it is what it is. Page 123 is written beautifully but everything else was mediocre.
Comme les brouillons mille fois déchirés d’un préambule qui touille, triture et remue les mêmes déglutitions d’une existence à reculons. On dirait Sysiphe qui essaie de se dépatouiller avec un voyage de zéro-trois-quart alors qu’il n’a pas encore trouvé la montagne…
Un quotidien raconté avec beaucoup de vulnérabilité. Difficile de ne pas se sentir concernée par les pensées intrusives de l'autrice. Un livre qui sert de petite fenêtre bien définie sur son existence touchante et souffrante, une existence qui ressemble à toutes les nôtres, au fond.
Excellent livre:) Suivre un personnage atteint de maladie mentale est une dynamique différente des autres livres que j’ai pu lire. C’est très intéressant !:)
4 étoiles seulement car je connais l'importance de se retrouver dans un livre. De se sentir entendu. C'est un livre lourd et répétitif, mais son message et sa manière de l'exprimer sont forts.