"À cette hauteur du fleuve, l'horizon est sans rivage. On peut dire la mer. Ici, les tempêtes nous dérobent le ciel, et parfois même nos rêves."
Dès les premières pages, je savais que c'était un roman que je devrais relire et ce sera le cas, éventuellement. Je vois tout de suite pourquoi mon amie me l'a recommandé, ce qui vient nourrir ses propres plages d'imaginaire, son amour du fleuve, les naufrages émotionnels qui se transmettent à travers les générations, l'amour en trame de fond, l'amour brisé où elle se reconnaît sans doute.
Et moi, où j'en suis après cette lecture? Déçue de n'avoir pas su qu'il existait une liste de lecture sur Spotify faite spécialement pour ce livre, mais je le saurai pour la prochaine fois. Blague à part, je me sens incertaine. J'ai profondément apprécié, mais il y a ce "mais", cette impression que derrière ces phrases magnifiques, cette histoire de réparation entre une fille et sa mère étrangère, l'auteure n'a pas su éviter l'écueil d'une certaine forme de répétitions, même volontaire, même poétique. Et au delà de cela, il y a cet aspect prévisible que je trouve un peu dommage.
N'en reste pas moins qu'il s'agit d'un roman magnifique, touchant et qui restera avec moi. Si je prévoies déjà une relecture, dès les premières pages, c'est que l'oeuvre a quelque chose de spécial qui vient me chercher plus profondément que bien d'autres. J'en retiens pour le moment un grand désir de créer, de peindre une plage (ce que j'ai fait), d'écrire de la poésie et de revoir ces paysages que je n'ai partagé qu'avec cette tendre amie qui m'a recommandé ce livre.