Je dirais 4,8⭐️
Le livre est magnifique, et c’est tout un honneur d’être témoin du cheminement de l’autrice dans son contact avec le nord et le peuple du Nunavik.
Dans le premier livre, on la trouvait dans le rôle de l’éducatrice bienveillante, qui, en faisant état de ses observations, nous transmettait malgré elle les jugements sévères d’une personne du sud envers celles du nord, témoignage tangible de l’ampleur du choc d’adaptation qu’elle vivait.
Dans ce second livre, on sent qu’elle se métamorphose en une observatrice pleine de gratitude. Elle se place volontairement et humblement dans une posture d’apprentissage et d’émerveillement envers le peuple et le territoire. On découvre la beauté de la vie, la douceur et la force des gens, la richesse de la langue, et une manière unique de vivre, en équilibre entre la tradition et la modernité.
Et nous qui lisons, nous vivons en partie cette métamorphose.
C’est un travail titanesque d’éducation qu’elle réussit là. Elle nous donne en cadeau des bribes de la langue inuttitut et de la vision du monde de ce grand peuple, fondamentalement ancrée dans la nature qui l’héberge. Une éducation dont on aurait dû bénéficier beaucoup plus tôt dans nos vies.
La vision catastrophe qui habitait le premier roman laisse la place à une véritable ouverture qui pave la voie à une authentique connexion avec ces gens, qui *comme les autres* vivent leur lot de misère et de beauté.
J’ai beaucoup aimé aussi apprendre à connaître beaucoup mieux l’autrice et ses fragilités. Elle qui dévoile par bribe la nostalgie d’avoir perdu sa mère trop tôt, et l’insécurité liée aux hésitations d’une relation amoureuse à ses débuts.
J’ai mis 4,8 parce qu’il manque un petit je-ne-sais-quoi pour en faire un 5 pour moi. Une connexion avec nous qui lisons, peut-être? Je ne sais pas.
Mais wow 🤩 Je conseille vivement cette lecture. Le premier et le second dans l’ordre, ou seulement le second.