Un essai bouleversant qui bascule de l’enquête sur une folie vers le portrait d’une mère
Quand sa mère décède subitement, Carole Allamand rentre en Suisse pour s’occuper de ses funérailles. Une longue absence a distendu leurs rapports et plus de dix ans se sont écoulés sans une visite à son domicile. Rien ne l’a préparée à ce qu’elle découvre. Objets et déchets ont envahi tout l’espace, englouti les meubles, retiré aux pièces leur fonctionnalité, confiné sa mère dans moins de cinq mètres carrés.
Comment en est-elle arrivée là ?
Quelle signification ces choses ont-elles eue pour elle, et pour ces gens qui ne peuvent s’empêcher de les accumuler ?
Tout garder est une enquête sur le syndrome de Diogène, ce mal mystérieux et fascinant des sociétés dites avancées. Il est aussi un témoignage intime, un plaidoyer pour les femmes de sa génération, un roman d’amour.
Née à Genève en 1967, Carole Allamand vit entre le New Jersey, où elle enseigne la littérature française, et Aix-en Provence. Tout garder est son cinquième livre.
Pas un mauvais livre, mais pas un livre remarquable (dans le sens premier du terme). J'ai mis 5 jours à le lire parce que je n'y pensais pas, alors qu'il ne fait que 184 pages.
Des apports scientifiques intéressants et un style plutôt agréable à lire. La voix du récit trempe ses orteils dans la conscience de l'autrice, qui exprime la vacuité de sa relation affective avec sa mère, avant de nager dans l'écriture froide et rationnelle du constat et de l'énumération chronologique. Les citations d'autres oeuvres ne me parlaient pas.
Les croustibats se trouvent entre les pages 154 et 160, et dans l'épilogue.
J'ai eu beaucoup de mal avec le style d'écriture de ce livre qui m'a empêché d'y accrocher au début, notamment avec la distance établie par l'autrice. Or, c'est vrai qu'au fil de la lecture les thèmes abordés sont très intéressant et on comprend la complexité de la relation avec sa mère. La fin du livre est très belle, j'ai beaucoup aimé mais il est difficile de dire que j'ai vraiment apprécié car j'ai eu du mal avec le style et surtout les longues descriptions tout au long de ma lecture.
Je pense que c'est davantage la forme du livre que le fond (pour autant tres intéressant) qui m'a dérangé.
Une fille qui perd sa mère et qui découvre qu’elle était « gardeuse » (Diogène). La violence de perdre sa mère, oui, mais de se rendre compte qu’après toutes ces années sans contact avec elle , elle ne la connaissait en fait pas. Il faut vider, reconstruire le passé , et faire son deuil. Les énumérations sont bien exécutées : ni trop, ni pas assez. Même si l’on se doute que l’on ne peut imaginer l’enfer d’un tel appartement et du tel choc à subir.
Les chapitres se succèdent rapidement comme les piles d'objets et les souvenirs épars qu'ils décrivent. Le ton est à la fois incisif et flou, plusieurs passages sont faciles à s'approprier quand on a déjà connu un gardeur, une gardeuse. Ce n'était pas forcément ce à quoi je m'attendais mais la lecture était plaisante !