To-do du début de saison : Demander à ma mère sa clef pour refaire des doubles de la porte principale Vérifier avec Mme Elizabeth qu’elle a retrouvé son box 10mm dans le garage Regarder au moins une fin d’après-midi dans les yeux, sans tomber Aller en ville racheter du bacon pour la semaine de relâche Louer un stroboscope pour la soirée spaghetti (vérifier avec les parents que personne est épileptique) Défaire le nid que Merle s’est fait dans mes mains Demander au propriétaire des retraites Gaïa-mazing si je peux ranger mon coeur dans le sous-sol Inviter mon père à visiter l’aréna Une propriétaire d’aréna essaie de passer au travers de l’hiver tout en recollant ses morceaux, entre les pratiques du spectacle de patin et le son des pics-bois, pendant qu’on retient notre souffle comme devant les triples axels et les doubles boucles piqués des patineurs à la télé. Sauf quand je suis un aréna, un livre qui se lit sur les bancs froids des estrades, un manteau sur le dos et une frite-sauce dans les mains.
L’écriture est vraiment particulière. On est dans la tête de la protagoniste et c’est un flot constant de pensées. C’en est étourdissant. Je pense que c’est l’élément principal qui fera en sorte que les gens aimeront ou pas ce roman.
Il y a une certaine poésie à l’histoire et à la manière que c’est raconté. Il y a des jeux de mots et des images et l’on revient souvent sur les concepts ou idées mentionnés préalablement.
C’est un roman sans la forme originale du début, milieu, fin. Donc on lit sans vraiment savoir où est-ce que l’on va.
Personnellement je n’ai pas cliqué avec l’écriture et avec la protagoniste. On a beau avoir toutes les deux trente ans, j’avais vraiment de la misère à la comprendre. J’avais l’impression que ses réflexions ne cadraient pas avec son âge.
"Quand je suis à côté de quelqu'un, je me sens toujours loin."
Notre narratrice, dont on ne connaîtra jamais le prénom, est sur le point d'avoir trente ans. Propriétaire d'un aréna, elle a engagé sa mère et quelques autres "moineaux" qu'elle nous présente au long du récit.
Sauf Quand Je Suis Un Aréna, c'est la vie qui suit son cours, c'est vivre avec les cicatrices laissés par d'autres. C'est trouver de la beauté dans l'ordinaire, le pas nécessairement beau. C'est de ne pas nommer les gens quand ça fait trop mal. Ce sont surtout les pensées singulières qui tournent très vite dans la tête de la narratrice. Cette vivacité d'esprit, cette façon de jouer avec les mots, c'est divertissant et touchant (parfois les deux à la fois) mais quelques fois déstabilisant ou étourdissant.
"Je fais des siestes qui ne fonctionnent pas. Je voudrais faire rembourser mes siestes, je voudrais commander de l'énergie sur internet et la recevoir en deux jours ouvrables."
Rien n’est meilleur qu’une bonne poutine. Sauf quand je suis un aréna, c’était ça. Une bonne poutine au bon moment.
Tu commences avec les frites. Bon, elles peuvent être interchangeables, mais moi j’aime bien des frites ordinaires. Les personnages étaient des gens ordinaires et qui n’essayent pas de se prendre pour les autres. Même s’ils sont cachés sous le fromage et la sauce, ils sont la base, et ici ils étaient très satisfaisants.
Après, tu as le fromage. C’est le fond de l’histoire. Tu ne sais jamais à quel point il peut te surprendre. Parfois tu as l’impression que le fromage se perd dans la sauce, mais c’est quand tu remarques que la madame de la cantine est à son affaire et en a mis un deuxième étage dans le fond que tu comprends qu’elle comprend comment ça marche, une vraie poutine. Frédérique Marseille a fait d’une histoire qui peut sembler banale une histoire profonde et touchante d’une fille qui essaye juste de se reconstruire. Elle a mis un deuxième étage de fromage, elle aussi.
Mais je pense que ce qui m’a le plus charmée, c’est la sauce. Parce que la plume de l’autrice, avec ses remarques qui semblent anodines, mais ô combien profondes, sur la vie et les ressentis qui passent, c’était juste excellent. Au début j’étais confuse de cette nouvelle recette que j’essayais, mais je l’ai vite adoptée et je l’ai mangé vite en titi, sa poutine.
En tout cas, je vous conseille de l’essayer et de m’en redonner des nouvelles… vive la poutine, même si la narratrice aime juste les frites sauce!
«Les plus matures dirigent, comptent les temps, cinq, six, sept, huit, savent c'est quand dans «Toxic» qu'il faut se rejoindre au centre de la patinoire pour fabriquer des croix avec les mains, celles qui sont plus ou moins au chaud dans nos gants magiques. Magiques, je me demande encore ce qu'ils ont de magique à part toujours disparaître. Les trois quarts des seniors ont des gants dépareillés.»
J'ai souffert avec elle, j'ai pleuré avec elle, je continue à guérir sans elle.
Perdre quelqu'un de façon brutale et injuste est tellement difficile à surmonter.
Les mots de Fréderique m'ont fait du bien. C'était juste et vrai, c'était chaotique et beau, c'était pas quelque chose auquel je m'attendais en voyant la couverture et en lisant la C4. Si on ne me l'avait pas donné, je ne l'aurais jamais lu. Et c'est ça la beauté de la vie. Je savais même pas à quel point j'avais besoin de se livre là. Moi qui a toujours détesté les arénas.
Pour une fille qui enseigne les ateliers d'écriture je trouve que l'auteure a utilisé peu sinon qu'une seule stratégie pour écrire son livre soit : faire penser son personnage. Pour moi, ce choix ajoute une lourdeur qui s'éloigne du réel. Un peu déprimant. Je me suis forcée à le lire. Je préfère le tangible, les émotions, le beau, la lumière et une histoire captivante. Par ailleurs, je dois admettre avoir apprécié la touche d'humour dans l'écriture, j'ai noté quelques perles qui m'ont fait sourire et j'ai beaucoup été attirée par le thème de l'aréna qui est peu exploré par rapport à l'importance de cet élément de la culture québécoise dans l'imaginaire collectif! Peut-être que mes attentes étaient trop élevées?
Quelques petites perles d’écriture. De la poésie qui fait sourire. Je m’imaginais souvent enfant, adolescente à l’arena de St-Césaire. Ça m’a permis de me retrouver dans quelques souvenirs oubliés, mais l’historie n’était pas transcendante et la lecture parfois difficile à suivre.
Puisque j'ai grandi dans un petit village et que je fais du patinage artistique (donc je passe beaucoup de temps dans les arénas), ce livre m'a procuré un certain sentiment de familiarité, de confort. J'ai aimé la sensibilité du personnage principal, et j'ai ressenti toute sa détresse, sa fatigue, sa joie, sa peine par procuration. Le style d'écriture m'a également beaucoup plu, certaines tournures de phrases m'ont décroché quelques petits sourires pendant ma lecture.
C'est beau, c'est bien écrit, je me reconnais dans son univers car elle a les mêmes références que moi. Mais quand même je trouve qu'il manquait quelque chose, une intrigue plus poussée peut-être. Et encore j'avais l'impression qu'être dans la tête de la narratrice, ce n'est pas reposant ! Beaucoup d'énumérations, parfois trop longues, avec des jeux de mots au travers. Des romans sur les patineurs dans une aréna, ça a le mérite d'être original.
C’est poétique, mais le style d’écriture me donne des maux de tête. Je ne me retrouve pas du tout dans ce flot constant de pensées décousues marquée par un manque de maturité de la protagoniste.
Ayant grandi dans les arénas, j’espèrais tellement aimer ce roman. De plus, il y avait certaines incongruités de la vie d’aréna par exemple certaines tâches de la protagoniste revienne plus aux associations/clubs sportifs qu’à celle-ci.
"Je fais des siestes qui ne fonctionnent pas. Je voudrais faire rembourser mes siestes, je voudrais commander de l'énergie sur internet et la recevoir en deux jours ouvrables. Le monde est trop grand pour seulement huit heures de sommeil par nuit, ça prend des journées de convalescence pour shimmer le trop-plein."
Pas facile comme lecture au début mais je suis tombée amoureuse de cette douce poésie un peu étrange et souvent hétéroclite. Le deuil revient comme une vague expliquant (ou pas) les états d’âmes de la narratrice.
“L’été, le silence a des criquets dedans, des cigales, des avions, des tondeuses, des thermopompes, des enfants qui disent “Marco!” et d’autres qui répondent “Polo!”.
“J’ai aussi deux piscines creusées dans le visage. C’est comme si la vie était trop grosse pour l’univers, qu’il fallait qu’elle déborde par quelque part […] mes yeux en rivières fin mars, mon visage en zone inondable.”
Brillante écrivaine. On accompagne la naratrice (un brin névrosé comme les personnages de Ducharme) dans son quotidien à la fois banale et au travers de ses reflexions profondément touchantes.
Frédérique Marseille nous invite à plonger dans la tête d’une propriétaire d’aréna de campagne de 29 ans. Entre les locations et l’entretien, nous sommes témoins des réflexions et des tourments de la narratrice, fragile et lucide sur sa vie et ses aspirations.
Il s’agit d’un premier roman différent, poétique, avec des tournures de phrases originales. J’ai beaucoup aimé ce livre, car j’aime beaucoup le roman et la poésie. Sans compter que j’ai joué au hockey dans ma jeunesse (ce qui ajoute peut-être un petit élément de nostalgie 😁).
Bravo à Benoît Tardif pour la couverture, simple et magnifique. Je suis souvent impressionné par les couvertures des Éditions de Ta Mère 😍.