La plus grande surprise avec ce livre, c’est que le ramage ne se rapporte pas au plumage. Le saisissant dessin de couverture et le titre font penser à de la dark fantasy adulte. La 4e de couverture ne dément pas. Mais quand on l’ouvre, à voir la taille de la police, le grand interligne, la brièveté des chapitres (quelques pages), soudain on doute, ça ressemble plus à du young adult. Cette impression est encore renforcée par les phrases courtes, les situations assez stéréotypées et le scénario linéaire.
Pas de problème avec ça, de la fantasy linéaire avec une vibe young adult, j’en écris. Il serait malvenu de ma part d’en tenir rigueur à une autre autrice. Il faut simplement changer le curseur de place et se préparer à un autre genre de récit. Le style est simple, mais le vocabulaire est riche. C’est une écriture agréable, imagée et dynamique.
Le worldbuilding est réussi, même si minimaliste. L’idée que le monde soit infesté d’araignées, mais que les Tarentas soient en même temps dépeintes comme des sorcières persécutées à tort, établit un flou intéressant, loin du manichéisme fréquent en fantasy. Le personnage de la Tisseuse (la grande boss des Tarentas) entretient aussi cette ambivalence, ce que j’ai apprécié.
Les personnages sont complexes et intéressants. J’ai beaucoup aimé l’idée du garçon piégé dans son casque de loup. Mais il m’a manqué de l’attachement. Je ne me suis sentie investie dans leur histoire que bien après la moitié du livre. Je me suis surprise à lire certains passages en diagonale, surtout les scènes de combat où chaque coup, chaque mouvement est raconté, mais il s’agit là d’un goût personnel, pas d’un défaut d’écriture.
La toute fin m’a surprise et un peu déçue. J’ai trouvé que les arcs des 3 personnages n’amenaient pas à cette fin-là. C’est une ouverture sur un 2e tome où la violence semble destinée à prendre le pas sur le reste, et les scènes de violence ne sont pas ce que j’ai le plus apprécié dans ce livre-ci. Je ne ressens donc pas d’urgence à poursuivre.
En bref, une dark fantasy young adult avec de bonnes idées, un worldbuilding plutôt réussi et un vocabulaire riche, mais avec des personnages auxquels j’ai peiné à m’attacher et une fin qui tombe un peu comme un cheveu sur la soupe.
Je lirai d’autres romans d’Aurélie Wellenstein. Je suis persuadée qu’il y a, dans ses écrits, autre chose qui me plaira mieux.
J'ai mis 4 étoiles, malgré tout. Je n'aime pas réduire mon avis à des étoiles, mais en tant que lectrice, j'aime bien lire les avis en fonction du nombre d'étoiles; ça n'a aucun sens. Ma foi, la vie est une chienne qui ne sait pas ce qu'elle veut...