Katia, seize ans, coincée à Marioupol à côté du cadavre de sa mère morte de froid et de malnutrition, appelle son oncle resté en Russie. Réponse embarrassée de l’oncle-zombie : « Mais qui êtes-vous ? Arrêtez de m’appeler. Je ne vous connais pas.’’ Arkadi montre à son père des photos d’immeubles détruits à Kharkov par les bombardements russes. Réponse : ‘‘Ce sont les Ukrainiens eux-mêmes qui se bombardent à la roquette. »
Bouleversé par la guerre en Ukraine et la propagande russe, Iegor gran décide d’écrire un texte très informé, à mi-chemin entre le pamphlet et le gonzo-journalisme. Il s’intéresse à « ce Z peinturluré en blanc dégeu sur les chars russes en Ukraine qui a gangréné le cerveau d’une majorité de Russes. » Z comme zombie !
« Début avril, en Russie, on s’alignait en Z, on collait des Z sur les voitures ». Z comme zombie, écrit Gran, «pour que se dissipent enfin les fantasmes autour de la fameuse ‘‘âme slave’’ dont le romantisme a nourri tant de complaisance à l’égard du totalitarisme russe, ce péché mignon d’un pays qui s’entête depuis un siècle à vivre dans une fiction parallèle. »
Iegor Andreïevitch Siniavski, dit Iegor Gran, né le 23 décembre 1964 à Moscou, est un écrivain français. Fils de l'écrivain russe Andreï Siniavski, dissident soviétique, arrivé en France à l'âge de dix ans, Iegor Siniavski y grandit. Il fait des études d'ingénieur à l'École centrale de Paris. Il entreprend en parallèle à son travail d'ingénieur une carrière d'écrivain et choisit comme pseudonyme le nom de famille de sa femme, Gran.
Magnificent analysis of Russia's moral putrefaction and mass delusion. Our responsibility: to stand up to it, call its bluff, disparage it and humiliate it.
That Gogol moment is gorgeous: the horse turning to the wizard on its back, bearing its teeth and laughing at him. Enough of indulgence.
Passionnant, instructif, un essai qui tente de nous expliquer comment sont nés les "zombies" qui suivent Poutine jusqu'au bout. Ils haïssent l'occident, mais boivent du Coca. Ils veulent "dénazifier" l'Ukraine et lutter contre l'américanisation de leur société mais volent des New Balance quand c'est possible... Un essai très parlant et incroyable.
C’est un pamphlet intéressant, néanmoins très personnel. Le texte est court et n’offre pas une analyse historique et sociale détaillée du “pourquoi on en est arrivé là”. L’auteur ne se gêne pas pour montrer sa désapprobation, et propose au final un texte biaisé, qui en oublie également les russes qui s’opposent à la guerre en Ukraine.
Lecture fort désagréable, écrite avec un langage très grossier par moments. 150 pages d’étalage de faits divers pour nous « prouver » combien les Russes sont « des merdes », mot que l’auteur ne cesse d’employer tout au long du livre. Par moment, on se croirait être face à un adolescent en pleine crise, incapable de contrôler ses émotions et qui s’efforce de cracher le plus possible sur « son adversaire ». Pourquoi ne pas avoir parlé plus longuement du fonctionnement de la propagande en Russie ou de l’appareil répressif mis en place par Poutine ? Les Russes ne sont pas devenus « des zombies » par magie et se mettre en quatre pour rassembler dans une centaine de pages ce à quoi est capable une masse de zombies sans pour autant prendre la peine de parler en profondeur des causes qui ont conduit toute une population à se « zombifier » est un travail qui manque, selon moi, de sérieux.
« Il a fallu attendre l’invasion de l’Ukraine pour que l’on se découvre cernés de zombies authentiques au sens des films de Romero. » Comment les russes, scotchés devant la télé poutinisée, ont été zombifiés par la zombocaisse. Iegor Gran, écrivain français d’origine russe, fils du dissident soviétique Andreï Siniavski, évoque dans ce court essai l'origine et le culte du Z, analyse le syndrome de Pouchkine, la misère des russes spoliés par une cleptocratie, de leur état délabré où rien ne fonctionne correctement, où une fuite d'eau dans un immeuble se transforme sous l'effet du froid en une stalagmite de merde d'un mètre d'épaisseur, et comment l’occident « énamouré » leur ayant trouvé jusqu’ici des tas d’excuses, est désormais face à un autocrate menteur, médiocre et dangereux soutenu par un peuple orgueilleux revendiquant ses tortionnaires historiques Ivan le Terrible, Pierre le Grand et Staline, peut-être en cours de réhabilitation, revanchard et lobotomisé. Témoignage plein de verve et de vécu.
Un essai vif, acerbe et impitoyable à l’égard d’un peuple Russe zombifié par des années de propagande, le culte de l’homme fort et de la grandeur historique. Écrivain d’origine Russe, né à Moscou Iegor Gran nous plonge de les rouages de la folie collective qui s’est emparée du pays suite à l’invasion de l’Ukraine en février 2022. Des proches qui se déchirent autour de « la vérité », des mères de famille patriotes qui envoient joyeusement leurs enfants servir de chaire à canon sur le champ de bataille au nom de la glorieuse nation, des agents de Poutine qui fabriquent des fakes news grosses comme des maisons, et des zombies schizophrènes qui déversent leur haine de l’occident sur les réseaux, tout en convoitant le plus basique de ses symboles comme une bouteille de coca ou une paire de baskets. Un récit provocant et effrayant que Gran résume par ces propos cruels « Dit autrement et sans détour: il faut avoir l’esprit en cuvette de WC pour accepter de bouffer de la merde ».
Mon premier livre lit complètement en français !!!
Una mirada de un disidente soviético sobre la "zombificación" de Rusia mediante la propaganda de la oligarquía, y su rol clave en el férreo apoyo del pueblo ruso a la guerra en Ucrania. Lo que describe es realmente un delirio colectivo: familias que envían a sus hijos a morir con gusto, luchando por la grandeza de la Madre Rusia, el pueblo elegido por Dios (¿les suena familiar?).
Me lo leí en una ida y una vuelta en el tren Puigcerdà-Bcn (fueron como 8 hrs en total). Lectura rápida pq era un ensayo y la letra era piola grande jeje, pero aún así, subida de autoestima: ¡¡mi primer libro leído enteramente en francés!!
J'ai bien aimé le fait que l'auteur donne un point de vue interne à la Russie, donne ses sources et des faits datés. La caricature des médias télévisé russes, surnommés de zombocaisse, est effrayante. Le lavage de cerveaux semble bien en place en Russie. Il donne une image sombre de la société russe. Reste à savoir quelle proportion de la population représente les opinions totalitaires que l'auteur décrit.
Perceptively stating the obvious and blatant, to the point. Pompous slavophiles, serving Western audiences bombastic pabulum, such as Sylvain Tesson, should pay attention. Or should have (in lieu of filming oneself in Siberia and quoting Ernst Junger for the office guy with literary leanings to evade by proxy).
Toute la Russie y passe dans ce pamphlet ravageur : le gouvernement Poutine évidemment, mais aussi les médias russes, la culture russe (qui se résume aujourd’hui à une télé bonne seulement à crétiniser la population), et la société russe, qui dans une large mesure soutient l’invasion de l’Ukraine. L’auteur ne dit cependant presque rien des opposants russes à la guerre.
Par moment la generalisation Sur Les russes m'a gené (au debut). Et puis finalement moins. Car c'est peut etre normal le parti pris, etant donné que ca traite d'une guerre quand meme. Mais en tout cas ce n'est Pas neutre. Autre souci, j'ai pas bien compris la reponse apportee par le livre. Pourquoi les russes sont des zombies ? Le culte de la filouterie et de la puissance ? Mouai, je suis pas convaincu.
Un essai passionnant qui m’a beaucoup appris sur l’histoire de la Russie et notamment sur l’esprit russe, sur les mentalités “zombifiées” de la population qui voue un culte à Poutine tout en détestant et crachant toute sa haine sur le peuple ukrainien.
Incroyable essai qui dévoile l'adhésion massive de la population russe à l'idéal mensonger de Vladimir Poutine. Raccourcis intellectuels, désinformation, culte d'un âge d'or, haine de l'Occident, tout y est abordé avec une plume délicieusement sarcastique et impitoyable.
Un pamphlet glaçant sur « la mutation de la Russie en un Zombieland toxique » qui offre une piste dans la compréhension de ce qui a mené à la guerre contre l’Ukraine. Sidérant.
Je pense que ce pauvre Iegor n'a plus le droit de montrer le bout de son nez en Russie :D Excellent et féroce portrait d'une nation totalement sous hypnose