« Je bouillonne d’une violence que je tente d’étouffer. »
Oufff, j’ai vécu un raz-de-marée d’émotions. C’est vraiment difficile de lire et pleurer à chaudes larmes en même temps. Un récit douloureux mais si doux et beau à la fois. On se sent bercé par la plume de Claudia Turgeon, comme un poupon qui se fait bercer par ses parents. L’amour, l’espoir et la résilience traverse le papier pour venir d’imbriqué en nous.
C’est Émilie et Olivier qui décident d’agrandir leur famille. Rapidement, leur désir s’accomplit, mais ce qui devait être un moment béni devient un désastre accablant. Émilie devra accoucher de son petit trésor dont le coeur ne bat plus. C’est un roman sur le deuil périnatal ainsi que sur tous les tabous qui touche de loin ou de proche à la procréation. Sujet très peu exploité.
C’est touchant, intime et accessible. Pas besoin d’avoir vécu le sujet pour être émue par les mots. C’est une ode aux libellules, à leur signification d’adaptabilité et de transformation. J’ai adoré les mises en abysse du titre qui venait rajouter de la puissance au texte. Ça pousse à la bienveillance envers ses émotions, envers soi, envers les autres.
« Ce n’est pas vrai que c’est un jour à la fois. C’est un pas à la fois qu’il faut faire. »
Pour moi, mon appréciation a été en crescendo. Au début, j’avais de la difficulté à m’attacher à Émilie, impression qui a disparu au fil des pages. Pour revenir au grand galop lorsqu’elle était incapable de dire le mot : VIOL. Par contre, j’ai aimé que ce soit quelque chose qu’elle nomme, sur lequel on revient, qu’on voit l’évolution, la réflexion et j’ai moi-même dû faire preuve de bienveillance. L’intervenante en moi a trouvé que 5 séances de psy c’est rapide MAIS QUI SUIS-JE POUR JUGER du deuil d’autrui?!? Sinon, lis-le. Je pense que tout le monde peut en tirer quelque chose de bénéfique.
Félicitations pour l’inclusion et les modèles positifs des parents de tous genres, une vraie bouffée de fraîcheur!
« avancer sans oublier. »