Moi, je n'existe pas, et je n'aime pas qu'on me demande de parler de Céline. Je ne comprends toujours pas comment Marc-Edouard a réussi à écrire ce livre. Tout est vrai comme dans un roman. C'est entre la vie et le rêve. Ca me rappelle son portrait de Billie Holiday où on ne voyait pas la femme, on voyait l'âme. Si tous les écrivains sont dangereux, Nabe ne l'est pas plus qu'un autre. Il danse sur les sentiments. C'est ça, son style. Tout a été dit. Maintenant, la parole est à l'écriture.
On est passé à deux doigts de la déception. Dans la deuxième partie du livre, Stévenin s'efface, et Nabe bourrine pour être exhaustif : ce n'est plus un roman, c'est une succession d'excellentes anecdotes récoltées auprès de Lucette et régurgitées par la prose Nabienne. L'auteur, ami de Lucette, ne s'y met pas en scène, mais il est partout. Il transparaît trop dans les dialogues, on dirait que c'est lui qui parle, on reconnaît son vocabulaire, il oublie ses personnages...
Monsieur Nabe nous livre un superbe roman nous faisant une description de l'Almansor dite Lucette. Je trouve son style génial, fin et vigoureux. Il se trouve que ce livre-là est un de ses plus "beaux" parmis les autres. C'est le premier que je lis de l'auteur et je suis déjà presque nabien mais apres cette lecture je dirai plutôt lucettien de plus toute cette aventure m'a donné une soif de lire les autres oeuvres de l'auteur mais aussi les oeuvres de Céline dont Nord.