Les discours ambiants sur la langue reproduisent des idées reçues qui circulent depuis des décennies. Au-delà des impressions, est-il vrai que les anglicismes abondent toujours autant en français québécois? Les mesures prises depuis les années 1960 n’ont-elles rien donné? Et qu’en est-il des fautes d’orthographe? Est-il juste de dire que les jeunes ne savent plus écrire? Afin de prendre les bonnes décisions en matière de langue, que ce soit pour l’aménagement linguistique ou l’enseignement, il faut avoir l’heure juste.
Cet essai propose un rappel de la manière dont l’anglicisation du français québécois s’est produite, depuis la Conquête jusqu’aux mesures d’aménagement linguistique mises en place dans les années 1960, ainsi qu’une incursion dans l’histoire passionnante mais méconnue de l’orthographe française. Et si on sortait des discours convenus sur le français au Québec, qu’on les dépassait pour aller plus loin dans notre réflexion collective sur notre langue ?
"Évidemment, la beauté d'une langue est un concept hautement subjectif: on préfère souvent sa langue maternelle, on y est attaché. Mais d'un point de vue objectif, aucune langue n'est meilleure ou plus belle qu'une autre. Les idées reçues vantant la clarté du français ou le romantisme ou la musicalité de l'italien sont... des idées reçues ! On peut énoncer des choses clairement, rédiger un poème d'amour, proférer des menaces ou dire des bêtises dans toutes les langues."
Je résumerais cet essai littéraire avec une expression que j'ai amplement modifiée. Pour savoir où la langue s'en va, il faut savoir comment elle a commencé.